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lundi, mai 16, 2022
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RETRAIT DES MILITAIRES FRANÇAIS ET EUROPEENS DU MALI

Le faux bras de fer entre le Président Emmanuel Macron et la junte militaire au pouvoir au Mali se solde par un retrait des forces barkhane et Takuba du Mali à l’initiative bien entendu de la France outrée par la posture des autorités Maliennes de diversifier leur relation militaire afin de contenir le terrorisme qui sévit sur plus de deux tiers (2/3) du territoire.

Lorsque toutes ces forces basées sur le territoire malien à savoir la Minusma, Takuba, barkhane, G5 Sahel n’arrivent pas à contenir le terrorisme agissant au Mali dont une large partie est sous contrôle des groupes armés non étatiques et des terroristes, le 1er reflexe des autorités maliennes responsables est de prendre en charge elles – mêmes  cette question d’insécurité qui va crescendo nonobstant la présence de toutes ces forces étrangères au Mali.

Ainsi, la junte militaire a opté pour une diversification de son partenariat militaire avec la Russie et malheureusement cela n’est pas du goût de la France qui veut, coûte que coûte, maintenir le Mali dans son pré carré.

Or le terrain commande comme disent  les militaires et du coup il relève entièrement de la responsabilité de la junte militaire au pouvoir à Bamako de reprendre le contrôle de tout son territoire afin que l’Etat puisse exercer son autorité sur toute l’étendue du territoire national. Dépassé donc par les événements le Président français Emmanuel Macron fait entorse aux règles de la diplomatie et traîne systématiquement dans la boue les autorités maliennes oubliant même que le Mali est quand même un pays souverain qui a le droit de décider souverainement de ce qui est bon pour lui.

Il a le plein droit de se tromper même cela ne regarde pas le Président Macron. La force barkhane a remplacé l’opération serval depuis 2014, la situation sécuritaire au Mali et dans la sous la région n’a fait que se dégrader davantage et en vertu de quoi le Mali doit subir cette situation sans agir pour apporter une solution propre à l’insécurité que vivent ses populations au quotidien.

Le Tchad est aussi dans une situation caractéristique d’un ordre anticonstitutionnel mais le Président Macron qui agite le même caractère anticonstitutionnel de la prise de pouvoir à Bamako pour trainer la junte malienne dans la boue, ferme les yeux sinon acclame même le Général Deby junior en le recevant  à l’Elysée avec tous les honneurs d’un Président de la République. 

Malheureusement pour le Président Macron si l’on veut que sa voix soit audible s’agissant de la démocratie il ne doit pas  baser ses critiques sur des  personnes mais plutôt sur les principes qui sont impersonnels. Au regard des relations marquées par les stigmates de la colonisation qui lient les pays francophones à la France, des relations basées sur la subordination, l’infantilisation des peuples africains par le Président Macron, son mépris et son arrogance dans les propos, ce qui est arrivé à la France au Mali n’était qu’une question de temps et quel serait le pays qui allait porter cela.

L’histoire a placé le Mali dans les conditions de le faire et il en a assumé la responsabilité. Le Président Macron est dans  un désarroi indescriptible qui le met dans tous ses états car non seulement le Mali en agissant ainsi amorce son émancipation mais le cauchemar qui hante le sommeil  du Président français est de voir les autres pays francophones qui vivent les mêmes relations emboiter le pas au Mali  ce qui sera une catastrophe pour la France.

Ce que les militaires français n’avaient pas fait depuis 2012 ce n’est pas maintenant qu’ils le feront avec un terrorisme qui embrase le Sahel et le golfe de Guinée. Il appartient au Président Macron de revenir aux meilleurs sentiments pour permettre à la diplomatie de reprendre ses droits et de faire profil bas en vue de bâtir des nouvelles relations avec les pays francophones sur la base des intérêts et de respect mutuels.

Le Mali n’a pas rompu ses relations avec la France, il a juste opté pour une diversification, il revient donc aux Nations unies (ONU)  de faire entendre raison au Président français. Ce n’est pas en poussant les autorités maliennes au pied du mur que l’on trouvera la solution mais en accompagnant la junte militaire malienne dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et dans un processus de retour à l’ordre constitutionnel normal  dans un délai raisonnable.

Les terroristes sont quasiment sur le territoire malien, pour les combattre véritablement il va falloir coopérer avec la junte militaire malienne afin qu’elle permette aux forces redéployées au Niger d’agir sur son territoire sinon sans cette coopération avec le Mali c’est une illusion de croire qu’une lutte contre le terrorisme peut apporter des  résultats parce que tout simplement les forces barkhane et Takuba  sont repositionnées au Niger.

Pousser donc le Mali au pied du mur, c’est pousser le Sahel et le golfe de Guinée dans l’abîme et cela impactera négativement sur la paix et la sécurité internationales.

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