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Insécurité au Sahel: le cas des agents de santé interpelle, les propositions du PMNCH

Dans la région du Sahel, les professionnels de la santé et les agents humanitaires qui interviennent pour rendre l’accès aux soins aux populations malgré les conflits, risquent de perdre leur vie en voulant sauver celles des autres. Le PMNCH lance un appel pressant pour la protection de ces professionnels de santé, des agents humanitaires et des couches vulnérables.

« Les femmes, les enfants et les adolescents sont très exposés aux conflits, tout comme les agents de santé qui s’efforcent de les protéger ». Ainsi s’intitule une tribune publiée cette semaine par le British Medical Journal dans le cadre de la semaine mondiale de la vaccination (24-30 avril 2022) par Helen Clark et Kersti Kaljulaid. Les deux co-auteurs sont respectivement présidente du conseil d’administration du PMNCH et ancienne première ministre de la Nouvelle-Zélande, puis défenseur mondial du Secrétaire général de l’ONU pour le programme ‘’Chaque femme, chaque enfant’’ et ancienne présidente de l’Estonie. Dans leur tribune, rapportée par un communiqué du PMNCH, plus grande alliance pour la santé et le bien-être des femmes, des enfants et des adolescents, elles attirent l’attention sur la situation des agents de santé et des professionnels humanitaires dans les zones de conflit à travers le monde. Elles montrent aussi les conséquences sur l’accès aux services de santé par les couches vulnérables.

Le cas du Sahel

Dans son communiqué de presse en date du 26 avril, le PMNCH, présidé justement par Helen Clark, fournit quelques données sur le cas du Sahel. Dans cette région d’Afrique des pays comme le Nigéria, le Burkina Faso, le Mali et le Niger font l’objet d’attaques violentes de la part d’insurgés extrémistes et de groupes armés non identifiés, ce qui occasionne des conséquences humanitaires inquiétantes, rappelle le communiqué de presse.

Le PMNCH rapporte que le 31 décembre 2021, le ministère burkinabé de la Santé indiquait que « 444 centres de santé (30,7 % du nombre total) ont été victimes de l’insécurité dans les régions les plus affectées par la crise humanitaire. 149 centres de santé ont complètement fermé leurs portes, privant ainsi environ 1,8 million de personnes d’un accès aux soins de santé. Quatre-vingt-seize pour cent de ces centres de santé ont cessé leurs activités en raison d’attaques directes menées par des groupes armés non identifiés, ce qui a contraint les professionnels de la santé à abandonner leur travail.»

« Au Mali, le SHCC a recensé 11 incidents de violence ou d’obstruction contre les travailleurs de la santé en 2020. Au moins quatre ambulances ont été endommagées au cours de ces incidents. L’une des formes courantes de violence contre les professionnels de la santé consistait pour des groupes armés à tirer sur des ambulances et à les détruire. Ces types d’attaques visaient souvent les ambulances des organisations humanitaires bénévoles et des professionnels de la santé locaux », peut-on lire dans le document.

Graves conséquences sur l’accès aux services de santé

La situation périlleuse des agents de santé a des conséquences néfastes sur l’accès aux services de santé par les femmes, les enfants et les adolescents, y compris la vaccination. « Le Burkina Faso a été déclaré comme pays ayant éradiqué la poliomyélite sauvage en 2015, mais en 2020, ce pays faisait partie des 15 pays du continent africain à connaître des flambées de cas de paralysie liés à d’autres formes de la poliomyélite », rapporte le communiqué de presse. Le nord-est du Nigeria présente des taux de vaccination plus bas que dans les autres régions du pays, selon les statistiques rapportées par PMNCH. « 42 % des enfants du Nord-Est n’ont jamais été vaccinés, alors que ce taux n’est que de 8 % dans le Sud-Est (Enquête nationale sur la couverture vaccinale, 2016/2017). En conséquence, de nombreux enfants succombent à des maladies pouvant être prévenues par un vaccin et à d’autres maladies infectieuses comme le paludisme, la diarrhée aqueuse aiguë, le choléra et la rougeole. »

Actions impératives pour protéger les protecteurs

Pour  Marleen Temmerman,  directrice du Centre d’Excellence pour la Santé de la Femme et de l’Enfant de l’Aga Khan University East Africa et membre du conseil d’administration du PMNCH, « dans les situations chaotiques et désespérantes provoquées par les conflits, dans les contextes humanitaires affligeants, les agents de santé et d’assistance sont des acteurs clés du dispositif de protection et d’assistance aux populations victimes et affectées. Leur intervention permet d’entretenir chez les populations touchées l’espoir de la jouissance du droit à la santé et au bien-être ».

« Pour protéger ceux qui nous protègent, il faut impérativement coordonner les différents efforts pour promouvoir l’accès à des services sécurisés, y compris la fourniture de vaccins et d’autres biens et services de base à travers des initiatives publiques et privées à plusieurs niveaux et dans différents secteurs », écrivent pour leur part Helen Clark et Kirsti Kaljulaid dans le BMJ.

« Si les professionnels de la santé doivent offrir des vaccins et d’autres services de base dans ces contextes, ils doivent bénéficier d’une protection constante, comme le demande instamment le Conseil de sécurité des Nations unies (résolution 2286) et comme l’exigent les lois internationales sur l’aide humanitaire et les droits de l’homme. La communauté internationale doit tenir les États et les groupes armés responsables du respect du droit humanitaire international dans les territoires qu’ils contrôlent», ajoutent-elles. 

Le PMNCH annonce que l’impact des conflits et des crises humanitaires sur les femmes, les enfants et les adolescents, ainsi que sur les professionnels de la santé qui risquent leur propre vie pour protéger les autres, sera davantage examiné lors d’un prochain sommet virtuel qu’il organise. L’évènement aura lieu jeudi 19 mai 2022 autour du thème : « Des vies en jeu : honorer ses engagements dans les contextes fragiles et humanitaires ». Et va réunir des représentants de gouvernements, du secteur privé, des organisations non gouvernementales, des institutions académiques, des associations de professionnels de la santé, des organisations de jeunes et des groupes de défense des droits de l’homme pour réfléchir sur les actions à mener au niveau mondial pour relever ces défis. 

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