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La lettre de TamTamFestival Wassa’n Africa de Launac : une aventure musicale et de l’authenticité culturelle...

Festival Wassa’n Africa de Launac : une aventure musicale et de l’authenticité culturelle africaine

Les lampions se sont éteints ce lundi 4 juillet 2022 à Merville à l’issue de cette 16è édition du Festival Wassa’n Africa de Launac. La fête des cultures africaines créée en 2005 revenait après un intermède dû à la pandémie.

Pari gagné pour le fondateur et promoteur de ce Festival Lawa Aboubacar qui n’a jamais pensé en posant ses valises, il y a plus de deux décennies à Launac, petit village de 1500 habitants au Nord de Toulouse de faire de cet évènement une fête courue et qui devenue au fil des ans une institution culturelle dans le sud-ouest français et au-delà.

Comment ce Nigérien né dans l’Adar profond il y a 50 ans, ancien du groupe de danse Gabéro (dont il était le plus jeune danseur) et destiné à une carrière d’enseignant se retrouve au fin fond d’un village typique français à drainer une foule immense de conquis et de curieux dans cette fête africaine ? Car il faut le dire, Wassa’n Africa rassemble au cours de 3 jours de manifestations plus de 15 000 aficionados de cette Afrique en miniature entre Launac et les villages voisins de Grenade, Ondes et Merville en mode délocalisé pour impliquer et intéresser tout le terroir des Hauts Tolosans à la culture africaine.

Comme à l’accoutumée depuis 16 ans, Wassa’n Africa instille toujours une touche nigérienne avec ses artistes et ses exposants qui font spécialement le voyage pour cet évènement. En guise d’ouverture, le clin d’œil a été fait dès le 25 juin avec le courageux et viril « Zinder » de Aicha Macky devant un public de Grenade venu nombreux découvrir une des facettes du Niger. Au tour du crooner El Grintcho, véritable révélation de ce Festival de transporter et réchauffer l’assistance, en cette fraîche soirée du vendredi 1er juillet, dans son univers vocalisé et rappé en haoussa et zarma mâtiné de français. Ce sympathique artiste accompagnera d’ailleurs le guinéen maître de la kora alternative Prince Diabaté et le sénégalais Mbaye Cheikh du groupe Kenkeliba en clôture du Festival à Merville le lundi 4 juillet. Un mélange de genre au départ improbable mais qui a ravi les festivaliers à l’arrivée.

L’empreinte du Niger s’est cristallisée par l’incontournable présence des artisans touareg qui ont exposé les produits de maroquinerie, de bijoux, perles… faisant le bonheur des amoureux des grands espaces ou des articles de soins esthétiques et capillaires proposés par l’ONG AFIS avec en bonus des tresses pour les petits et pour les grands.

Le Festival fait la part belle aux exposants des autres pays d’Afrique mais aussi des animations de contes, ateliers de danses (Zambie, coupé-décalé ivoirien), tissages sur place de Faso dan fani, de percussions (Burkina), batiks et sculptures, orfèvreries (Niger) dans une sorte de marché d’art et d’artisanat africains ; un espace gastronomique propose de (re)découvrir des spécialités antillaises, cap-verdiennes, sénégalaises.

Le clou de ces journées de liesse a été la production sur scène des artistes invités. Cette année n’a pas dérogé à la règle sur l’éclectisme du choix de cette 16è édition. Débuté dès le 26 juin avec le groupe « Milzen World Musique », les concerts ont véritablement connu leur summum le vendredi 1er juillet avec l’entrée sur le podium du célèbre groupe toulousain « Altess Ego » dont la musique a vite électrisé la scène, un savant mélange de RN’B alternatif et d’autres sonorités soul, afro a conquis les festivaliers.

La performance du chanteur nigérien Djibril Dignon dit « El Grintcho », dans un style rap-slammé a fini par monter la température qui a entrainé le public dans le rythme. L’artiste champion du « Clash Party » qui a débuté dans le Hip-Hop en 1998 et dont c’est la première venue à Launac, n’a pas caché d’ailleurs son ravissement de se produire sur scène en compagnie des chanteurs de grand talent.

La fête a continué tard dans la nuit tolosane avec le groupe « KaÔ Zilé » créé par des artistes originaires de Côte d’Ivoire longtemps tourné en formation acoustique mêlant chants traditionnels et percussions d’Afrique de l’Ouest.

Rebelote pour lendemain samedi 2 juillet avec les performances attendues de « Mariaa Siga », la perle vocale de la Casamance, ancienne de l’émission TV « The Voice » et le rythme groove aux sons captivants du balafon de « Kanazoe Orchestra ». Que dire de l’étonnant groupe parisien « les Frères Smith » qui maitrise les sonorités africaines à la perfection alliant le groove, le high life et du jazz. On pourrait se croire à un certain moment au concert du mythique Fela Kuti, tant la proximité scénique et musicale est troublante.

Les séquences émotions de la journée du dimanche 3 juillet avec le « Gospel Walk » ont produit de l’effet avec le souvenir du martyre enduré par les Noirs dans les plantations en Amérique. De même l’hommage tout en sobriété adressé à la mémoire du percussionniste malien de Toulouse Kalifa Diarra récemment disparu, par ses compères joueurs de Djembé présents à Launac. Mais le documentaire « Lilwal » de Frédéric Péchot, présenté par le Conseil des Nigériens de France (CONIF) et qui retrace la vraie histoire du Hip-Hop nigérien avec les témoignages des premiers acteurs de ce style, a jeté une lumière crue, positive et inspirante sur un grand phénomène musical et sociétal des années 90-2000. Beaucoup d’artistes actuels y ont fait leurs gammes et se sont affirmés plus tard sur la scène culturelle nigérienne.  

Pour le fondateur et promoteur de ce Festival Lawa Aboubacar, le très fraichement décoré Chevalier des Palmes académiques du Niger (contingent Culture), cette cuvée a été une réussite phénoménale puisque la journée de vendredi a drainé à elle seule plus de 5000 personnes. Celui (avec son groupe de musique et danse « Bako ») qui s’était produit en avant-première des mythiques frères « Touré Kounda » au Festival Africajarc, n’a pas caché son émotion et sa fierté devant cette magnifique entreprise culturelle qu’il dirige depuis 2005. En attendant, le Festival avec l’appui de sa vingtaine de bénévoles, se donnera une nouvelle orientation et de nouveaux défis. L’objectif reste notamment de « visibiliser » le Niger, sa culture artistique et son patrimoine artisanal à l’international.

Avec la présence des nigériens venus de la région toulousaine et d’ailleurs assister à cet évènement, Lawa a toujours su et pourra compter sur l’accompagnement du CONIF dont il est d’ailleurs le chargé des affaires culturelles. Un panel du monde culturel nigérien constitué de Djobala, promoteur de « Miss Niger », Nafissa Yaya de « Niamey In White » et de l’infatigable Wazir Kazelma de « Niger Culture » a tenu à faire le déplacement pour soutenir cette œuvre conçue par un nigérien.

La prochaine édition de Wassa’n Africa qui réservera encore plus de surprises se tiendra les 7-8-9 juillet 2023 à Launac.

Ils ont dit…

El Grintcho, chanteur nigérien

« Je sens que le festival Wassa’n Africa a de beaux jours devant lui car il y avait l’engouement du public qui était très diversifié en terme d’âge et de culture !

Wassa’n Africa est d’un apport inestimable pour la culture nigérienne c’est carrément le seul festival qui fait la promotion de la culture nigérienne à l’international et qui donne l’occasion aux artistes nigériens de se faire voir sur le plan international en général et sur le marché européen en particulier.

L’Etat nigérien doit encourager ce genre d’initiative car la culture nigérienne souffre de visibilité et c’est ce genre d’événement qui peut sortir la culture nigérienne dans l’impasse dans laquelle elle se trouve.  Il doit avoir un regard sur ce festival et l’accompagner ne serait-ce que dans la mobilité des artistes pour permettre la participation massive des artistes à cet événement sans pareil dans le domaine culturel au Niger ».

Je remercie énormément Mr Lawa Aboubacar qui ne ménage aucun effort pour la réussite de cette événement et qui se bat corps et âme pour le rayonnement de la culture nigérienne »

Wazir Kazelma actionnant un métier à tisser au Festival Wassa’n Africa « C’est le plus grand évènement culturel de la Diaspora nigérienne auquel j’ai assisté. L’apport de Wassa’n Africa, créé et installé dans le paysage culturel français depuis plus de 16 ans par Lawa est considérable pour la promotion des artistes qu’il fait venir du Niger. Sans oublier des dizaines artisans qui viennent exposer leurs produits signe de la richesse de notre patrimoine artisanal ».

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