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mardi, octobre 4, 2022
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La décadence du débat démocratique

Les relations et les interactions humaines n’ont de sens que si elles promeuvent le vivre-ensemble qui est une condition sine qua non pour l’édification d’un monde paisible, stable et plus sûr. Certes, les antagonismes, les troubles, les confits dictés par les besoins, les intérêts et les aspirations sont inhérents à toutes les sociétés. Cependant, si les citoyens ont toujours la latitude d’opérer des choix et d’émettre des opinions dans la contradiction et la tolérance, le monde sera plus viable. Il va sans dire que la pluralité des choix et des opinions encourage le militantisme, renforce les citoyens dans leurs convictions tout en leur permettant d’être actifs et attentifs dans la gestion des affaires de la cité.

Au Niger, depuis le début du processus démocratique, les citoyens s’organisent et militent pour des causes aussi nombreuses que variées. Quant à la politique, elle occupe une place importante dans leur vie de tous les jours. Nombreux sont ceux qui se politisent et politisent tout; d’ailleurs, certains sont déboussolés dans les méandres de l’arène politique. Par conséquent, pour s’orienter et bien jouer sa partition, certains atouts sont nécessaires. Entre autres, il faut acquérir les b.a-ba des idéologies politiques, comprendre la géopolitique mondiale, avoir un sens élevé de l’intérêt général, connaître l’évolution socio-politique nationale et les réalités quotidiennes des citoyens. Il faut aussi être à mesure d’apporter une contribution substantielle dans le débat, car il contribue à renforcer la démocratie, à faciliter et à éclairer les choix politiques.

Le militantisme, qu’il soit politique, syndical ou associatif suppose aussi aider ou influencer la gouvernance à répondre aux aspirations du peuple. Dans ce cas, le débat a toute son importance en tant qu’élément important dans la gestion de la cité. C’est pourquoi la culture générale et la formation politico-idéologique doivent être son soubassement pour relever les défis qui se posent à la gouvernance démocratique. Dans un débat, la civilité, la contradiction et l’humilité doivent être de mise.

Au Niger, le débat a connu ses heures de gloire pendant le combat pour l’avènement de la démocratie. Il a beaucoup contribué à la mobilisation des Nigériennes et des Nigériens autour des valeurs républicaines, démocratiques et civiques. Il était captivant, édifiant, empreint de patriotisme et de progressisme. Malheureusement, de nos jours, pendant que les avancées démocratiques et les progrès du numérique offrent diverses possibilités pour l’améliorer, notamment avec les réseaux sociaux et les plateformes du web, il est regrettable de constater une dégénérescence qui est due surtout à la carence de la formation.

En effet, le débat a perdu de sa qualité et de son utilité par manque de substance, de rationalité et d’objectivité. Dans les discussions, hormis quelques analyses consistantes et édifiantes, la plupart des interventions ne répondent pas aux attentes. Elles partent dans tous les sens, elles sont simplistes et inamicales caractérisées par des invectives. Même le verbiage, la platitude et l’irrévérence sont acclamés.

Le terrain de la confrontation constructive des arguments dans la tolérance a été délaissé en faveur d’une impasse où la suspicion, l’allusion, la dérision, la grossièreté, l’agressivité et autres comportements antidémocratiques polluent les discussions et démotivent. Cette situation qui est révélatrice de l’inculture ambiante est un inconvénient pour l’évolution de notre démocratie et, par voie de conséquence, pour notre développement. Ceux qui l’entretiennent doivent avoir un sursaut de conscience pour s’amender.

Par la force des choses, le débat démocratique a cédé la place au gâchis démocratique. Les partis politiques, les syndicats et la société civile ont une part de responsabilité dans cette défaillance. Ils ont manqué à leur devoir de formation des citoyens en général et de leurs militants en particulier. Cette décadence est déplorable pour notre pays, surtout à l’étape actuelle de l’évolution positive de notre processus démocratique.

Le débat doit remonter la pente. Les Nigériennes et les Nigériens cultivés, conscients et conséquents doivent s’investir pour élever le niveau du débat, contribuer à la formation de nos compatriotes et constituer un rempart contre cette dérive. « Le jeu en vaut la chandelle. »
J’ai la conviction que le débat est la sève de la démocratie.

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Les relations et les interactions humaines n’ont de sens que si elles promeuvent le vivre-ensemble qui est une condition sine qua non pour l’édification d’un monde paisible, stable et plus sûr. Certes, les antagonismes, les troubles, les confits dictés par les besoins, les intérêts et les aspirations sont inhérents à toutes les sociétés. Cependant, si les citoyens ont toujours la latitude d’opérer des choix et d’émettre des opinions dans la contradiction et la tolérance, le monde sera plus viable. Il va sans dire que la pluralité des choix et des opinions encourage le militantisme, renforce les citoyens dans leurs convictions tout en leur permettant d’être actifs et attentifs dans la gestion des affaires de la cité.

Au Niger, depuis le début du processus démocratique, les citoyens s’organisent et militent pour des causes aussi nombreuses que variées. Quant à la politique, elle occupe une place importante dans leur vie de tous les jours. Nombreux sont ceux qui se politisent et politisent tout; d’ailleurs, certains sont déboussolés dans les méandres de l’arène politique. Par conséquent, pour s’orienter et bien jouer sa partition, certains atouts sont nécessaires. Entre autres, il faut acquérir les b.a-ba des idéologies politiques, comprendre la géopolitique mondiale, avoir un sens élevé de l’intérêt général, connaître l’évolution socio-politique nationale et les réalités quotidiennes des citoyens. Il faut aussi être à mesure d’apporter une contribution substantielle dans le débat, car il contribue à renforcer la démocratie, à faciliter et à éclairer les choix politiques.

Le militantisme, qu’il soit politique, syndical ou associatif suppose aussi aider ou influencer la gouvernance à répondre aux aspirations du peuple. Dans ce cas, le débat a toute son importance en tant qu’élément important dans la gestion de la cité. C’est pourquoi la culture générale et la formation politico-idéologique doivent être son soubassement pour relever les défis qui se posent à la gouvernance démocratique. Dans un débat, la civilité, la contradiction et l’humilité doivent être de mise.

Au Niger, le débat a connu ses heures de gloire pendant le combat pour l’avènement de la démocratie. Il a beaucoup contribué à la mobilisation des Nigériennes et des Nigériens autour des valeurs républicaines, démocratiques et civiques. Il était captivant, édifiant, empreint de patriotisme et de progressisme. Malheureusement, de nos jours, pendant que les avancées démocratiques et les progrès du numérique offrent diverses possibilités pour l’améliorer, notamment avec les réseaux sociaux et les plateformes du web, il est regrettable de constater une dégénérescence qui est due surtout à la carence de la formation.

En effet, le débat a perdu de sa qualité et de son utilité par manque de substance, de rationalité et d’objectivité. Dans les discussions, hormis quelques analyses consistantes et édifiantes, la plupart des interventions ne répondent pas aux attentes. Elles partent dans tous les sens, elles sont simplistes et inamicales caractérisées par des invectives. Même le verbiage, la platitude et l’irrévérence sont acclamés.

Le terrain de la confrontation constructive des arguments dans la tolérance a été délaissé en faveur d’une impasse où la suspicion, l’allusion, la dérision, la grossièreté, l’agressivité et autres comportements antidémocratiques polluent les discussions et démotivent. Cette situation qui est révélatrice de l’inculture ambiante est un inconvénient pour l’évolution de notre démocratie et, par voie de conséquence, pour notre développement. Ceux qui l’entretiennent doivent avoir un sursaut de conscience pour s’amender.

Par la force des choses, le débat démocratique a cédé la place au gâchis démocratique. Les partis politiques, les syndicats et la société civile ont une part de responsabilité dans cette défaillance. Ils ont manqué à leur devoir de formation des citoyens en général et de leurs militants en particulier. Cette décadence est déplorable pour notre pays, surtout à l’étape actuelle de l’évolution positive de notre processus démocratique.

Le débat doit remonter la pente. Les Nigériennes et les Nigériens cultivés, conscients et conséquents doivent s’investir pour élever le niveau du débat, contribuer à la formation de nos compatriotes et constituer un rempart contre cette dérive. « Le jeu en vaut la chandelle. »
J’ai la conviction que le débat est la sève de la démocratie.

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Les relations et les interactions humaines n’ont de sens que si elles promeuvent le vivre-ensemble qui est une condition sine qua non pour l’édification d’un monde paisible, stable et plus sûr. Certes, les antagonismes, les troubles, les confits dictés par les besoins, les intérêts et les aspirations sont inhérents à toutes les sociétés. Cependant, si les citoyens ont toujours la latitude d’opérer des choix et d’émettre des opinions dans la contradiction et la tolérance, le monde sera plus viable. Il va sans dire que la pluralité des choix et des opinions encourage le militantisme, renforce les citoyens dans leurs convictions tout en leur permettant d’être actifs et attentifs dans la gestion des affaires de la cité.

Au Niger, depuis le début du processus démocratique, les citoyens s’organisent et militent pour des causes aussi nombreuses que variées. Quant à la politique, elle occupe une place importante dans leur vie de tous les jours. Nombreux sont ceux qui se politisent et politisent tout; d’ailleurs, certains sont déboussolés dans les méandres de l’arène politique. Par conséquent, pour s’orienter et bien jouer sa partition, certains atouts sont nécessaires. Entre autres, il faut acquérir les b.a-ba des idéologies politiques, comprendre la géopolitique mondiale, avoir un sens élevé de l’intérêt général, connaître l’évolution socio-politique nationale et les réalités quotidiennes des citoyens. Il faut aussi être à mesure d’apporter une contribution substantielle dans le débat, car il contribue à renforcer la démocratie, à faciliter et à éclairer les choix politiques.

Le militantisme, qu’il soit politique, syndical ou associatif suppose aussi aider ou influencer la gouvernance à répondre aux aspirations du peuple. Dans ce cas, le débat a toute son importance en tant qu’élément important dans la gestion de la cité. C’est pourquoi la culture générale et la formation politico-idéologique doivent être son soubassement pour relever les défis qui se posent à la gouvernance démocratique. Dans un débat, la civilité, la contradiction et l’humilité doivent être de mise.

Au Niger, le débat a connu ses heures de gloire pendant le combat pour l’avènement de la démocratie. Il a beaucoup contribué à la mobilisation des Nigériennes et des Nigériens autour des valeurs républicaines, démocratiques et civiques. Il était captivant, édifiant, empreint de patriotisme et de progressisme. Malheureusement, de nos jours, pendant que les avancées démocratiques et les progrès du numérique offrent diverses possibilités pour l’améliorer, notamment avec les réseaux sociaux et les plateformes du web, il est regrettable de constater une dégénérescence qui est due surtout à la carence de la formation.

En effet, le débat a perdu de sa qualité et de son utilité par manque de substance, de rationalité et d’objectivité. Dans les discussions, hormis quelques analyses consistantes et édifiantes, la plupart des interventions ne répondent pas aux attentes. Elles partent dans tous les sens, elles sont simplistes et inamicales caractérisées par des invectives. Même le verbiage, la platitude et l’irrévérence sont acclamés.

Le terrain de la confrontation constructive des arguments dans la tolérance a été délaissé en faveur d’une impasse où la suspicion, l’allusion, la dérision, la grossièreté, l’agressivité et autres comportements antidémocratiques polluent les discussions et démotivent. Cette situation qui est révélatrice de l’inculture ambiante est un inconvénient pour l’évolution de notre démocratie et, par voie de conséquence, pour notre développement. Ceux qui l’entretiennent doivent avoir un sursaut de conscience pour s’amender.

Par la force des choses, le débat démocratique a cédé la place au gâchis démocratique. Les partis politiques, les syndicats et la société civile ont une part de responsabilité dans cette défaillance. Ils ont manqué à leur devoir de formation des citoyens en général et de leurs militants en particulier. Cette décadence est déplorable pour notre pays, surtout à l’étape actuelle de l’évolution positive de notre processus démocratique.

Le débat doit remonter la pente. Les Nigériennes et les Nigériens cultivés, conscients et conséquents doivent s’investir pour élever le niveau du débat, contribuer à la formation de nos compatriotes et constituer un rempart contre cette dérive. « Le jeu en vaut la chandelle. »
J’ai la conviction que le débat est la sève de la démocratie.

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