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mardi, octobre 4, 2022
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L’intelligent berné par des bornés

« Asmane Saadou » élève le niveau du débat à la suite de la publication du « Pr Farmo » sur le prétendu bicephalisme au niveau de la tête du Niger…

Farmo Moumouni face à la Renaissance : les autres fleurs du mal?

Ne pensez surtout pas au recueil de poèmes de Charles Baudelaire, poète français du XIX ème siècle, ni même au scandale qu’il créa au sein de la société française et les ennuis subis par son auteur après sa publication en 1857. Il n’en est rien de tel, car pour les simples observateurs de la scène politique que nous sommes, loin d’être des érudits d’un quelconque domaine des sciences sociales, c’est au présent du « mode naturel » que doivent se lire et se comprendre nos prises de position.

Dans cette sortie du Pr Farmo Moumouni que nous avions appris à chérir et à respecter avant même de connaître l’Université, tant le nom faisait écho chez nos aînés et par ricochet chez nous nous voudrions juste relever ce qui, à notre humble avis ressemble à une certaine absence de rime dans la lecture des faits.

Lorsque, pour insinuer que le Président Mohamed Bazoum n’est pas à la manœuvre, qu’il n’a pas les coudées franches pour gouverner, qu’il cohabite avec un autre président, le Professeur Farmo parle de bicéphalisation du pouvoir au Niger, il nous donne plutôt l’impression de tomber dans le piège de ceux qui ont opéré le choix de faire de la critique destructrice leur profession. Il se fait plutôt guider par ceux qu’il doit guider. Il est donc dans la posture de l’intellectuel, l’intelligent berné par des bornés.

La tendance pour une catégorie d’esprits à voir deux présidents à la tête du Niger aura peut-être encore de beaux jours devant elle, dans la mesure où, sans discontinuer elle a déjà réussi à se reproduire sur deux périodes consécutives. La mémoire des nigériens est encore fraîche sur le chemin parcouru par cette même chanson durant les premiers mois, voire les premières années de la présidence Issoufou Mahamadou.

A l’époque c’était le Général Salou Djibo qui était incriminé comme l’ombre qui trônait au dessus du Président Issoufou.

Mais on le sait depuis qu’il s’agit ici d’une histoire dont les auteurs ne veulent plus se souvenir pour deux raisons. D’abord les supposées noces ont changé de camp et de configuration.

Ensuite, la recette trouvée n’avait pas pu produire les résultats escomptés, devant le grand athlète de la pensée et de la conviction politique qu’est Issoufou.

Par dessus tout, à l’époque il y avait une erreur de contexte dans laquelle le Professeur Farmo semble ne pas éviter aujourd’hui encore de foncer. Les dirigeants de la Renaissance sont de véritables démocrates auxquels il est difficile d’inoculer un syndrome du second, comme cela arrive tout naturellement dans les régimes d’exception comme celui du Feu Général Seyni Kountché, qui semblent le fasciner.

Pendant que la première priorité des régimes d’exception est la conservation du pouvoir, celle d’un vrai régime démocratique est de mériter la confiance du peuple. Le cachet social des deux types de régimes est loin d’être le même. Les démocrates n’ont pas une liaison vitale et identitaire avec le pouvoir au point que l’on puisse banalement les exciter, en suscitant en eux une jalousie à l’image d’une femme à laquelle on apprend qu’une autre est en passe de lui ravir son mari.

La référence à la conception africaine du pouvoir est justement destinée à provoquer cette forme du réaction. Mais le professeur semble oublier qu’un pouvoir conquis démocratiquement n’a point besoin et ne doit pas être géré selon cette conception africaine. Il a ses règles à lui qui dès l’abord ne riment pas avec la seule volonté du chef.

Mais enfin, la véritable motivation derrière ce concept de « deux présidents » ou d’un « président en hauteur » n’échappe à personne. Il s’agit bien sûr d’une manœuvre dans laquelle est investi un capital d’espoir. A l’époque où le Général Salou Djibo était vu comme ce président en hauteur, l’idée géniale dans les rangs de ceux qui n’avaient   pas prévu plus de trois mois au nouvellement élu Issoufou, était qu’en suscitant cette jalousie chez le nouveau Président, il pouvait chercher à accabler la junte sortante et son chef et s’attirer des ennuis de sorte que le pouvoir soit à nouveau très vite recentré.

L’on se souvient sans doute de tout ce qui se disait sur la gestion de la junte, qui aujourd’hui doit sûrement constituer un souvenir gênant par la force des choses.

Aujourd’hui que la même trouvaille se rabat sur l’ancien président Issoufou, le résultat escompté reste plus ou moins le même. Les hommes se disent que force du PNDS a atteint des proportions tellement inquiétantes que seul un problème endogène peut contrarier l’évolution de ce parti. A cet effet, il faudrait donc selon eux simuler coûte que coûte ce genre de problème pour que le rôle de bascule joué par Tahoua qu’ils identifient dans leur imaginaire collectif et de tous les temps à Issoufou ne se reproduise pas en 2026.

En un mot, pour couper le Président Bazoum ou tout autre candidat que le PNDS aura présenté  en 2026 de cette unité de l’électorat rose qui avait tué dans l’œuf les rêveries de l’opposition nigérienne en 2021.

C’est pour cela que chaque mouvement de l’ancien président Issoufou est interprété par ses détracteurs, non seulement comme un acte politique, mais surtout comme un acte d’un président parallèle. Issoufou avait pourtant annoncé les couleurs au moment où certains ne le croyaient guère.

Qu’il allait rendre le tablier après sa période légale et se consacrer à une autre vie, car comme il l’a si bien dit:  » Je n’ai jamais eu la prétention d’être un homme providentiel, irremplaçable à la tête du Niger. » Et plus loin de conclure,  » Il y a une vie après la présidence « .

Les hommes sont certes occupés dans leurs laboratoires de combines, mais les athlètes roses observent et prennent note.

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Farmo Moumouni face à la Renaissance : les autres fleurs du mal?

Ne pensez surtout pas au recueil de poèmes de Charles Baudelaire, poète français du XIX ème siècle, ni même au scandale qu’il créa au sein de la société française et les ennuis subis par son auteur après sa publication en 1857. Il n’en est rien de tel, car pour les simples observateurs de la scène politique que nous sommes, loin d’être des érudits d’un quelconque domaine des sciences sociales, c’est au présent du « mode naturel » que doivent se lire et se comprendre nos prises de position.

Dans cette sortie du Pr Farmo Moumouni que nous avions appris à chérir et à respecter avant même de connaître l’Université, tant le nom faisait écho chez nos aînés et par ricochet chez nous nous voudrions juste relever ce qui, à notre humble avis ressemble à une certaine absence de rime dans la lecture des faits.

Lorsque, pour insinuer que le Président Mohamed Bazoum n’est pas à la manœuvre, qu’il n’a pas les coudées franches pour gouverner, qu’il cohabite avec un autre président, le Professeur Farmo parle de bicéphalisation du pouvoir au Niger, il nous donne plutôt l’impression de tomber dans le piège de ceux qui ont opéré le choix de faire de la critique destructrice leur profession. Il se fait plutôt guider par ceux qu’il doit guider. Il est donc dans la posture de l’intellectuel, l’intelligent berné par des bornés.

La tendance pour une catégorie d’esprits à voir deux présidents à la tête du Niger aura peut-être encore de beaux jours devant elle, dans la mesure où, sans discontinuer elle a déjà réussi à se reproduire sur deux périodes consécutives. La mémoire des nigériens est encore fraîche sur le chemin parcouru par cette même chanson durant les premiers mois, voire les premières années de la présidence Issoufou Mahamadou.

A l’époque c’était le Général Salou Djibo qui était incriminé comme l’ombre qui trônait au dessus du Président Issoufou.

Mais on le sait depuis qu’il s’agit ici d’une histoire dont les auteurs ne veulent plus se souvenir pour deux raisons. D’abord les supposées noces ont changé de camp et de configuration.

Ensuite, la recette trouvée n’avait pas pu produire les résultats escomptés, devant le grand athlète de la pensée et de la conviction politique qu’est Issoufou.

Par dessus tout, à l’époque il y avait une erreur de contexte dans laquelle le Professeur Farmo semble ne pas éviter aujourd’hui encore de foncer. Les dirigeants de la Renaissance sont de véritables démocrates auxquels il est difficile d’inoculer un syndrome du second, comme cela arrive tout naturellement dans les régimes d’exception comme celui du Feu Général Seyni Kountché, qui semblent le fasciner.

Pendant que la première priorité des régimes d’exception est la conservation du pouvoir, celle d’un vrai régime démocratique est de mériter la confiance du peuple. Le cachet social des deux types de régimes est loin d’être le même. Les démocrates n’ont pas une liaison vitale et identitaire avec le pouvoir au point que l’on puisse banalement les exciter, en suscitant en eux une jalousie à l’image d’une femme à laquelle on apprend qu’une autre est en passe de lui ravir son mari.

La référence à la conception africaine du pouvoir est justement destinée à provoquer cette forme du réaction. Mais le professeur semble oublier qu’un pouvoir conquis démocratiquement n’a point besoin et ne doit pas être géré selon cette conception africaine. Il a ses règles à lui qui dès l’abord ne riment pas avec la seule volonté du chef.

Mais enfin, la véritable motivation derrière ce concept de « deux présidents » ou d’un « président en hauteur » n’échappe à personne. Il s’agit bien sûr d’une manœuvre dans laquelle est investi un capital d’espoir. A l’époque où le Général Salou Djibo était vu comme ce président en hauteur, l’idée géniale dans les rangs de ceux qui n’avaient   pas prévu plus de trois mois au nouvellement élu Issoufou, était qu’en suscitant cette jalousie chez le nouveau Président, il pouvait chercher à accabler la junte sortante et son chef et s’attirer des ennuis de sorte que le pouvoir soit à nouveau très vite recentré.

L’on se souvient sans doute de tout ce qui se disait sur la gestion de la junte, qui aujourd’hui doit sûrement constituer un souvenir gênant par la force des choses.

Aujourd’hui que la même trouvaille se rabat sur l’ancien président Issoufou, le résultat escompté reste plus ou moins le même. Les hommes se disent que force du PNDS a atteint des proportions tellement inquiétantes que seul un problème endogène peut contrarier l’évolution de ce parti. A cet effet, il faudrait donc selon eux simuler coûte que coûte ce genre de problème pour que le rôle de bascule joué par Tahoua qu’ils identifient dans leur imaginaire collectif et de tous les temps à Issoufou ne se reproduise pas en 2026.

En un mot, pour couper le Président Bazoum ou tout autre candidat que le PNDS aura présenté  en 2026 de cette unité de l’électorat rose qui avait tué dans l’œuf les rêveries de l’opposition nigérienne en 2021.

C’est pour cela que chaque mouvement de l’ancien président Issoufou est interprété par ses détracteurs, non seulement comme un acte politique, mais surtout comme un acte d’un président parallèle. Issoufou avait pourtant annoncé les couleurs au moment où certains ne le croyaient guère.

Qu’il allait rendre le tablier après sa période légale et se consacrer à une autre vie, car comme il l’a si bien dit:  » Je n’ai jamais eu la prétention d’être un homme providentiel, irremplaçable à la tête du Niger. » Et plus loin de conclure,  » Il y a une vie après la présidence « .

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« Asmane Saadou » élève le niveau du débat à la suite de la publication du « Pr Farmo » sur le prétendu bicephalisme au niveau de la tête du Niger…

Farmo Moumouni face à la Renaissance : les autres fleurs du mal?

Ne pensez surtout pas au recueil de poèmes de Charles Baudelaire, poète français du XIX ème siècle, ni même au scandale qu’il créa au sein de la société française et les ennuis subis par son auteur après sa publication en 1857. Il n’en est rien de tel, car pour les simples observateurs de la scène politique que nous sommes, loin d’être des érudits d’un quelconque domaine des sciences sociales, c’est au présent du « mode naturel » que doivent se lire et se comprendre nos prises de position.

Dans cette sortie du Pr Farmo Moumouni que nous avions appris à chérir et à respecter avant même de connaître l’Université, tant le nom faisait écho chez nos aînés et par ricochet chez nous nous voudrions juste relever ce qui, à notre humble avis ressemble à une certaine absence de rime dans la lecture des faits.

Lorsque, pour insinuer que le Président Mohamed Bazoum n’est pas à la manœuvre, qu’il n’a pas les coudées franches pour gouverner, qu’il cohabite avec un autre président, le Professeur Farmo parle de bicéphalisation du pouvoir au Niger, il nous donne plutôt l’impression de tomber dans le piège de ceux qui ont opéré le choix de faire de la critique destructrice leur profession. Il se fait plutôt guider par ceux qu’il doit guider. Il est donc dans la posture de l’intellectuel, l’intelligent berné par des bornés.

La tendance pour une catégorie d’esprits à voir deux présidents à la tête du Niger aura peut-être encore de beaux jours devant elle, dans la mesure où, sans discontinuer elle a déjà réussi à se reproduire sur deux périodes consécutives. La mémoire des nigériens est encore fraîche sur le chemin parcouru par cette même chanson durant les premiers mois, voire les premières années de la présidence Issoufou Mahamadou.

A l’époque c’était le Général Salou Djibo qui était incriminé comme l’ombre qui trônait au dessus du Président Issoufou.

Mais on le sait depuis qu’il s’agit ici d’une histoire dont les auteurs ne veulent plus se souvenir pour deux raisons. D’abord les supposées noces ont changé de camp et de configuration.

Ensuite, la recette trouvée n’avait pas pu produire les résultats escomptés, devant le grand athlète de la pensée et de la conviction politique qu’est Issoufou.

Par dessus tout, à l’époque il y avait une erreur de contexte dans laquelle le Professeur Farmo semble ne pas éviter aujourd’hui encore de foncer. Les dirigeants de la Renaissance sont de véritables démocrates auxquels il est difficile d’inoculer un syndrome du second, comme cela arrive tout naturellement dans les régimes d’exception comme celui du Feu Général Seyni Kountché, qui semblent le fasciner.

Pendant que la première priorité des régimes d’exception est la conservation du pouvoir, celle d’un vrai régime démocratique est de mériter la confiance du peuple. Le cachet social des deux types de régimes est loin d’être le même. Les démocrates n’ont pas une liaison vitale et identitaire avec le pouvoir au point que l’on puisse banalement les exciter, en suscitant en eux une jalousie à l’image d’une femme à laquelle on apprend qu’une autre est en passe de lui ravir son mari.

La référence à la conception africaine du pouvoir est justement destinée à provoquer cette forme du réaction. Mais le professeur semble oublier qu’un pouvoir conquis démocratiquement n’a point besoin et ne doit pas être géré selon cette conception africaine. Il a ses règles à lui qui dès l’abord ne riment pas avec la seule volonté du chef.

Mais enfin, la véritable motivation derrière ce concept de « deux présidents » ou d’un « président en hauteur » n’échappe à personne. Il s’agit bien sûr d’une manœuvre dans laquelle est investi un capital d’espoir. A l’époque où le Général Salou Djibo était vu comme ce président en hauteur, l’idée géniale dans les rangs de ceux qui n’avaient   pas prévu plus de trois mois au nouvellement élu Issoufou, était qu’en suscitant cette jalousie chez le nouveau Président, il pouvait chercher à accabler la junte sortante et son chef et s’attirer des ennuis de sorte que le pouvoir soit à nouveau très vite recentré.

L’on se souvient sans doute de tout ce qui se disait sur la gestion de la junte, qui aujourd’hui doit sûrement constituer un souvenir gênant par la force des choses.

Aujourd’hui que la même trouvaille se rabat sur l’ancien président Issoufou, le résultat escompté reste plus ou moins le même. Les hommes se disent que force du PNDS a atteint des proportions tellement inquiétantes que seul un problème endogène peut contrarier l’évolution de ce parti. A cet effet, il faudrait donc selon eux simuler coûte que coûte ce genre de problème pour que le rôle de bascule joué par Tahoua qu’ils identifient dans leur imaginaire collectif et de tous les temps à Issoufou ne se reproduise pas en 2026.

En un mot, pour couper le Président Bazoum ou tout autre candidat que le PNDS aura présenté  en 2026 de cette unité de l’électorat rose qui avait tué dans l’œuf les rêveries de l’opposition nigérienne en 2021.

C’est pour cela que chaque mouvement de l’ancien président Issoufou est interprété par ses détracteurs, non seulement comme un acte politique, mais surtout comme un acte d’un président parallèle. Issoufou avait pourtant annoncé les couleurs au moment où certains ne le croyaient guère.

Qu’il allait rendre le tablier après sa période légale et se consacrer à une autre vie, car comme il l’a si bien dit:  » Je n’ai jamais eu la prétention d’être un homme providentiel, irremplaçable à la tête du Niger. » Et plus loin de conclure,  » Il y a une vie après la présidence « .

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