Par le décret n°2026-310 du 08 juin 2026, Son Excellence le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, Président de la République et Chef de l’État, a pris une décision qui s’inscrit dans une démarche de rigueur, de cohérence et d’efficacité administrative. La suppression du Centre National d’Études Stratégiques et de Sécurité (CNESS), du Fonds d’Investissement pour la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle (FISAN), de l’Agence de Modernisation des Villes du Niger (AMVN), de la Haute Autorité du Waqf, de l’Inspection Générale de la Gouvernance Administrative (IGGA), du Haut-Commissariat à la Modernisation de l’État (HCME), de l’Autorité de Régulation du Secteur de l’Eau (ARSEau), de l’Autorité de Régulation du Secteur des Transports (ARST) et de la Haute Autorité de Protection des Données à Caractère Personnel (HAPDP) traduit une volonté claire de recentrer l’action publique autour de l’essentiel.
Depuis plusieurs années, l’administration nigérienne, à l’image de nombreuses administrations africaines, a vu se multiplier des agences, autorités, fonds et hauts commissariats créés pour répondre à des besoins spécifiques. Si l’intention initiale était souvent pertinente, l’expérience a montré que plusieurs de ces structures exerçaient des missions déjà assurées, en tout ou en partie, par les ministères techniques. Cette situation a progressivement engendré une dispersion des responsabilités, des procédures plus longues et des coûts de fonctionnement parfois difficiles à justifier.
Le FISAN évoluait dans un espace déjà couvert par les ministères chargés de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Sécurité alimentaire. L’AMVN intervenait sur des questions relevant directement de l’Urbanisme et des Collectivités territoriales. L’ARSEau et l’ARST exerçaient des fonctions dans des secteurs disposant déjà d’administrations spécialisées. Le HCME et l’IGGA poursuivaient des objectifs liés à la réforme administrative et à la gouvernance publique, domaines naturellement portés par l’État lui-même à travers ses structures centrales. Quant à la HAPDP, ses missions peuvent être intégrées dans le dispositif institutionnel existant sans création d’un appareil administratif supplémentaire.
Au-delà des questions institutionnelles, la dimension financière mérite une attention particulière. Chaque structure autonome implique des responsables, des cabinets, du personnel administratif, des locaux, des véhicules, des frais de mission, des équipements, des réunions et diverses charges de fonctionnement. Même en retenant des estimations prudentes, l’ensemble des neuf structures supprimées pourrait représenter plusieurs milliards de FCFA de dépenses annuelles.
Les économies potentielles peuvent raisonnablement être situées entre 8 et 12 milliards de FCFA par an. Sur cinq ans, cela représenterait entre 40 et 60 milliards de FCFA pouvant être réorientés vers des priorités nationales telles que la sécurité, l’éducation, la santé, l’accès à l’eau potable, les infrastructures ou l’appui au monde rural.
Pour mesurer l’importance d’un tel montant, il suffit de rappeler qu’il permettrait de financer des centaines de salles de classe, des dizaines de centres de santé, plusieurs centaines de forages ou encore des équipements supplémentaires au profit des Forces de Défense et de Sécurité engagées dans la protection du territoire national.
Cette réforme présente également un autre avantage majeur : elle clarifie les responsabilités. Lorsqu’une mission relève directement d’un ministère, les citoyens savent à qui demander des comptes. Les circuits de décision deviennent plus courts, les arbitrages plus rapides et l’action publique plus lisible.
Dans un contexte marqué par les exigences de souveraineté, d’efficacité et de maîtrise des dépenses publiques, ce décret apparaît comme une mesure de bon sens. Il ne s’agit pas seulement de supprimer des structures, mais de privilégier une administration plus sobre, plus cohérente et davantage tournée vers les résultats.
En réaffectant les missions de ces organismes aux ministères compétents, Son Excellence le Général d’Armée Abdourahamane Tiani fait le choix d’un État qui consacre davantage de ressources aux besoins réels des populations plutôt qu’au maintien de structures dont les attributions se superposaient souvent à celles des administrations existantes. C’est précisément dans ce type de décisions que se mesure la volonté de bâtir un appareil public plus efficace, capable de répondre aux défis du Niger avec davantage de cohérence, de responsabilité et de performance.
Par Ousmane Jazy.


