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Attaques terroristes : samedi noir au Mali

Attaques terroristes : samedi noir au Mali

Le Mali a vécu une des pires attaques terroristes de son histoire. Plusieurs localités maliennes ont été la cible des groupes armés terroristes qui se sont coalisés pour déstabiliser complètement le Mali.

Dans un communiqué publié, le 25 avril, après les attaques terroristes survenues au Mali, le Président en exercice de la confédération des Etats du Sahel (AES) le Burkinabé Capitaine Ibrahim Traoré a réaffirmé la volonté commune des Etats membres de la confédération à poursuivre la lutte pour la souveraineté de leurs peuples, et ce, en dépit des velléités affichées de déstabilisation de l’espace confédéral, rapporte l’agence nigerienne de presse.

L’armée annonce un repositionnement à Kidal

Au lendemain de la confirmation du décès du ministre malien de la Défense et des Anciens combattants, le général Sadio Camara, tué lors des attaques coordonnées du 25 avril, le chef d’état-major général des armées, le général Oumar Diarra, a assuré dimanche soir que les Forces armées maliennes (FAMa) gardent l’initiative sur le terrain, avec plus de 200 combattants neutralisés et un repositionnement tactique en cours dans la région de Kidal, selon l’agence africaine de presse.

Le ministre malien de la Défense et des Anciens combattants, le général Sadio Camara, est décédé à la suite des attaques terroristes coordonnées ayant visé plusieurs localités du pays samedi, a confirmé dimanche la télévision nationale malienne à travers un communiqué officiel du gouvernement de la Transition.

Selon ce texte, un véhicule piégé conduit par un kamikaze a visé la résidence du ministre à Kati, près de Bamako, lors des incidents survenus dans la matinée. Sadio Camara aurait engagé des échanges avec les assaillants et réussi à neutraliser certains d’entre eux avant d’être grièvement blessé. Transporté à l’hôpital après d’intenses affrontements, il a finalement succombé à ses blessures.

Le communiqué précise également que l’effondrement de sa résidence a causé d’autres victimes ainsi que la destruction d’une mosquée située à proximité, entraînant la mort de plusieurs fidèles qui s’y trouvaient.

Figure emblématique de la transition depuis 2021 et proche du président de la Transition, Assimi Goïta, Sadio Camara était considéré comme l’un des principaux architectes de la recomposition sécuritaire et diplomatique de Bamako, notamment du rapprochement stratégique avec Moscou et du déploiement d’Africa Corps aux côtés des Forces armées maliennes.

Dimanche soir, le chef d’état-major général des armées, le général Oumar Diarra, est revenu sur l’ampleur de l’offensive, affirmant que sept localités, dont Kidal, Gao, Mopti, Sévaré, Bamako et Kati, avaient été simultanément visées par des attaques « complexes et coordonnées ».

Selon lui, ces offensives s’inscrivent dans « un plan de déstabilisation coordonné par des acteurs internes et externes » visant à installer une insécurité permanente dans le pays.

Il a précisé que les assaillants ont utilisé des véhicules kamikazes, des engins explosifs improvisés, des drones kamikazes, des tirs indirects ainsi que des attaques directes contre les positions militaires.

Le haut commandement affirme que la riposte des FAMa a permis de « mettre en déroute l’ennemi », avec plus de 200 combattants neutralisés à ce stade, tandis que les opérations de ratissage se poursuivent dans plusieurs zones.

Concernant Kidal, le général Diarra a reconnu une situation particulière, expliquant que l’armée procède à une « réadaptation du dispositif » avec un repositionnement des forces sur la localité d’Anefis, tout en maintenant ses positions dans la région.

« Nous restons dans la région de Kidal », a-t-il insisté, présentant cette manœuvre comme un choix de flexibilité opérationnelle destiné à renforcer l’efficacité des missions et la protection des populations.

De son côté, Africa Corps russe, engagé aux côtés des FAMa, a annoncé avoir quitté la ville de Kidal avec l’armée malienne, affirmant que ce retrait s’était effectué dans le cadre d’une décision conjointe avec les autorités maliennes. Les blessés et les équipements lourds auraient été évacués en priorité.

Selon plusieurs sources concordantes, les attaques ont débuté samedi vers 5h30 avec des assauts simultanés revendiqués par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, ainsi que par le Front pour la libération de l’Azawad (FLA), nouvelle appellation de l’ex-CMA.

Les groupes armés ont affirmé avoir visé notamment la résidence présidentielle, le siège du ministère de la Défense et l’aéroport international Modibo Keïta de Bamako, ainsi que des positions militaires à Kati, Gao, Kidal et Sévaré. Le FLA soutient par ailleurs contrôler la ville de Kidal.

Dans un communiqué samedi soir, le gouvernement de transition avait évoqué des attaques « complexes et coordonnées », faisant état de 16 blessés parmi les civils et les militaires, tout en assurant que « la situation est totalement sous contrôle ».

Face à la dégradation sécuritaire, un couvre-feu de 72 heures a été instauré à Bamako dès samedi soir, tandis que l’aéroport international Modibo Keïta restait fermé dimanche.

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), l’Union africaine (UA), ainsi que le Sénégal, la Mauritanie et le Bénin ont condamné ces attaques et exprimé leur solidarité avec les autorités maliennes.

Le président de la Transition, Assimi Goïta, le gouvernement et l’ensemble des Forces de défense et de sécurité ont rendu hommage au général Sadio Camara, saluant sa combativité, son intrépidité, son professionnalisme et son engagement. Sur décision présidentielle, il bénéficiera de funérailles nationales.

Sa disparition constitue à ce stade la perte politique et militaire la plus importante officiellement reconnue depuis le début de cette offensive coordonnée et pourrait profondément reconfigurer l’équilibre du pouvoir au sein de la transition malienne.

Africa Corps affirme avoir empêché un « scénario syrien »

Africa Corps russe affirme avoir repoussé une offensive coordonnée du Front pour la libération de l’Azawad (FLA) et du JNIM contre plusieurs positions stratégiques au Mali, notamment le palais présidentiel et l’arsenal de Kati. Bamako assure que la situation est sous contrôle, tandis que les groupes armés maintiennent leurs revendications sur certaines localités du nord et du centre du pays.

Africa Corps, force russe opérant aux côtés des Forces armées maliennes (FAMa), affirme avoir joué un rôle déterminant dans la riposte aux attaques simultanées menées samedi dans plusieurs villes du Mali par des groupes armés jihadistes, tandis que l’armée malienne assure que la situation est désormais sous contrôle.

Dans un message diffusé dimanche sur sa chaîne Telegram, Africa Corps indique avoir déjoué « une tentative de coup d’État » orchestrée par le Front pour la libération de l’Azawad (FLA) et la branche sahélienne d’Al-Qaïda, avec l’appui présumé de « mercenaires ukrainiens et européens » et le soutien des « services spéciaux occidentaux ».

Selon cette version, entre 10 000 et 12 000 combattants auraient participé à l’offensive lancée contre Bamako, Kati, Gao, Kidal et Sévaré, avec pour objectifs le palais présidentiel, les garnisons militaires, les administrations publiques ainsi que l’arsenal national de Kati.

Africa Corps revendique la sécurisation du palais présidentiel, la conservation de « toutes les positions stratégiques et aérodromes », l’échec de la prise de l’arsenal national de Kati ainsi que la neutralisation de plus de 1 000 jihadistes et la destruction de plus de 100 véhicules.

Dans un second message, le groupe affirme que ses hommes « continuent de repousser une attaque massive des islamistes » et soutient avoir empêché au Mali un « scénario syrien ». Il assure que ses combattants, appuyés par l’aviation russe et les FAMa, restent engagés sur une ligne de front de plus de 2 000 kilomètres. Des blessés sont toutefois signalés dans ses rangs et seraient en cours d’évacuation. Ces affirmations n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante.

Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, a de son côté revendiqué des attaques contre la résidence du président Assimi Goïta, le siège du ministère de la Défense ainsi que l’aéroport international Modibo Keïta. Le groupe affirme également avoir mené des opérations à Mopti, Sévaré et Gao.
Le gouvernement de la Transition a reconnu 16 blessés, civils et militaires, à l’issue des attaques coordonnées menées samedi contre les villes garnisons de Kati, Sévaré, Gao, Kidal et Bamako, assurant que la situation est « totalement sous contrôle ».

Face à cette offensive, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a condamné « fermement » des « actes odieux » et appelé à une mobilisation régionale coordonnée contre le terrorisme, malgré le retrait officiel du Mali de l’organisation en janvier 2025.

L’Union africaine (UA) a réaffirmé son engagement en faveur de la paix au Mali. Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a condamné les attaques « avec la plus grande fermeté », tandis que la Mauritanie a exprimé sa « solidarité totale » avec Bamako.

Sur le plan intérieur, un couvre-feu de 72 heures, de 21h à 6h, a été instauré à Bamako, une mesure inédite depuis la pandémie de Covid-19. À Gao, le couvre-feu a été avancé à 19h30 jusqu’à nouvel ordre.

L’aéroport de Bamako est resté fermé samedi et plusieurs chancelleries, dont l’ambassade des États-Unis, ont recommandé à leurs ressortissants de limiter leurs déplacements.

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