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Bredoumy, porte-parole du PDCI, en garde à vue

Bredoumy, porte-parole du PDCI, en garde à vue

Après avoir remporté les présidentielles ivoiriennes aux forceps le régime de Ouattara continu de mettre le bâton dans les roues de l’opposition.

Bredoumy Soumaila, porte-parole du PDCI
Me Blessy Chrysostome, l’un des avocats du Conseil du député ivoirien, Soumaïla Bredoumy, dénonce « une violation grave » de son immunité parlementaire.

De retour d’exil, le dimanche 23 novembre 2025, après quelques semaines en France, Soumaïla Bredoumy, porte-parole du PDCI-RDA, a reçu le mardi 25 novembre après-midi, une convocation afin de se présenter à la préfecture de police d’Abidjan, rapporte l’agence africaine de presse.

Selon Me Blessy Chrysostome, qui était aux côtés de Bredoumy avec l’avocat Luc Adjé, la convocation a été déposée la veille, aux alentours de 13h (GMT, heure locale), à la Maison du PDCI-RDA, au bureau du secrétaire exécutif en chef du parti.

Soumaïla Bredoumy est poursuivi pour 11 chefs d’accusation, notamment pour « acte terroriste, appel à l’insurrection, à la haine et à la xénophobie, vol, incendie volontaire de biens publics et de biens privés, incitation au meurtre et complot contre l’autorité de l’Etat », a-t-il dit.

Il est également accusé d’ « atteinte à la sûreté de l’Etat, atteinte à l’ordre public, incitation à la révolte populaire, pour une observation d’une décision de justice où administrative et pour dénonciation calomnieuse », a-t-il ajouté.

Pour Me Blessy, « Bredoumy est poursuivi pour toutes les infractions qui sont contenues dans le Code pénal ivoirien » et « nous pensons que le droit doit être dit. Que les députés se saisissent de ce qui est en train d’arriver et qui porte atteinte à l’immunité parlementaire. »

A l’entame de la procédure d’audition, à la préfecture de police d’Abidjan, les avocats ont tenu à faire une observation pour rappeler que « Bredoumy Soumaila était un député (et) ne pouvait ni être entendu, ni être retenu suivant les termes de la loi (article 91 de la Constitution) », a-t-il rapporté.

« Cette observation a conduit à un arrêt de la procédure, et l’officier en charge de l’audition a dû s’en référer à ses supérieurs hiérarchiques, notamment au procureur de la République. Celui-ci saisi, a dépêché à la préfecture de police, au cours de cette audition, le procureur adjoint pour faire connaître la position du parquet du tribunal d’Abidjan », a détaillé Me Blessy.

Le Parquet, soutiendra-t-il, estime « que nous sommes dans une procédure de flagrant délit » ; et dans ce contexte « nous lui avons opposé de fait qu’en droit, la flagrance du délit est fondée essentiellement sur trois situations ».

Il y a flagrant délit lorsqu’« on vous appréhende au moment de la commission des faits, ou on vous retrouve plus tard avec des éléments et objets de l’infraction qu’on vous reproche (ou encore) la clameur publique vous poursuit », a précisé l’avocat du PDCI.

Cependant, « on nous a répondu qu’il a fait des déclarations et aussitôt après, il s’est rendu à l’étranger. Il faut qu’il soit entendu », a confié Me Blessy, indiquant que « nous avons opposé cela (la question d’immunité) au procureur qui a insisté que l’audition puisse se tenir ».

De ce fait, « les avocats ont dit qu’ils faisaient valoir leur droit au silence pour ne pas se faire complices de la loi sur l’immunité parlementaire. Cela a été consigné dans un PV, nos observations et droit au silence, avant que l’on ne décide de garder à vue notre client », a-t-il poursuivi.

« Ces faits sont graves, très graves dans cette République. C’est une violation grave de l’Etat de droit, une violation grave du droit parlementaire, d’une loi constitutionnelle, parce que l’immunité parlementaire procède d’une prescription de la Constitution de Côte d’Ivoire », a-t-il poursuivi.

« Si l’on peut entendre un député au cours d’une session parlementaire sans que son immunité n’ait été levée, c’est une dérive très grave. C’est pourquoi j’en appelle à l’ensemble des députés parce qu’en réalité c’est le principe qui nous protège qui est mis en mal », a lancé Me Blessy.

« On peut aimer Bredoumy ou ne pas aimer Bredoumy, mais Bredoumy est un député de la Côte d’Ivoire ». Avec son immunité, « aucune force de police ne peut l’entendre, ne peut le garder si l’immunité n’est pas levée, sauf en cas de flagrant délit, or en l’espèce il n’y a pas de flagrant délit », a soutenu Me Blessy.

Le porte-parole du PDCI, Soumaila Bredoumy est gardé à vue à la préfecture de police d’Abidjan pour un délai de 48h ou de 72h qui peut être prorogé.

Les indépendants bouleversent les législatives 2025 en côte d’ivoire

À un mois du scrutin, la montée des candidatures indépendantes vient redistribuer les cartes du paysage politique ivoirien, promettant un vote aux enjeux plus ouverts que jamais.

À l’approche des élections législatives prévues le 27 décembre 2025, la Côte d’Ivoire observe une transformation notable de son paysage politique, marquée par une progression sans précédent des candidatures indépendantes. Selon les données provisoires de la Commission électorale indépendante (CEI), ces candidats sans affiliation partisane représentent désormais plus de la moitié des dossiers validés, un phénomène rare dans un contexte traditionnellement dominé par les grands partis.

Cette évolution s’explique en partie par des tensions internes au sein des formations politiques historiques. Au RHDP comme au PDCI, plusieurs cadres locaux et figures émergentes non retenus lors des investitures ont choisi de se présenter de manière indépendante. Pour eux, cette démarche constitue un moyen de maintenir leur légitimité auprès des électeurs, en contournant les logiques d’appareil qui orientent les décisions partisanes.

Mais la vague indépendante dépasse le cadre des seuls dissidents. Une nouvelle génération de politiques, souvent jeunes et éloignés des structures classiques, s’engage dans la compétition avec des programmes centrés sur la gouvernance locale, l’emploi, le développement communautaire et le lien direct avec les populations. Leur présence traduit un désir marqué de renouvellement politique exprimé par une partie de l’électorat.

Dans plusieurs circonscriptions, ces candidatures redéfinissent les équilibres traditionnels. Des localités autrefois acquises aux grands partis voient apparaître de nouveaux pôles d’influence portés par des personnalités locales populaires. Les états-majors politiques observent cette évolution avec inquiétude, craignant une dispersion du vote et une perte de contrôle sur l’Assemblée nationale.

Face à cette dynamique, certains responsables tentent d’appeler à la discipline et de convaincre les dissidents de se retirer, mais l’ampleur du phénomène dépasse désormais les mécanismes internes des partis. Pour de nombreux observateurs, les législatives de 2025 pourraient constituer un tournant majeur, avec une Assemblée nationale plus fragmentée, plus ouverte et reflétant une diversité accrue de sensibilités politiques.

Le scrutin législatif se tiendra donc, le 27 décembre 2025, dans un contexte de profonde recomposition politique, marqué par l’essor spectaculaire des candidats indépendants.
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