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Communiqué de presse : l’extraction d’uranium au Niger par Orano a entraîné la dispersion de matières radioactives !

Communiqué de presse : l’extraction d’uranium au Niger par Orano a entraîné la dispersion de matières radioactives !

L’ONG CODDAE exerçant ses activités sur l’ensemble du territoire nigérien se focalise depuis plus de vingt ans sur le droit à l’énergie, la qualité de l’environnement et la transparence dans les industries extractives. Fidèle à sa mission, elle est préoccupée, depuis toujours, par la santé des populations d’Arlit où vivent près de 100 000 personnes dans un risque sanitaire réel.

A l’occasion de son point de presse, en date du 2 décembre 2025, le Ministre nigérien de la Justice M. Alio Daouda a annoncé la découverte de 400 tonneaux contenant des carottes radioactives à Arlit, une catastrophe environnementale et humanitaire qui a un impact grave sur les communautés locales. Cette intervention survient alors que le pays a décidé de mieux prendre en compte ses intérêts dans la Somaïr et a décidé, de façon souveraine après plusieurs manquements contractuels d’Orano de vendre son uranium sur le marché international.

Du reste, plusieurs ONGs ont découvert l’entreposage de millions de tonnes de déchets toxiques laissés à l’air libre par l’entreprise nucléaire Orano à Arlit et Akokan, dont les conséquences pèseront pendant plusieurs milliers d’années sur l’environnement, la santé des populations et des générations futures.
Illustrant ce point, l’extraction d’uranium au Niger a entraîné la dispersion dans l’environnement de matières radioactives et des toxines entraînant des problèmes de santé publique (maladies pulmonaires, des reins, oculaires, fertilité, etc), la constitution de résidus miniers et les stériles ; ces tonnes de roches qui contiennent des traces d’uranium résultant de l’excavation du minerai.

Des immondices s’observent à perte de vue avec des conséquences environnementales, sociales et culturelles désastreuses dont entre autres : la pollution des sols par des poussières radioactives et de l’eau, des tensions sociales et économiques liées au contrôle des ressources et un manque critique de développement local.

Dans la ville d’Arlit, la concentration en éléments radioactifs (uranium et ses descendants) est très répandue, aggravant les risques d’inhalation ou d’ingestion de particules radioactives. Malgré les nombreux avertissements adressés à l’entreprise française Orano, aucune disposition sécuritaire conséquente n’a été prise pour protéger les populations et son environnement.

Dès lors, les mesures effectuées par les services compétents et les organisations de la société civile ont révélé une toxicité dont le taux varie entre 7 et 10 microsieverts par heure, alors que la dose normale est de 0,5 microsieverts.

L’extraction des minerais en elle-même, ainsi que les résidus et déchets résultant des procédés industriels constituent une grave menace environnementale pour la santé des populations riveraines exposées à la toxicité chimique et radiologique des radionucléides. Comme l’attestent des prélèvements des sols effectués à proximité des habitations et dans les concessions, comportant des niveaux environ 500 fois supérieurs à ceux habituellement présents dans la région d’Agadez.

De même, le taux de mortalité dû à des infections respiratoires aiguës, est de 16,19%, presque deux fois la moyenne nationale qui est de 8,54%. Ce taux de mortalité révèle une tendance exacerbée liée à la présence des mines d’uranium. Dans quatre échantillons d’eau prélevés, les analyses ont montré une concentration d’uranium supérieure à la limite préconisée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), et certains prélèvements contiennent du gaz radioactif dissous.

De plus, le radon dégagé dans l’air ambiant est une source de cancer des poumons chez les mineurs et les habitants. Ces déchets radioactifs mal conditionnés dans certains cas, contaminent le matériel remis dans des circuits de ventes qui sert le plus souvent à la fabrication d’ustensiles de cuisine qui inondent plusieurs régions du Niger. Toutes ces problématiques et leurs répercussions sur les êtres vivants et l’environnement ont atteint un seuil où les populations sont dans des conditions qui ne leur permettent plus de vivre dans la dignité et le bien-être.

Ainsi après 54 ans d’extraction d’uranium au Niger, les habitants de la ville d’Arlit et ses environs ne bénéficient d’aucun dispositif quantitatif et qualitatif perceptible en termes de protection des droits humains et d’amélioration de la vitalité de l’environnement.


Par conséquent, la gravité et l’urgence de la situation impose que soient revus les engagements d’Orano au Niger. Dans ce contexte, la garantie d’une bonne qualité de l’atmosphère, du sol et de l’eau ; de la protection de la faune ; du maintien des écosystèmes ; des paysages et d’un climat vivable, sont indispensables pour la survie des êtres vivants.


En cela, les manquements dénoncés au cours des Conférences, ateliers et foras organisés par l’ONG CODDAE à Agadez, Tahoua, Zinder, Tillabéry et Niamey renseignent clairement sur :

  1. le refus du groupe Orano de reconnaitre l’existence de zones polluées par la radioactivité et la dissémination au sein d’une population peu avertie de graves dangers de la radioactivité, sans compter des objets irradiés mis au rebut ;
  2. la mauvaise gestion environnementale de la société Orano qui, en captant des nappes d’eau fossiles pour les besoins de ses usines, assèche des puits artésiens ;
  3. la radioactivité du sol, de l’eau et de l’air qui est répandue partout, ce qui révèle une contamination et une pollution réelle et durable ;
  4. Le refus du groupe Orano de reconnaitre, chez d’anciens ouvriers, les maladies provoquées par leur longue exposition aux rayonnements dangereux et de prendre en charge leurs frais de soins médicaux ;
  5. l’inobservance de règles strictes de gestion des matières radioactives dangereuses émanant des sites miniers aux conséquences incalculables…
    C’est pourquoi, en tant qu’acteur engagé dans le domaine nucléaire, l’ONG CODDAE approuve les mesures déjà prise par les plus hautes Autorités contre la société Orano.
    Invite le Gouvernement de prêter mains fortes à la société civile par rapport à l’évaluation des impacts environnementaux et sanitaires pour lui permettre de prendre les dispositions idoines en vue de mieux défendre et protéger la santé et les moyens de subsistance des communautés locales.
    Demande au Ministre des Mines et au Ministre de la Justice de mettre à l’index la société Orano pour ses graves manquements concernant les sols dégradés, la pollution des eaux du sous-sol, la contamination de l’eau potable et la mise en danger de l’environnement, afin d’épargner la santé des êtres vivants au nord de la région d’Agadez.
    L’ONG CODDAE s’engage à jouer un rôle moteur dans la défense de la patrie, mais aussi de susciter une plus grande transparence sur la destruction de l’environnement par l’entreprise Orano, ainsi qu’aux graves conséquences qu’elle a délibérément semées au Niger. Et d’en souligner les dispositions de notre juridiction pour les réparations à venir.
    Enfin encourage la communauté internationale de soutenir les différents acteurs dans ce noble combat pour garantir une réponse plus efficace et, accélérer la prise en charge des victimes par ce mal insidieux de la contamination radioactive.

Fait à Niamey, le 10 décembre 2025

Pour l’ONG CODDAE Le Président Moustapha Kadi Oumani