En général, face aux déficits fourragers, l’avenir du pastoralisme repose sur la préservation de la mobilité des troupeaux et le renforcement de la résilience locale.
Lorsque la quantité de fourrage ou de végétation disponible, diminue prématurément en raison de la sécheresse, cela déclenche souvent des dynamiques migratoires précoces. Ces départs anticipés amènent souvent les troupeaux dans des zones agricoles avant la fin des récoltes, ce qui peut aggraver les tensions entre agriculteurs et éleveurs.
À la date du 26 septembre 2026, un déficit fourrager est observé dans les régions d’Agadez, Tahoua et Zinder, où la pluviométrie demeure faible et irrégulière, en raison du changement climatique.
L’insuffisance des pluies et leur irrégularité ont affecté la biomasse herbacée et les points d’eau, réduisant d’autant les zones de pâturage naturel que le volume d’eau des puits pastoraux et des marres. Lorsque les pluies deviennent rares, la disponibilité fourragère dépend étroitement des résidus de culture et de la végétation aérienne.
Cette dépendance engendre de fait, une vulnérabilité accrue. Par le passé déjà, une mauvaise saison des pluies a toujours entraîné un déficit fourrager et lorsque les pluies s’arrêtent tôt, la végétation se dessèche prématurément, ce qui fait craindre une pénurie alimentaire pour les animaux si des dispositions idiones n’ont pas été prises.
En effet, dans les zones agricoles, après les récoltes, les résidus de culture : fanes d’arachide, de niébé, tiges de sorgho, de maïs et de mil, sont rapidement consommés, tandis que la paille sur pied s’appauvrit à son tour.
Les éleveurs se retrouvent alors presque exclusivement dépendants de la végétation ligneuse, feuilles, certains produits maraîchers et des gousses d’arbres. Si la sécheresse venait à persister pendant cette période, elle risquerait d’accentuer la pression sur les ressources, et les tensions qui en découleront, restreignent plus encore les espaces de pâturage naturel.
Ainsi, face à cette situation, l’anticipation de la crise passe par le développement de stocks stratégiques de fourrage dans les zones excédentaires, levier fondamental de la sécurité pastorale, en particulier dans les localités sujettes à l’insuffisance ou l’irrégularité des pluies. L’approche préventive permettra d’approvisionner les zones déficitaires et d’éviter toute baisse de poids ou de mortalité du bétail.
Elle limitera également la spéculation sur les aliments pour bétail pendant la période de soudure, protégeant ainsi le pouvoir d’achat des éleveurs et garantissant la sécurité alimentaire des populations. Que le Tout-Puissant Allah fasse descendre la pluie après le désespoir, répande sa miséricorde et nous gratifie de précipitations abondantes, saines et fécondes, bénéfiques et non nuisibles, promptes et non tardives durant le mois d’octobre, pour le bien-être, la prospérité et la paix de notre nation et des pays de l’AES.
Qu’Allah soit glorifié pendant cette campagne agricole en vue de régénérer la terre en source de miséricorde. Que notre confiance soit placée en Allah, que le désir du règlement de ce problème se fasse sentir au plus haut niveau et, que notre pays soit béni, afin que tous ses fils voient la bonté naturelle. Amen !
Par Moustapha kadi Oumani


