Dans un pays comme le nôtre, la sécurité permanente ne s’acquiert jamais une fois pour toute. Chaque jour, les risques évoluent et se multiplient : les équipements s’usent, les dispositifs se dérèglent, et l’inattention ou le manque de formation ouvrent, chez l’homme, des brèches nouvelles… Elle englobe la confiance, la prévention et la justice sociale. Ainsi, notre sécurité repose sur une prise de conscience collective, une vigilance accrue qui ne doit jamais faiblir, pas même sur le moindre centimètre carré de notre territoire national.
Dès lors, chaque citoyen nigérien a le devoir de s’associer, à sa mesure, à l’action de l’État pour bâtir notre sécurité commune. Car, il ne s’agit pas de moyens, d’outils ou de technologies sophistiquées : il s’agit d’une attitude, d’un regard attentif porté sur tout ce qui bouge, tout ce qui change, tout ce qui, en apparence, paraît inoffensif, banal ou sans importance, alors qu’il peut parfois cacher un enjeu plus grave. Le citoyen doit savoir observer, comprendre et réagir face à tout danger qui menace son voisinage et son cadre de vie immédiat. Aujourd’hui, les grands risques se développent autour de nos frontières, ensuite les dispositifs peuvent connaître des défaillances et, parfois, les comportements humains eux-mêmes créent des vulnérabilités par négligence, l’inattention ou l’absence d’apprentissages adaptés, ce qui engendre des difficultés tant pour les individus que pour les représentants de l’Etat.
C’est pour toutes ces raisons que la sécurité au Niger ne peut reposer uniquement sur les moyens matériels, les technologies les plus avancées ou l’action de nos braves Forces de Défense et de Sécurité (FDS). Elle commence avant tout par une prise de conscience générale et par le refus de tout relâchement, jusque dans le moindre recoin sur notre sol.
L’État a certes une responsabilité majeure dans la protection de l’intégrité du territoire. Mais cette responsabilité trouve toute sa force et sa légitimité lorsque chaque citoyen comprend qu’il est un acteur de la sécurité. Maintenir une attention soutenue et active pour surveiller une situation, prévenir les risques et réagir rapidement face à un danger potentiel ne signifie pas vivre dans la peur, ni se substituer aux autorités. Cela signifie être attentif à son environnement, savoir reconnaître une situation inhabituelle, adopter le comportement approprié et, surtout, savoir alerter les responsables du secteur et les services compétents lorsque cela est nécessaire.
En pareille circonstance, la meilleure technologie ne remplacera jamais une population consciente, responsable et disciplinée. Nous pouvons disposer des meilleurs équipements et des dispositifs les plus sophistiqués ; s’ils ne sont pas accompagnés de la bonne attitude, de la vigilance des citoyens et du sens de la responsabilité, ils resteront insuffisants.
La sécurité nationale de notre pays se construit dans les grandes réformes et par l’engagement quotidien de toutes les institutions, mais aussi dans les petits gestes quotidiens des citoyens : regarder autour de soi, ne pas banaliser ce qui paraît inhabituel, transmettre une information utile, protéger son voisinage et comprendre que la sécurité de l’autre contribue directement à la nôtre.
Qu’Allah, dans sa sagesse et sa miséricorde, accorde au peuple nigérien une sécurité durable et renforce celles et ceux qui œuvrent chaque jour à sa préservation. Qu’Il nous accorde la clairvoyance nécessaire pour distinguer le danger, la sagesse pour y faire face et la responsabilité pour ne jamais céder à la négligence et à la tentation. Qu’Il nous ouvre les portes du bien et de la réussite, exauce nos vœux et éloigne du Sahel toute attaque terroriste, toute affliction, toute épreuve et tout mal apparent ou caché. Que le Détenteur de la Majesté nous honore de sa grâce, nous ouvre les portes du bien et de la réussite. Que la prière et la paix d’Allah soient sur notre Prophète Mohamed, ainsi que sur sa famille et ses compagnons. Amen !
Par Moustapha Kadi Oumani


