La récente tentative de coup d’État au Bénin a plongé le pays dans une instabilité alarmante, révélant non seulement des failles dans la gouvernance, mais provoquant également des tensions avec ses voisins, notamment le Niger et le Burkina Faso.
Les accusations souvent fantaisistes formulées par certains médias français, béninois et les réseaux sociaux concernant une supposée complicité des militaires nigériens et burkinabés dans cette tentative de renversement soulèvent plusieurs interrogations.
Qui est derrière cette cavale ? Qui cherche à mettre de l’huile sur le feu ? Pourquoi pointer du doigt l’AES dans cette crise béninoise ?
Ou en sommes-nous avec la dynamique sécuritaire dans la région?
Dès le dimanche sanglant des apatrides nigériens vivant en France ont accusé le Niger d’être derrière le coup d’état,, ces informations fabriquées de toutes pièces ont été reprises par certains médias béninois et les réseaux sociaux.
Au cours de la semaine, probablement sur les injonctions des autorités françaises, certains journaux français ont pris le relais.
Le journal français Le Monde, dans une de ses éditions affirme sans aucune preuve que, les autorités béninoises auraient estimé que les militaires des pays voisins étaient informés de la tentative de coup d’État une semaine avant celle-ci, suggérant une complicité qui remet en question la loyauté de ces pays voisins.
Or, jusqu’à présent, officiellement aucune autorité béninoise n’a fait écho d’une telle accusation.
Quoiqu’on dise cette accusation pointée vers les voisins pourrait être perçue comme une tentative vaine de vouloir désigner des boucs émissaires, afin de déplacer l’attention des uns et des autres de certaines défaillances internes au Bénin où patrice talon n’a pas que des amis.
En effet, ce climat de méfiance et d’accusations pourrait illustrer une volonté de masquer les lacunes dans la gestion des crises et l’incapacité du pouvoir béninois à maintenir l’ordre public.
L’ officine française éditée sous le label du journal Le Monde a avancé qu’un coup d’État réussi au Bénin aurait pu consolider les intérêts économiques du Niger surtout dans le cadre du transfert et le contrôle des ressources minières du pays pour une vente à l’international.
Comme on peut le constater, le journal français lui-même donne les raisons de son acharnement contre le Niger, il s’agit de la mise sur le marché international de l’uranium nigérien, une ressource vitale pour l’économie française et qui, depuis le 26 juillet 2023 échappe totalement au contrôle français.
Les apatrides en renfort dans cette campagne de dénigrement, avancent qu’ en appuyant les putschistes, le Niger cherche à utiliser le port du Bénin pour exporter d’importantes quantités de yellow cake, estimées à 1 200 tonnes sur le marché international, alors qu’il utilise actuellement le port du Togo pour ses échanges maritimes. Le Niger n’a pas besoin d’un coup d’état au Bénin pour renouer avec le port de Cotonou.
Il suffit simplement que les autorités béninoises actuelles arrêtent leur jeu de dupes et de coups bas contre les intérêts du Niger pour que les relations de coopération retrouvent leur normalité.
Ce constat introduit une dimension économique à la situation politique, soulignant des luttes d’influence et des intérêts stratégiques bien plus complexes qu’un simple coup d’État.
S’agissant de certains responsables béninois qui ont signalé des manœuvres de certains gouvernement dans la sous région pour déstabiliser leur pays, il convient de rappeler que la gouvernance du président talon est la principale cause du mécontentement d’une partie de l’armée et des béninois.
Quant à certains analystes qui ont annoncé que le Niger aurait déplacé les conteneurs à l’entrée de la ville de Gaya, pour reprendre les échanges commerciaux à la frontière, surtout que le gouvernement béninois a plusieurs fois manifesté son désir de faire ouvrir la frontière et de reprendre les “Business as Usual, cela relève du fantasme. Le président Tiani l’a rappelé il n’y a pas si longtemps à gaya, la frontière restera fermée tant que le territoire béninois servira de cadre aux terroristes.
C’est pourquoi, pour démentir les illuminés, une source a la direction régional des douanes de la région de dosso a affirmé qu’aucun changement significatif n’avait été observé à la frontière de Malanville et Gaya, c’est du délire.
Cela soulève des questions quant à la cohérence des informations diffusées par les médias béninois et français, les jérémiades des apatrides qui semblent parfois plus préoccupés par la recherche d’un ennemi extérieur que par la résolution des crises internes.
Intervention des forces spéciales françaises
Pour maintenir Patrice talon au pouvoir et protéger son régime, la France fut obligée de combattre au sol d’où l’intervention des forces spéciales françaises aux côtés des militaires Nigérians et des militaires loyalistes au Président Patrice Talon .
Ce raid français en ce moment, rappelle les tristes souvenirs de l’installation au pouvoir de David dacko en Centrafrique dans les années 80.
Quelle honte pour Talon et l’Afrique, se faire imposer par l’impérialisme alors que l’opinion publique africaine veut en découdre avec les vestiges de ce passé puant.
Actuellement, il est clair pour tout le monde que le président talon est profondément contesté vu sa manière d’instaurer une forme de dictature masquée qui consiste à protéger son pouvoir et sa succession en éliminant systématiquement toute candidature sérieuse aux prochaines élections présidentielles au Benin.
La réalité sur le terrain est d’ailleurs préoccupante. Dans un contexte où le Bénin, traditionnellement favorable à l’intégration régionale, se voit contraint de solliciter l’aide du Nigeria pour sécuriser son ciel, de la France pour l’aider à combattre au sol sa propre armée, on ne peut que constater une faiblesse institutionnelle et un recul inquiétant de la démocratie..
Ce recours externe n’indique pas seulement une vulnérabilité à l’échelle nationale, mais également un épuisement des capacités de gestion de crise au sein du pays.
Finalement, cette tentative de coup d’État au Bénin, inscrite dans un climat d’instabilité régionale croissante, laisse présager des répercussions à long terme sur la sécurité et la gouvernance non seulement au Bénin, mais également au sein de la CEDEAO. L’incapacité apparente de l’État béninois à gérer ses crises de manière autonome, combinée à des tensions avec ses voisins, ouvre la voie à une réalité politique incertaine, avec des implications potentiellement graves pour la stabilité de la région ouest-africaine.
Cette dépendance vis-à-vis de l’assistance extérieure est un marqueur inquiétant d’un pouvoir minoré. La sécurisation de l’intégrité territoriale ne devrait pas nécessiter l’intervention d’une armée étrangère. Ce scénario laisse entrevoir un Bénin dont la stabilité ne dépend pas uniquement de sa dynamique interne, mais qui est désormais inscrit dans un contexte régional où chaque décision pourrait avoir des répercussions massives.
Si le gouvernement appelle à un retour à la normalité, les doutes persistent. La question de fond, celle qui pèse dans les esprits, reste : qu’est-ce qui ne va pas ? La stabilité du Bénin est-elle compromise à un niveau tel qu’elle ne peut être préservée que par la force externe ?
Ce questionnement est d’autant plus crucial que, malgré l’annonce d’une normalité retrouvée, la présence militaire étrangère suggère le contraire.
C’est dire que la tentative de coup d’État au Bénin n’est pas simplement un incident isolé, mais une alerte au sujet des fragilités structurelles qui minent le pays. L’instabilité politique, marquée par une dépendance croissante à l’égard des forces extérieures, devrait inciter à une réflexion approfondie sur le modèle de gouvernance et les institutions publiques.
La réponse à cette crise ne peut se limiter à un simple retour à la normalité, mais doit s’accompagner d’une refonte des mécanismes internes, sous peine de courir le risque d’une nouvelle implosion, non seulement sur le plan national, mais aussi sur le plan régional.
PAR IBRAHIM AGHALI Contributeur Web (TamtamInfo News)


