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Trois ans après le 26 juillet 2023 : répondre aux critiques par les faits

Trois ans après le 26 juillet 2023 : répondre aux critiques par les faits

Trois ans après les événements du 26 juillet 2023, les analyses de certains anciens responsables politiques et diplomatiques nigériens établis à l’étranger continuent de présenter un tableau particulièrement sombre du Niger. Parmi eux, M. Kiari Liman-Tinguiri développe une lecture selon laquelle le pays se serait engagé dans une impasse politique, économique et diplomatique. Ce point de vue mérite d’être entendu. Il ne peut cependant être considéré comme le reflet exclusif de la réalité que vivent les Nigériens.

Sous la conduite de Son Excellence le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, Président de la République du Niger, Chef de l’État, et du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), le Niger a engagé un processus de Refondation fondé sur un principe majeur : faire de la souveraineté nationale le socle des décisions politiques, économiques, diplomatiques et sécuritaires.

Les critiques évoquent un pays isolé. Les faits montrent plutôt une recomposition de son positionnement international. Avec le Mali et le Burkina Faso, le Niger a créé l’Alliance des États du Sahel (AES), qui constitue aujourd’hui un espace de coopération politique, sécuritaire, économique et diplomatique inédit dans la région. Cette dynamique s’accompagne d’une diversification des partenariats internationaux, démontrant qu’une politique étrangère souveraine ne signifie pas un repli sur soi.

Sur le plan économique, les prévisions du Fonds monétaire international sont éloignées des scénarios d’effondrement souvent avancés. Le FMI anticipe une croissance du PIB réel de 6,9 % en 2025 et 6,7 % en 2026, portée notamment par la production agricole, les investissements publics et les secteurs extractifs. Ces indicateurs traduisent la résilience de l’économie nigérienne malgré les sanctions régionales imposées après le 26 juillet 2023.

La souveraineté économique s’est également traduite par des décisions majeures dans les secteurs stratégiques. La nationalisation de la NIGELEC en 2025 répond à l’objectif d’assurer la continuité du service public de l’électricité et de restructurer durablement un secteur essentiel au développement. Dans le domaine minier, la nationalisation de la SOMAÏR marque une étape importante dans la maîtrise des ressources naturelles. Ces décisions traduisent une nouvelle orientation consistant à placer les intérêts stratégiques du Niger au premier plan de la gestion de ses richesses.

Dans le secteur de l’énergie, les réformes engagées dépassent largement les ajustements administratifs. Le nouveau Code de l’électricité modernise le cadre juridique, facilite les investissements, encourage la production nationale, développe l’électrification rurale et crée un Fonds de souveraineté énergétique destiné au financement des infrastructures. Ces réformes répondent aux besoins d’un pays dont l’accès à l’électricité demeure un enjeu majeur pour l’industrialisation et le développement.

L’agriculture constitue un autre pilier de la Refondation. Les investissements dans les aménagements hydroagricoles, l’irrigation, la mécanisation, la production de semences certifiées et l’accompagnement des producteurs renforcent progressivement les capacités nationales de production. Plus de 5 300 tonnes de semences certifiées ont été mobilisées pour la campagne agricole 2025. Si le Niger reste confronté à des défis alimentaires, notamment dans certaines zones affectées par l’insécurité, les politiques engagées visent à accroître durablement la production nationale et à réduire la dépendance structurelle aux importations et à l’aide extérieure.

Sur le plan sécuritaire, les analyses les plus critiques négligent souvent la complexité de la menace à laquelle le Niger est confronté. Les groupes armés opérant dans le Sahel s’inscrivent dans des réseaux transnationaux mêlant trafics, recrutements, financements illicites et circulation d’armes. Dans ce contexte, de nombreuses voix au Niger considèrent que ces groupes dépassent le simple cadre du terrorisme et s’inscrivent dans des stratégies d’ingérence plus larges. Les autorités nigériennes ont, pour leur part, renforcé les capacités des Forces de défense et de sécurité par l’acquisition de nouveaux équipements, notamment des drones, des aéronefs, des moyens de surveillance et des systèmes de renseignement, tout en développant les opérations conjointes avec les États membres de l’AES.

La Refondation se traduit également par des réformes touchant la justice, la gouvernance publique, les finances de l’État, les mines, l’énergie et l’administration. L’objectif affiché est d’améliorer la performance des institutions, de renforcer la transparence dans la gestion des ressources publiques et d’accroître la capacité de l’État à conduire son propre développement.

Les critiques formulées depuis l’étranger donnent parfois l’impression que le Niger serait resté immobile depuis 2023. Cette lecture ne résiste pas à l’examen des évolutions observées. Les difficultés demeurent réelles. Les défis sécuritaires, sociaux et économiques restent importants. Mais il serait tout aussi inexact d’ignorer les transformations engagées dans les domaines de la souveraineté économique, de la diplomatie, de l’énergie, des infrastructures, de l’agriculture, des ressources stratégiques et de la gouvernance.

L’avenir du Niger ne se construira ni à travers les procès d’intention ni par des lectures exclusivement politiques de la situation nationale. Il se construira à partir des réalités du terrain, des réformes effectivement engagées et de la capacité des institutions à répondre aux aspirations du peuple nigérien.

Trois années après le 26 juillet 2023, les faits montrent que, sous la conduite de Son Excellence le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, Président de la République du Niger, Chef de l’État, et du CNSP, le Niger a ouvert une nouvelle étape de son histoire fondée sur la souveraineté, la maîtrise de ses ressources stratégiques, la réaffirmation de ses choix diplomatiques et la refondation progressive de ses institutions. C’est sur la durée et à l’aune de résultats concrets que cette trajectoire devra être appréciée.

Par Ousmane Jazy