A mesure que s’approchent les élections présidentielles ivoiriennes, la tension monte d’un cran des deux côtés, pouvoir et opposition.
Les observateurs avertis craignent le pire pour le pays de houphouet boigny qui n’a pas encore fini de soigner ses plaies consécutives à l’insurrection armée des années 2000.
Alors qu’il est exclu du scrutin, l’ancien président Gbagbo a juré que nul ne peut l’empêcher de competir.
L’ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo, radié de la liste électorale, confie avoir reçu des appels de l’extérieur dans l’affaire d’un plan de substitution à sa candidature pour la présidentielle, au regard de son inéligibilité.
« Il y a des gens qui cherchent des plans B, des plans C, D, mais pourquoi pas un plan Z. Mais, ça c’est l’être humain, l’être humain est comme ça. Et il y en a qui appellent mes amis qui sont dans d’autres pays pour que ceux-là m’appellent pour dire qu’eux, ils veulent faire partir d’un plan », a dit M. Gbagbo.
Le leader du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI, opposition), Laurent Gbagbo s’exprimait à l’occasion d’une récente visite à Mama (Ouest), son village natal, où il a échangé avec la jeunesse de sa formation politique.
« Je dis, il y a un plan ici, c’est Gbagbo. S’il veut faire partie d’un plan, il vient avec Gbagbo et puis c’est tout », a insisté le président du PPA-CI. Quelques semaines après Ahoua Don Mello, un cadre du parti, a adressé au président du PPA-CI une lettre ouverte.
Dans cette lettre, Ahoua Don Mello, cadre du PPA-CI, a invité le parti à « éviter de répéter la politique de la chaise vide au risque de vider le parti de sa substance non idéologique et non résiliente après les élections de 2025 et de perdre toute influence sur la scène politique ».
Pour Don Mello, étant donné qu’il a « engendré plusieurs Gbagbo capables de relever le défi », il propose qu’il « autorise, en plus de ta candidature, deux ou trois autres camarades à déposer leurs dossiers de candidature et qu’une Convention extraordinaire puisse choisir le candidat du parti parmi ceux qui passeront au filtre du Conseil Constitutionnel ».
Que « ces candidatures ne soient pas des candidatures de substitution à la tienne mais des candidatures de précaution. Elles deviennent caduques au cas où ta candidature est retenue par une solution politique », a précisé M. Ahoua Don Mello, ex-directeur général du Bureau national d’études techniques et de développement (BNETD).
« Il n’y a ni plan B, ni plan de précaution. Cette diversion, orchestrée de manière grossière, vise uniquement à masquer le fait que le RHDP, lui, n’a toujours pas de candidat officiellement déclaré, à trois mois du scrutin », a réagi le PPA-CI, dans une note signée par son président exécutif, M. Sébastien Dano Djédjé.
Ahoua Don Mello, un cadre du PPA-CI, chargé du panafricanisme, a annoncé, il y a quelques jours, sa candidature à l’élection présidentielle ivoirienne du 25 octobre 2025, alors qu’il ne bénéficie pas du parrainage de sa formation politique.
Un roi alerte sur la situation politique
Sa Majesté Nanan Amon N’Douffou V, roi du Sanwi
Sa Majesté Nanan Amon N’Douffou V, roi du Sanwi, situé dans le Sud-Est de la Côte d’Ivoire, adresse une lettre ouverte au peuple ivoirien, « face à l’ombre d’un éventuel nouvel affrontement non souhaité », à trois mois de l’élection présidentielle ivoirienne.
« Aujourd’hui, je t’écris à cœur ouvert, non pas dans l’intimité d’une maison, mais en portant ma voix là où tous peuvent l’entendre. Car, ce que je vois, ce que je pressens, ne menace pas seulement ta famille, mais bien plus large encore. Tes enfants, nos enfants, ceux que nous avons vus naître, grandir, rire ensemble, sont au bord du gouffre », indique la lettre du roi du Sanwi, Nanan Amon N’Douffou V, adressée au peuple ivoirien.
Dans cette missive, le garant de cette organisation sociale traditionnelle, alerte sur la situation politique et fait observer une « montée de la colère, des cris, la haine (…) et dans cette tension sourde, j’entends déjà les pas d’une éventuelle violence ».
« Un affrontement semble se préparer, peut-être même une guerre à éviter. Et toi, ma fille (Côte d’Ivoire), tu te tiens là, entre deux mondes : celui de la paix que tu as toujours voulu, et celui du sang qui pourrait menacer de tout emporter », avertit Sa Majesté Nanan Amon N’Douffou V.
« Alors permets-moi de te parler, non en mère (conseiller) seulement, mais en conscience. Ce que tu fais maintenant, ce que tu dis, ce que tu refuses ou acceptes en silence, peut changer le cours des choses. Tu peux être la voix qui s’élève pour dire non », dit-il.
« Non à la vengeance, non à la haine transmise comme héritage, non à la répétition des douleurs anciennes. Dis à tes enfants et à tous ceux qui s’écoutent que le sang d’un frère, d’un voisin, d’un ancien ami, ne lave aucune honte et ne redonne aucun honneur », lance Nanan Amon N’Douffou V.
Pour Nanan Amon N’Douffou V, « il est possible d’avoir mal sans devenir meurtrier (et) il est possible de se souvenir sans haïr ». Cette lettre au peuple de Côte d’Ivoire intervient dans un contexte où les divergences entre la classe politique font planer une crise.
L’histoire politique de la Côte d’Ivoire est jalonnée de crises politico-militaires, dont les causes et les enjeux majeurs tournent autour des questions liées à la bataille pour le pouvoir d’Etat. Dans cette optique, le Royaume du Sanwi, un royaume Akan, tire la sonnette d’alarme.
Dans la perspective de l’élection présidentielle du 25 octobre 2025, le Front commun, formé par les principaux partis de l’opposition, le PPA-CI et le PDCI, demande « la réintégration sur la liste électorale de Laurent Gbagbo, Tidjane Thiam, de Guillaume Soro, ainsi que de Charles Blé Goudé et Noël Akossi Bendjo. »
Le Front commun exige, en outre, la révision de la liste électorale, au titre de l’année 2025, conformément au Code électoral, l’audit indépendant de la liste électorale pour corriger les anomalies, ainsi que la réforme de la Commission électorale indépendante (CEI) en vue de garantir un scrutin transparent.
Une marche du Front commun PPA-CI/PDCI, regroupant le parti de Laurent Gbagbo et de Tidjane Thiam, ex-CEO de Crédit Suisse, est prévue le samedi 02 août 2025 à partir de 8h, à Abidjan. Elle débutera dans la commune de Marcory pour finir à la Place de la République, au Plateau.
Tam tam info news


