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Ibrahim Traoré à la présidence tournante de la Confédération de l’AES

Ibrahim Traoré à la présidence tournante de la Confédération de l’AES

La 2ᵉ session ordinaire du Collège des chefs d’État de l’AES a pris fin à Bamako avec l’élection du président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré à la tête de la Confédération, confirmant la volonté des pays sahéliens de renforcer la coopération et la sécurité régionale.
Cette session a été marquée par des discours engagés au ton percutant et des élans révolutionnaires.
L’Afrique que la jeune génération attendait est enfin là, prête à faire entendre sa voix dans le concert des nations, sans complexe ni peur.

Le capitaine Ibrahim Traoré, président du Burkina Faso, a été désigné, nouveau président de la Confédération des États du Sahel (AES) pour un mandat d’un an, succédant au général Assimi Goïta du Mali, à l’issue de la 2ᵉ session ordinaire du Collège des chefs d’État tenue à Bamako, selon le communiqué final transmis à APA.

La rencontre a réuni les trois dirigeants de l’AES : le général Assimi Goïta, le capitaine Ibrahim Traoré et le général Abdourahamane Tiani.

Renforcement institutionnel et sécurité

Au cours de la session, les chefs d’État ont adopté quatre protocoles additionnels au traité fondateur de l’AES, portant sur la défense et la sécurité, la coordination diplomatique, la coordination des actions de développement et les sessions confédérales des parlements. Ces instruments visent à établir « une architecture institutionnelle solide et efficace », rapporte l’agence africaine de presse.

Le Collège a également « fermement condamné les tentatives ignobles et vaines de déstabilisation des pays de la Confédération par des terroristes, soutenus par des sponsors étatiques étrangers ». Les dirigeants ont salué la coordination entre les forces de défense et de sécurité, soulignant que les opérations conjointes ont permis de « réduire drastiquement les capacités de nuisance des terroristes ». La remise de l’étendard à la Force Unifiée de l’AES (FU-AES) a marqué l’entrée en activité de cette force militaire commune.

Identité confédérale et développement économique

Les chefs d’État ont salué les actions menées pour renforcer l’identité confédérale, avec un logo, un drapeau, un hymne officiel, une devise et des documents d’identité et de voyage. Une Télévision AES, une Radio AES et une Banque confédérale pour l’Investissement et le Développement (BCID-AES) seront prochainement opérationnelles.

Sur le plan économique, le Collège a salué l’opérationnalisation du Prélèvement Confédéral (PC-AES) et la création de la BCID-AES, « en vue d’un financement endogène, pérenne et prévisible des projets et programmes confédéraux », tout en encourageant la convergence des politiques économiques et la libre circulation des personnes et des biens.

Négociations avec la Cédéao

Concernant la Cédéao, les chefs d’État ont approuvé les conclusions des consultations du 22 mai 2025 et réitéré leur engagement à conduire les négociations « de bonne foi et dans un esprit constructif ». La Confédération « s’inscrit dans une démarche visionnaire, devant conduire à la réalisation d’une Fédération des trois États ».

Dans son discours d’acceptation, le président Ibrahim Traoré a salué le leadership du général Assimi Goïta et placé sa mission « sous le sceau de la continuité des actions déjà menées », tout en présentant les axes prioritaires de la Feuille de route de l’An II.

La session s’est achevée sur une note de satisfaction quant à l’exécution des décisions de la première session tenue le 6 juillet 2024 à Niamey.

Dans la matinée à l’ouverture de la deuxième session ordinaire du Collège des chefs d’État de l’AES, les présidents du Mali, du Burkina Faso et du Niger ont défendu la Confédération comme un choix souverain face aux ingérences, aux divisions internes et à l’insécurité persistante au Sahel.

Les présidents Assimi Goïta, Ibrahim Traoré et Abdourahamane Tiani ont réaffirmé leur détermination à consolider la Confédération des États du Sahel (AES), lors de cette session ordinaire du Collège des chefs d’État, marquée par des discours offensifs contre « l’impérialisme » et les « ingérences extérieures ».

Dans son discours d’ouverture, le président malien Assimi Goïta, également président en exercice de la Confédération, a rappelé que l’AES est née en 2023 de « la nécessité d’une réponse commune face aux menaces sécuritaires, politiques et économiques », notamment pour éviter « que ne se reproduisent, dans notre espace, les scénarios tragiques vécus en Libye en 2011 ».

« Conscients du danger qu’une telle démarche faisait peser sur l’ensemble du Sahel, et convaincus que seule l’union permettrait de surmonter nos épreuves, nous avons décidé de constituer un front commun », a-t-il déclaré, saluant « l’engagement sans faille de nos vaillantes populations confédérales ».

Le chef d’État malien a dressé un bilan des acquis de la Confédération autour de ses trois piliers : défense et sécurité, diplomatie et développement, annonçant notamment la création d’une « Banque confédérale pour l’investissement et le développement, dotée d’un capital initial de 500 milliards de francs CFA », ainsi que le lancement de la télévision AES et de documents de voyage communs.

« Grâce à l’engagement et au professionnalisme de nos forces de défense et de sécurité, plusieurs milliers de terroristes ont été neutralisés, des centaines de sanctuaires détruits et d’importantes quantités d’équipements saisies », s’est-il félicité.

Traoré alerte sur « l’hiver noir » menaçant l’Afrique de l’Ouest

Dans un discours particulièrement offensif, le président burkinabè Ibrahim Traoré a alerté sur ce qu’il a qualifié d’« hiver noir » menaçant l’Afrique de l’Ouest. « Je le dis en toute responsabilité : quelque chose se prépare en Afrique de l’Ouest. Je l’ai appelé ´l’hiver noir’. Cet hiver arrive. Il sera froid, sanglant et meurtrier », a-t-il prévenu.

« La guerre se déplace vers l’Afrique de l’Ouest. Les impérialistes font tout pour mettre la région à feu et à sang. Et pendant ce temps, certains dirigeants et certaines populations font semblant de ne rien voir, ou pire, deviennent complices de ce qui se prépare », a-t-il dénoncé.
Le Capitaine Ibrahim Traoré, a tenu de vives critiques contre certains analystes et acteurs médiatiques.

D’entrée de jeu, le chef de l’État burkinabè a annoncé qu’il ne ferait pas dans la langue de bois. S’en prenant à des voix critiques de l’AES sur les plateaux de télévision, il a dénoncé ce qu’il considère comme des discours de haine et de division.

« Nous ne pouvons pas comprendre que des Noirs en Afrique de l’Ouest prient Dieu pour que les terroristes tuent des populations noires », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Des individus qui sont sur leurs plateaux de télévision et qui, tous les jours, crachent leur venin toxique pour attiser la haine entre les communautés. Ils sont généralement très vilains, avec leur gueule de musaraigne. »

Dans la même veine, le Président du Faso a estimé que ces discours participent à fragiliser davantage une région déjà confrontée à de multiples crises sécuritaires et géopolitiques. Il a appelé les populations à ne pas se laisser manipuler par ce qu’il a qualifié de narratifs toxiques.
Évoquant des précédents géopolitiques observés ailleurs dans le monde, il a dit craindre l’arrivée d’une période particulièrement sombre pour l’Afrique de l’Ouest.

« J’ai appelé cela l’hiver noir », a-t-il affirmé, le décrivant comme « très froid », « sanglant », « meurtrier ». Selon lui, cette phase serait marquée par des violences accrues, des divisions internes et des tentatives d’imposition de volontés extérieures.

Face à cette perspective, le chef de l’État burkinabè a présenté la Confédération AES comme un rempart. Il a utilisé une métaphore récurrente dans son discours pour illustrer cette vision : « En fondant la Confédération AES, nous avons allumé un feu : un feu qui va réchauffer le cœur des Africains, un feu qui va réchauffer les mentalités et le sang des Africains pour nous unir. »

Le Capitaine Ibrahim Traoré a poursuivi en appelant à « construire des manteaux » et « des montagnes » symboliques, afin de se protéger collectivement contre les vents violents de cet « hiver » annoncé.

Il a également interpellé les élites politiques et certaines franges des populations qu’il accuse de minimiser les dangers à venir. « Pourquoi est-ce que nous ne pouvons pas voir le danger venir, nous unir et nous prémunir ? », s’est-il interrogé, évoquant le risque de conflits internes et de pertes humaines massives si l’unité venait à faire défaut.

Tout en appelant à la retenue et à la sérénité, il a exhorté les populations à privilégier la communication et la cohésion plutôt que la violence. « Aucune manipulation ne doit aujourd’hui nous diviser », a-t-il insisté, tout en réaffirmant sa confiance dans la résilience des peuples de la région.

Le Président du Faso a réitéré sa détermination face aux défis sécuritaires et politiques. « Nous allons vaincre le terrorisme. Nous allons nous développer et nous allons nous affirmer. Nous allons avoir notre place dans le concert du monde », a-t-il déclaré, avant de saluer « une population résiliente, résistante » et d’invoquer la protection divine pour les peuples de l’AES.
Le capitaine Traoré a également critiqué les « chefs d’État lâches » qui « se cachent derrière des médias pour décourager, insulter et attiser la haine entre les populations », appelant à « avoir le courage de se dire la vérité, aussi crue soit-elle ».

« Une chose est certaine : l’AES vaincra et l’AES grandira. Restez sereins. Aucune manipulation ne pourra nous diviser ni nous pousser à la haine », a-t-il martelé.

Tiani dénonce les « forces étrangères de prédation »

S’exprimant à son tour, le président nigérien Abdourahamane Tiani a insisté sur le caractère « souverain et irréversible » de la création de l’AES, présentée comme « la réponse à plus d’une décennie d’insécurité, de massacres et d’échecs des mécanismes internationaux ».
Pour le président de la république, chef de l’état, le général d’armée Abdourahame tiani :
« Désormais, les décisions qui concernent nos peuples se prennent à Ouagadougou, à Bamako, à Niamey sur le territoire confédéral par les autorités de la Confédération et pour les citoyens de la Confédération et nulle part ailleurs. C’est le plus grand héritage que nous puissions léguer aux générations futures et que nous devrons tous garder jalousement. »

Décider pour soi à Ouagadougou, Bamako, et Niamey, c’est aussi raconter son histoire depuis Ouagadougou, Bamako, et Niamey. C’est ainsi qu’il y a 64 ans, Lumumba dira:

« L’histoire dira un jour son mot, mais ce ne sera pas l’histoire qu’on enseignera aux Nations Unies, Washington, Paris, ou Bruxelles, mais celle qu’on enseignera dans les pays affranchis du colonialisme et ses fantoches. »
« Il n’existe pas de développement sans indépendance réelle », a-t-il affirmé, dénonçant les systèmes antérieurs d’avoir « favorisé la prédation des ressources, la dépendance économique et l’humiliation des peuples sahéliens ».

Le général Tiani a également accusé des « puissances impérialistes », citant explicitement la France, de mener des « tentatives de déstabilisation, la guerre de communication, les sanctions économiques et les manœuvres d’isolement », tout en assurant que ces actions ont « échoué face à la résilience des peuples sahéliens ».

Les trois dirigeants ont rendu hommage aux forces de défense et de sécurité engagées contre le terrorisme et ont réaffirmé leur volonté de faire de l’AES « un cadre durable de souveraineté, de sécurité collective et de développement au service exclusif des peuples du Sahel ».

Le président Goïta a également remercié ses homologues « pour leur solidarité agissante à l’égard des populations maliennes qui, depuis l’annonce de la tenue de cette deuxième session, subissent un terrorisme économique d’une ampleur sans précédent ».

Parmi les projets annoncés figurent une autoroute et une ligne ferroviaire reliant Bamako, Niamey et Ouagadougou, ainsi qu’une centrale d’achat des produits de première nécessité.

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