Faisons preuve d’humilité et de patience face aux injustices, car la justice humaine ne peut pas être parfaite comme la justice divine qui repose strictement sur l’omniscience totale, l’infaillibilité intégrale, son impartialité absolue et sa constance éternelle : aucun acte, aucune intention, n’échappe au jugement suprême. Elle n’est ni arbitraire ni changeante, contrairement aux décisions humaines qui peuvent être influencées par notre époque, nos émotions, nos valeurs personnelles, notre éducation, les préjugés ou le manque d’informations.
Un adage nous rappelle : comparaison n’est pas raison. Rapprocher deux choses n’établit aucune preuve en logique et en science ; ce principe rappelle que corrélation n’implique pas causalité, cela éclaire simplement des ressemblances et des similitudes sans jamais démontrer une vérité vérifiable en tout temps et en tout lieu. Si la justice humaine demeure une nécessité concrète, mais faillible, limitée par le temps ou influencée par des imperfections, sans un système de lois et d’institutions pour régler les conflits, protéger les droits et punir les infractions, la vie en communauté sombrerait dans le chaos ou la loi du plus fort. En outre, dans les faits, la qualité de la défense ou la capacité à faire valoir ses droits, dépend souvent de ressources économiques, sociales ou culturelles, rendant la justice parfois inégalitaire. Quant à la justice divine, elle, s’impose comme un idéal absolu, perçue comme le modèle ultime de l’équité, échappant aux faiblesses et à la corruption des systèmes judiciaires.
Cette analyse se veut réflexive, ouverte et académique pour permettre aux citoyens de prendre du recul et de croiser les perspectives sans s’enfermer dans un cadre normatif ou dogmatique. En effet, la justice des hommes reste un outil indispensable : elle maintient l’ordre, protège les faibles, sanctionne les infractions. Elle s’appuie sur des preuves, des enquêtes, des lois, des textes. Mais elle ne juge que ce qui se voit. Combien de fois nous est-elle apparue lente, insatisfaisante, prisonnière des apparences qu’elle peine à dépasser ? Une justice qui cherche en vain à imiter la perfection, reste limitée par notre condition humaine, nos erreurs et nos insuffisances. Son imperfection n’est pas un accident : c’est la condition même de toute œuvre humaine.
La justice divine, à l’inverse, est un attribut parfait et immuable. Sainte, impartiale, équitable par nature, elle se présente comme une rétribution ultime, que nulle corruption terrestre ne saurait atteindre. Devant elle, tous les êtres sont traités avec la même équité, sans faveur ni distinction de rang. Là où les Tribunaux s’arrêtent aux actes, elle sonde les cœurs, les intentions, l’invisible. Et parce qu’elle est indissociable de la grâce et de la miséricorde, elle offre une rédemption que la justice des hommes, elle, ne sait offrir. Chaque acte que nous posons, fût-il du poids d’un atome, y est consigné.
Conséquemment, il est essentiel que notre système judiciaire puisse fonctionner de manière efficace pour garantir une justice accessible, compréhensible, protectrice de l’égalité de tous devant la loi. La refondation ayant placé notre système judiciaire au cœur des réformes prioritaires pour mieux encadrer notre souveraineté, aspire à une justice rapide et équitable. Dès lors, les magistrats, les jurés et les législateurs sont fortement incités à rehausser les standards professionnels et éthiques, conformement aux vœux ardents du Président de la République, Chef de l’État, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani. Craindre Allah n’est pas une peur qui paralyse : c’est une pureté du cœur, une clarté de conscience, une vigilance de chaque instant sur ce que l’on fait. La crainte d’Allah oblige les magistrats à analyser intelligemment, à cultiver la tolérance, à réparer les torts, à appliquer strictement les règles juridiques en vigueur pour trancher un litige, de manière neutre, impartiale et équitable.
De ce fait, la crainte d’Allah est une solution centrale à toutes épreuves : en obéissant à Ses commandements, en nous détournant de Ses interdits, en cherchant sans relâche Son pardon et Sa guidance. Réfugions-nous auprès de Lui contre le mal qui loge en nos âmes et contre les conséquences de nos actes. Celui qu’Il guide, nul ne peut l’égarer ; celui qu’Il égare, nul ne peut le guider. Et respectons, à notre tour, ceux à qui l’autorité a été confiée parmi nous, tant que leurs décisions demeurent justes et conformes à l’éthique.
Qu’Allah, le Très-Haut, nous donne la force d’accomplir ce qu’Il aime, la sagesse dans la parole, la sincérité dans l’acte, la constance dans l’obéissance. Et que la raison comme la justice guident, sans jamais faiblir, les pas y compris de ceux qui nous dirigent (autorités politiques, administratives, juridiques et chefferie traditionnelle) au service de l’harmonie, de la paix, de la cohésion et du bien-être de tous.
Par Moustapha Kadi Oumani


