Depuis son arrivée au pouvoir, le président kaka deby a fait de la lutte contre la Corruption un de ses axes prioritaires.
C’est dans ce cadre qu’il a créé l’autorité indépendante de lutte contre la Corruption.
Créée par Ordonnance du 1er août 2023 et aujourd’hui confrontée à des irrégularités qu’elle dénonce, l’Autorité indépendante de lutte contre la corruption (AILC) a pour mission de prévenir et réprimer la corruption tout en prônant la bonne gouvernance au Tchad.
À l’occasion de la Journée internationale contre la corruption, l’équipe dirigeante de l’Agence tchadienne de lutte contre la corruption (AILC) a présenté les actions menées tout au long de l’année 2025. Selon le Contrôleur général, Ousman Djougourou, l’institution a réalisé 37 missions de contrôle et d’audit durant l’année, rapporte l’agence africaine de presse.
Ces missions ont concerné de nombreux ministères, notamment ceux des Finances, du Pétrole, de la Santé, des Mines, de la Fonction publique, de la Communication et des Armées, ainsi que le Trésor, la Direction générale des Impôts, l’Office national de la Sécurité alimentaire, l’École nationale des Sciences et technologies de l’Information et de la Communication, la Société nationale d’Électricité, l’Autorité de régulation du secteur pétrolier aval et la Mairie de N’Djamena. Des projets tels que le PARAEB, le PRPSS et le PRODEST ont également été audités.
Les résultats de ces missions révèlent des irrégularités marquantes. Le Contrôleur général indique que les recrutements autorisés par la Loi de finances 2025 ont été largement dépassés : 1 725 agents ont été embauchés alors que le quota légal était de 1 000, soit 725 recrutements sans base juridique. Dans ce cas, l’AILC a fait annuler les recrutements irréguliers et prononcer des sanctions à l’encontre des responsables.
En matière de détournements massifs de fonds publics, les audits ont mis au jour plusieurs anomalies. Dans la province du Ouaddaï, 6 milliards de francs CFA de fonds fictifs ont été identifiés, tandis que pour la construction de la digue de Walia, 5,6 milliards ont été indûment perçus.
Les missions ont également révélé des pertes fiscales importantes. Pour l’année 2025, l’État tchadien a perdu 225 milliards à cause d’exonérations illégales accordées à la CNPCIC, et 63 milliards de recettes publiques n’ont pas été reversés au Trésor par les banques.
Globalement, les missions ont généré 910,97 milliards FCFA de redressements et 120,66 milliards de recouvrements. Plus de 20 dossiers contentieux ont été ouverts, impliquant 92 personnes : 54 relevées de leurs fonctions, 38 poursuivies, 6 condamnées, 18 en détention et 14 recherchées. 31 véhicules de l’État indûment détenus ont également été récupérés.
Pour 2026, l’AILC prévoit 60 missions de contrôle, d’audit et d’investigations, ainsi que deux réformes légales et trois stratégies nationales contre la corruption.
Ousman Djougourou a insisté sur la culture de l’intégrité et la participation citoyenne. Il a invité les agents de l’administration, les opérateurs économiques et les citoyens à faire de l’intégrité une valeur fondamentale.
« La corruption brise des rêves et freine le développement. N’hésitez pas à dénoncer les cas d’abus, le détournement de fonds et biens publics. Le 1222 est disponible et gratuit pour tout signalement», a-t-il soutenu.
Selon l’AILC, l’indice de perception de la corruption place le Tchad 158e sur 180 pays, la première cause étant la mauvaise gouvernance. Avec une population composée à 70 % de jeunes, le Contrôleur général entend mobiliser cette jeunesse dans la lutte contre la corruption.
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