Après la menace d’une intervention américaine contre les terroristes qui ècument le nord Nigeria, le président tinubu avait contraint l’ex ministre nigérian de la défense à la démission et nommer dans la foulée à sa place l’ex chef d’état major des armées, le général Christopher Musa.
Celui-ci au cours de la cérémonie de sa confirmation devant le sénat a exclu toutes négociations avec les terroristes.
Le général Christopher Musa, nouveau ministre nigérian de la Défense, a affirmé qu’il n’y aurait aucune négociation ni paiement de rançon aux terroristes dans le pays.
S’exprimant mercredi à Abuja devant le Sénat nigérian, lors de son audition de confirmation, le général Musa, ancien chef d’état-major général des Armée et actuel ministre de la Défense, a déclaré que la lutte du Nigéria contre l’insécurité resterait inefficace tant que le pays n’aurait pas établi une base de données nationale unifiée recensant chaque citoyen et reliant tous les systèmes de sécurité, bancaires et d’identité, rapporte l’agence africaine de presse.
Le général Musa a exhorté les gouvernements à tous les niveaux à appliquer une interdiction totale du versement de rançons et de toute négociation avec les terroristes. Il a mis en garde : de telles actions ne font qu’« autonomiser les criminels ».
« Il n’y a aucune négociation avec les criminels. Lorsque les gens paient des rançons, cela donne aux terroristes le temps de se regrouper, de se réarmer et de planifier de nouvelles attaques. Les communautés qui ont négocié ont quand même été attaquées par la suite », a-t-il déclaré.
Il a ajouté que l’argent des rançons pouvait être surveillé numériquement, insistant sur le fait que le système bancaire nigérian possède la capacité de tracer les flux financiers liés à la criminalité s’il est pleinement activé.
« Les efforts cinétiques seuls ne peuvent gagner la guerre », a-t-il averti.
Selon le Gl Musa, les opérations militaires ne représentent que 25 à 30 % des efforts de contre-insurrection. Il a souligné que la pauvreté, l’analphabétisme, la mauvaise gouvernance et la faiblesse des structures de gouvernement local, continuent d’alimenter les activités criminelles.
Il a interpellé les administrateurs des États et des gouvernements locaux, les sommant de prendre la responsabilité du renseignement au niveau communautaire et de l’intervention précoce. Les agences de sécurité ne peuvent, selon lui, supporter seules l’intégralité du fardeau national.
Le général Musa a également critiqué la lenteur du système judiciaire nigérian, notamment les procès prolongés pour terrorisme et enlèvement, avertissant que ces délais affaiblissent le moral des forces armées.
« Dans certains pays, les affaires de terrorisme sont traitées de manière décisive. Ici, les affaires s’éternisent pendant des années. Cela décourage les forces de sécurité qui risquent leur vie pour procéder à des arrestations », a-t-il déploré.
Il a recommandé des réformes juridiques urgentes, incluant la création de tribunaux spéciaux antiterroristes, des peines renforcées et des audiences accélérées.
Le ministre a alerté sur la résurgence d’activités criminelles dans les corridors maritimes reliant l’État d’Akwa Ibom au Cameroun, mettant en garde contre la réapparition de vols en mer, de piraterie et d’enlèvements côtiers.
Il a confirmé que l’Opération Delta Safe a été étendue pour couvrir des zones auparavant calmes qui connaissent désormais des infiltrations.
Musa a également appelé à une interdiction totale de l’exploitation minière illégale, qu’il a décrite comme une source de financement majeure pour les groupes armés opérant dans les ceintures forestières du pays.
Il a révélé son intention de retirer les soldats des postes de contrôle de routine à l’échelle nationale afin de libérer des forces pour des opérations ciblées à l’intérieur des forêts et des zones non gouvernées.
Il a souligné que le rétablissement d’un accès sûr aux terres agricoles restait une priorité absolue, décrivant la sécurité alimentaire comme un pilier essentiel de la stabilité nationale.
« Un homme affamé est un homme en colère. Protéger les agriculteurs, c’est protéger la nation », ont rapporté des médias locaux, citant Musa.
Après cette audition réussie, le général Musa sera officiellement assermenté par le président Tinubu pour prendre ses fonctions de ministre de la Défense du Nigéria. Le pays traverse sa pire crise sécuritaire depuis des décennies, marquée par l’enlèvement fréquent d’écoliers, de voyageurs et d’autres personnes contre rançon.
Le gros problème du Nigeria ce sont les potentats locaux et certains politiciens véreux qui gravitent autour du pouvoir à Abuja.
Des conseillers en sécurité du président tinubu comme nuhu ribado, des ministres comme mutawalle et bien d’autres sont des relais du terrorisme, ils doivent être écartés des arcanes du pouvoir afin qu’une vraie stratégie de lutte contre le terrorisme soit élaborée et mise en exécution.
L’armée nigériane dispose des hommes et d’équipements pour faire face à cette tragédie, mais c’est la volonté politique qui y manque.
De même le manque de coordination avec ses voisins, le Tchad et le Niger prive le Nigeria d’une grande capacité pour endiguer le fléau.
Il ne sert à rien de changer de ministre de la défense tant que le mal n’est pas combattu à ses racines.
Aujourd’hui, le terrorisme est une grande industrie florissante au Nigeria, notamment au nord, des pans entiers de la société vivent et alimentent cette économie criminelle. Des complicités sont éparses et dans tous les milieux. En dépit de tout cela, l’état nigérian peut y mettre fin. Il faut simplement le vouloir et agir en conséquence sans état d’âme.
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