Le patriotisme ne se proclame pas. Il se prouve dans la manière dont nous vivons, dont nous travaillons ou dont nous considérons le bien commun.
Chérir son pays, ce n’est pas seulement être fier de son drapeau, de son histoire et de ses symboles. C’est respecter ceux avec lesquels nous partageons cette même patrie, préserver ce qui nous rassemble et comprendre que nous avons tous une responsabilité dans le destin de notre nation.
Être patriote, c’est servir son pays avec conscience et dignité. C’est respecter ses devoirs autant que l’on revendique ses droits. C’est comprendre que la liberté ne peut s’exercer sans obligations, que les droits ne peuvent être durables sans charges et qu’aucune société ne peut avancer lorsque les citoyens ne pensent qu’à ce qu’ils peuvent recevoir sans se demander ce qu’ils peuvent apporter à leur nation.
Le patriotisme véritable se construit donc dans la discipline, l’intégrité et le sens de l’intérêt général. Il se manifeste dans le respect strict des règles communes, dans la protection des institutions publiques et privées, dans la solidarité envers les plus vulnérables et dans la volonté de contribuer, chacun à son niveau, à la marche de la collectivité. Pour l’écrivain américain Mark Twain : « Le patriotisme, c’est soutenir son pays tout le temps, et son Gouvernement quand il le mérite. »
Ainsi, apprécier son pays ne signifie pas fermer les yeux sur les difficultés du moment.
Au contraire, il faut suffisamment aimer sa patrie pour avoir le courage de regarder ses faiblesses en face. L’indiscutable patriote ne détruit pas son pays par des critiques ; il cherche à le défendre, à proposer des solutions et, lorsque cela est possible, à participer à sa transformation.
Questionner n’est pas trahir. Proposer n’est pas se rebeller. Reconnaître ce qui ne fonctionne pas n’est pas manquer de patriotisme…
Lorsque la critique est guidée par l’amour du bien commun, elle peut devenir une forme de responsabilité véritable. Lorsque l’engagement est accompagné de compétence et d’intégrité, il peut devenir une excellente contribution à la nation.
En effet, une nation ne devient pas forte uniquement par les décisions de ses dirigeants ou par les richesses de son territoire. Elle devient forte lorsque ses citoyens prennent conscience que le développement économique, social et culturel du pays dépend de leurs propres comportements.
A priori, le Niger a besoin de citoyens qui travaillent avec sérieux, qui étudient avec ambition, qui entreprennent avec courage, qui servent avec probité et droiture en vue de transmettre aux générations futures quelque chose de meilleur que ce qu’ils ont reçu.
Notre pays a besoin de tout le monde et d’une forte dose de citoyens capables de défendre les structures étatiques, lorsqu’elles servent l’intérêt commun, de demander leur amélioration lorsqu’elles présentent des faiblesses et de préserver, malgré les différences et la pluralité des opinions ce qui nous unit.
Le patriotisme ne consiste pas à penser que son pays est parfait. Il consiste à considérer que, malgré les imperfections, il mérite que nous travaillions à le rendre préférable à tous les autres.
Nous ne choisirons pas les circonstances dans lesquelles nous vivons, mais nous pouvons choisir ce que nous en faisons.
Chaque citoyen possède une part, aussi minime soit-elle, dans la construction de la nation : un savoir à transmettre, un travail à accomplir, une responsabilité à assumer, une injustice à combattre, une génération à préparer ou simplement un comportement digne à adopter…
C’est ainsi que se construit une nation : non pas uniquement par les grandes réalisations, mais par l’accumulation de petits actes essentiels, bénéfiques au grand nombre.
Le patriotisme n’est donc pas seulement l’amour d’une terre. C’est la fidélité à un peuple, le respect d’un héritage et la responsabilité d’un avenir.
À nous de faire en sorte que ceux qui viendront après nous, puissent regarder notre génération avec respect et reconnaissance en se disant que nous n’avons pas seulement hérité d’un pays : nous avons contribué à le bâtir. A cet égard, la question de la reconnaissance officielle à travers la valorisation publique et les petites attentions, est essentielle dans la manière dont s’actualise le patriotisme. L’initiave salutaire et bienfaisante du CNSP (Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie) et du Gouvernement de la Refondation de reconnaître les mérites des citoyens dévoués, est un acte important, essentiel et capital qui incite les citoyens à se démarquer.
Qu’Allah bénisse le Niger, protège son peuple et inspire ses dirigeants comme chacun de ses citoyens.
Qu’Il renforce notre unité dans notre diversité, apaise nos cœurs et nous donne la sagesse de privilégier ce qui nous rassemble plutôt que ce qui nous divise.
Qu’Il guide notre pays vers la croissance, la paix durable, la justice véritable, une liberté responsable et une prospérité qui profite à tous. Amen !
Par Moustapha Kadi Oumani


