Avant toute analyse, ayons une pensée pieuse pour nos vaillants éléments des Forces de Défense et de Sécurité tombés au champ d’honneur lors de la récente attaque terroriste dans la région de Téra. Nous présentons nos condoléances les plus sincères à leurs familles, à leurs frères d’armes ainsi qu’à l’ensemble du peuple nigérien. Nous adressons également nos vœux de prompt rétablissement aux blessés. Que le sacrifice de nos martyrs pour la défense de la patrie ne soit jamais oublié.
Les interrogations des citoyens sont légitimes. Elles traduisent l’attachement de chacun à la protection de nos Forces de Défense et de Sécurité ainsi que la volonté de voir leurs conditions d’engagement constamment renforcées.
Il est toutefois essentiel d’analyser cette situation avec lucidité. Le Niger ne fait pas face à une guerre conventionnelle, mais à une guerre asymétrique. Dans ce type de conflit, l’ennemi est rarement visible. Il se fond dans la population, évite les affrontements directs et privilégie les embuscades, les engins explosifs improvisés (EEI) et les attaques par surprise. Cette réalité est largement documentée par les Nations Unies, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et les principales institutions spécialisées dans l’étude des conflits.
Dans un tel contexte, aucune armée au monde n’est totalement à l’abri. Les États-Unis en Afghanistan, la France au Sahel ou encore plusieurs armées engagées dans la lutte contre le terrorisme ont également subi des pertes provoquées par les mines et les engins explosifs improvisés.
Malgré cette menace particulièrement complexe, les Forces de Défense et de Sécurité du Niger figurent parmi les armées les plus aguerries de la sous-région. Selon le Global Terrorism Index 2025, le Sahel concentre 51 % des décès liés au terrorisme dans le monde, ce qui en fait l’épicentre mondial de cette menace. Malgré cette pression exceptionnelle, le Niger demeure l’un des principaux remparts contre l’expansion des groupes terroristes. Les analyses de l’Armed Conflict Location & Event Data (ACLED) montrent également que les FDS nigériennes sont engagées simultanément sur plusieurs fronts face à des organisations particulièrement mobiles et adaptables.
Il convient aussi de rappeler que le Ministre d’État, Ministre de la Défense nationale, le Ministre d’État, Ministre de l’Intérieur, ainsi que le Chef d’État-Major des Armées, sont des officiers issus du terrain, solidement formés et rompus aux réalités des opérations militaires. Leur expérience constitue un atout majeur dans la conduite des opérations et l’adaptation permanente de notre dispositif sécuritaire.
Chaque perte est une douleur nationale. C’est pourquoi les capacités de renseignement, de détection des mines, de protection des unités et de prise en charge médicale doivent continuer à être consolidées. Le risque zéro n’existe malheureusement dans aucune guerre asymétrique.
Les groupes terroristes font aujourd’hui face à une pression militaire croissante dans l’espace de l’Alliance des États du Sahel. Les opérations coordonnées entre le Niger, le Mali et le Burkina Faso entravent progressivement leurs capacités d’action et leur liberté de mouvement. La bataille reste exigeante, mais les résultats obtenus sur le terrain permettent de garder confiance dans l’issue de ce combat.
Restons unis derrière nos Forces de Défense et de Sécurité. Honorons la mémoire de nos martyrs, soutenons nos soldats et gardons confiance. Avec la résilience de nos peuples, le professionnalisme de nos armées et la solidarité entre les États de l’AES, la victoire appartiendra au Niger, au Mali et au Burkina Faso.
Ousmane Jazy


