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Niger : de l’essence moins chère au riz subventionné, des mesures qui soulagent les populations…

Niger : de l’essence moins chère au riz subventionné, des mesures qui soulagent les populations…

Depuis l’arrivée de Son Excellence le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, Chef de l’État et Président de la République, avec le CNSP, plusieurs mesures concrètes ont été prises pour alléger le quotidien des Nigériens. Parmi les plus visibles, la baisse du prix de l’essence et du gasoil a marqué les esprits, parce qu’elle touche directement le transport, le commerce et, par effet d’entraînement, le coût de la vie. Le prix du litre d’essence Super 91 a été fixé à 499 FCFA et celui du gasoil à 618 FCFA à compter du 23 juillet 2024, conformément à l’Arrêté n° 0067MC/I/SG/DGC/DCI/LCVC du 22 juillet 2024, pris par le Ministère du Commerce et de l’Industrie.

Cette décision n’est pas isolée. Elle s’inscrit dans une orientation plus large de régulation des prix pour protéger le pouvoir d’achat dans un contexte marqué par la hausse des coûts sur les marchés internationaux. En Afrique de l’Ouest, le Niger se distingue nettement par un prix officiel de l’essence maintenu à 499 FCFA le litre, alors que plusieurs pays voisins affichent des niveaux bien plus élevés. Cette différence montre que le Niger a conservé une politique tarifaire particulière, fondée sur l’intervention publique et la volonté d’amortir le choc sur les ménages.

Les pays dont le Niger a le prix de l’essence le moins cher, dans la comparaison régionale citée, sont le Bénin, le Togo, le Liberia, le Ghana, le Burkina Faso, le Mali, le Sénégal et le Cap-Vert. Dans le document comparatif, le Niger est à 499 FCFA, alors que le Bénin et le Togo sont à 725 FCFA, le Liberia à 734 FCFA, le Ghana à 779 FCFA, le Burkina Faso à 850 FCFA, le Mali à 875 FCFA, le Sénégal à 920 FCFA et le Cap-Vert à 1 000 FCFA. Le Niger apparaît donc comme le pays le moins cher parmi ces États pour le litre d’essence.

La même logique se retrouve dans l’alimentation. L’Office des Produits Vivriers du Niger a lancé une opération de vente de riz à prix modéré, fixant le sac de 25 kg à 13 500 FCFA, contre 17 000 FCFA ou davantage sur le marché. Cette mesure a été présentée comme un soutien direct aux ménages vulnérables, avec une extension progressive sur plusieurs points de vente à Niamey et dans le pays. Dans un contexte où le riz est un produit stratégique du panier de la ménagère, cette baisse a eu un effet concret sur l’accessibilité alimentaire.

Les céréales locales ont également montré des signes de détente. Les données du Système d’Information sur les Marchés Agricoles indiquent, en 2026, une baisse modérée des prix du mil et du maïs, tandis que le riz importé est resté stable sur certaines périodes. Le Famine Early Warning Systems Network note aussi que, en mai 2026, les prix des céréales étaient globalement inférieurs à ceux de l’année précédente, avec des reculs marqués pour le mil et le maïs. Ces tendances ne signifient pas que les tensions ont disparu, mais elles confirment que l’environnement alimentaire s’est un peu amélioré par rapport aux périodes les plus difficiles.

Le Niger apparaît ainsi comme un cas à part dans la sous-région. Le carburant y reste l’un des moins chers d’Afrique de l’Ouest, et certaines bases internationales de suivi situent le pays autour de 0,866 à 0,878 USD le litre, sous la moyenne mondiale. Sur le terrain, cela allège une partie des charges de transport et soutient indirectement le prix de plusieurs biens et services. En parallèle, la vente du riz à prix modéré apporte une réponse ciblée à une demande sociale forte, dans un pays où l’alimentation pèse lourd dans le budget des familles.

Cette dynamique traduit une volonté politique claire : agir à la fois sur l’énergie et sur les denrées de base pour contenir la pression sur le pouvoir d’achat. Les résultats ne sont pas uniformes partout, et des écarts locaux peuvent encore apparaître, notamment en cas de tension sur l’offre ou de marché parallèle. Mais les mesures prises montrent une direction cohérente, avec des effets tangibles sur les prix de l’essence, du gasoil et du riz. Pour beaucoup de ménages, cela se traduit par un soulagement réel au quotidien, même si la vigilance reste nécessaire pour consolider ces acquis.

Par Ousmane Jazy.