La ville de maradi est en ébullition et pour cause, un des principaux marchés de la région est en voie de démolition par l’administrateur délégué de la ville. Pourquoi ce déguerpissement ? Quelles sont ses conséquences et quoi doivent faire les plus hautes autorités compétentes pour calmer la situation et trouver un terrain d’entente ? Notre confrère Ibrahim Amadou tente ici d’éclairer les lanternes.
La situation explosive du marché Kadro de Maradi en ce moment risque d’avoir des conséquences désastreuses si elle n’est pas gérée avec parcimonie et rapidement.
De quoi s’agit il réellement ?
L’Administrateur Délégué de la ville de Maradi, le Lieutenant-Colonel Moussa Garba Abdoulaye a ordonné à travers une notification en date du 31 juillet 2026, aux commerçants détaillants et grossistes de déguerpir de ce marché dans un délai de 15 jours pour certains et d’autres 45 jours.
Si jamais cet Administrateur Délégué met sa menace à exécution, c’est totalement l’économie de cette ville qui sera anéantie, car plusieurs centaines de commerces seront détruits. Une énorme perte non seulement pour la région, mais également pour le Niger entier.
Ce sont des centaines de familles qui subiront des dommages qu’elles seront capables de colmater dans un proche avenir.
Selon toute vraisemblance, cette situation risque de créer un désordre que personne ne peut imaginer l’ampleur.
En effet, la situation du marché Kadro est atypique. Des cadres de l’administration publique ont profité, chacun dans son domaine pour semer un désordre indescriptible qui est aujourd’hui la cause de tous ces problèmes.
Au début, c’est un responsable de l’ASECNA de Maradi qui, voyant des commerçants ambulants s’installer aux abords de l’aéroport de Maradi, et profitant sûrement du vide, s’est arrogé le privilège qui revient aux collectivités de demander aux commerçants de leur verser des taxes dans un compte géré depuis Niamey. Des années durant, personne ne connaît le montant des millions qui ont été payés à l’Asecna par des commerçants.
En quoi, une structure comme ASECNA peut solliciter à des commerçants de verser un montant pour occuper un espace public?
Il a fallu l’intervention énergique de certains cadres de la Ville de Maradi pour stopper cette supercherie. Ce n’est ni plus ni moins qu’un vol organisé dont s’est rendu coupable le Commandant de cette structure à cette époque.
La Ville de Maradi a expliqué aux commerçants désormais qu’ils n’ont absolument rien à payer à l’Asecna et que leur seul interlocuteur, c’est la Mairie centrale. C’est après ce malheureux episode que des faux ayants droits, se sont pointés pour dire que le domaine occupé par les commerçants appartient à leurs grands parents et par conséquent, ils doivent leur verser de l’argent.
Certains ont même vendu leurs soi-disant champs hérités à d’autres commerçants.
Après avoir spolié ces pauvres commerçants, une partie de l’espace a été morcelée et des actes de cession ont été établis. D’ailleurs d’autres commerçants en ont même acheté.
En somme, les ayants droits ont eu leur part, la Mairie Centrale de Maradi en a eu pour elle.
À l’arrivée de L’Administrateur Délégué actuel, il a été approché par certains commerçants pour s’approprier de l’espace.
L’AD a morcelé l’endroit pour une seconde fois sans annuler les premiers actes et établi lui aussi d’autres.
Ce bazard constitue aujourd’hui une bombe à retardement qui peut créer des troubles indescriptibles dont la gestion sera catastrophique.
L’Administrateur Délégué de la ville de Maradi ne mesure apparemment pas les risques des futurs conflits internes que son entêtement à vouloir déguerpir les commerçants du marché Kadro pourrait produire.
Mr, le Ministre d’état, nous appelons à votre humble arbitrage pour stopper l’hécatombe. C’est seulement en diligentant une enquête approfondie conduite par votre département ministériel qui peut juguler le problème avant qu’il ne soit trop tard. Cette enquête permettra de situer toutes les responsabilités et l’implication de tous les acteurs dans l’entretien de ce problème latent. En tout cas, des choses pas très orthodoxes se sont passées et tant qu’une enquête n’est pas diligentée, la bombe pourrait exploser.
Des Administrateurs ont été soudoyés par certains gros commerçants et seule une enquête indépendante pourrait définir exactement la complicité.
Le Premier Ministre Ali Mahamane Lamine ZEINE est également interpellé pour sa responsabilité de l’équipe gouvernementale à mettre de l’eau dans ce cocktail explosif.
Enfin, le Président de la République, le Général d’armée #Abdourahamane_Tiani doit s’y intéresser pour réduire les risques de désordre dans la ville de Maradi.
Par Ibrahim Amadou


