Après avoir infligé une lourde défaite aux terroristes, bras armé de la France au Sahel, les forces de défense et de sécurité nigeriennes ont poursuivi le travail d’élimination systématique des forces du mal.
À l’aube du dimanche 13 juillet 2025, les forces de défense et de sécurité de l’opération Damissa ont lancé une opération aero-terrestre d’envergure locale contre les groupes armés Lakurawa dans la localité de Toullou commune rurale de Guéchémé région de Dosso.
L’armée Nigérienne a porté un coup sévère aux réseaux terroristes opérant dans le sud du pays. Dans le cadre d’un raid aéroterrestre mené à l’aube de ce dimanche 13 juillet 2025 dans le sud du Niger, les Forces de défense et de sécurité ont neutralisé 31 terroristes et démantelé une importante base logistique sur le plateau situé à l’est du village de Toullou, dans le secteur de Guéchémé région de Dosso. L’opération, conduite sous la bannière de l’opération Damissa, vise à couper les réseaux terroristes de leurs appuis dans cette zone frontalière du Nigeria.*
En effet, le premier assaut lancé peu avant l’aurore a permis de neutraliser 22 individus armés retranchés sur le site.* L’intervention s’est poursuivie avec un ratissage méthodique des environs. C’est lors de cette phase que 9 autres éléments ennemis, tentant de s’exfiltrer en direction du Nigeria voisin, ont été interceptés et abattus sur l’axe reliant Toullou à la frontière Nigero-Nigeriane.*
Au total, 31 combattants ont été mis hors d’état de nuire, et les forces engagées ont saisi un impressionnant lot de matériel destiné à alimenter la logistique ennemie : 6 motos, 42 bidons de carburant de 25 litres chacun, 32 bidons d’huile de vidange pour motocyclettes, des vivres, des tenues de combat de type militaire, du matériel de couchage, des postes de communication avec leurs chargeurs, ainsi que plusieurs pièces mécaniques et équipements d’entretien pour motos.*
Le site, selon les premières évaluations, servait à la fois de dépôt d’approvisionnement, de lieu de regroupement pour tenir des réunions de coordination et de base de repli. Son emplacement stratégique, à quelques kilomètres seulement de la frontière Nigériane, en faisait un nœud de coordination pour les cellules actives opérant notamment vers la zone du Parc W.*
La destruction de cette base constitue un revers majeur pour les groupes armés qui tentent d’implanter des réseaux pérennes dans cette région sensible. Elle intervient dans un contexte de pression militaire accrue sur plusieurs fronts, où les forces Nigériennes, appuyées par les populations locales, multiplient les actions préventives et offensives pour contenir la menace terroriste.
Signalons que le vendredi 11 juillet 2025, 15 terroristes ont été neutralisés sur le même axe entre Toullou et la frontière Nigero-Nigeriane. Plusieurs matériels logistique ont été saisis également. Les éléments de la 72e bataillon interarmées de la compagnie Agali de Dosso Zone de défense N°7 s’engagent avec un courage inédit pour affronter l’ennemi.
Burkina : plus de 70 % du territoire repris
Un atelier réunissant ministères, institutions et société civile, a validé le projet de rapport sur l’état de la gouvernance au Burkina Faso pour 2024. Le document, qui sera transmis au Premier ministre, met en avant la progression de la reconquête territoriale à 71% dans le pays toujours confronté à une insurrection jihadiste ayant provoqué des milliers de morts, des millions de déplacés et deux coups d’État en 2022.
La reconquête du territoire figure parmi les principaux acquis relevés dans le projet de rapport sur l’état de la gouvernance au Burkina Faso pour l’année 2024. Ce document, examiné et validé par des représentants des départements ministériels, des institutions et des organisations de la société civile, servira de référence en matière de bonne gouvernance et sera transmis au Premier ministre.
Selon le projet soumis aux participants, la proportion de territoires reconquis est passée de 69 % en 2023 à 71 % en 2024, traduisant un progrès dans la restauration de l’autorité de l’État sur un territoire en proie depuis 2015 à une insurrection jihadiste menée par des groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique. Cette insécurité, qui a fait des milliers de morts et des millions de déplacés internes, avait déjà provoqué deux coups d’État militaires en 2022.
Cette avancée sécuritaire est accompagnée d’autres améliorations, notamment dans le domaine judiciaire, où le rayon moyen d’accès à la justice a légèrement diminué, passant de 62 à 60 kilomètres, avec la réouverture des tribunaux des grandes instances de Bougandé et de Tougan.
Sur le plan économique, des progrès notables sont également signalés.
« Au niveau de la gouvernance économique et financière, le taux de croissance du PIB a fondamentalement évolué de 4 points de pourcentage. Aussi, au niveau de la mobilisation des ressources, nous sommes arrivés à 3 000 milliards en 2024 contre environ 2 000 et quelques milliards pour 2023 », a indiqué Ahmed Zampaligre, chef du Département de la promotion et de la bonne gouvernance.
Malgré ces acquis, le rapport souligne que d’importants défis subsistent dans tous les secteurs. Ces performances et ces faiblesses ont été soumises à l’appréciation des participants, chargés d’analyser la pertinence des analyses et recommandations formulées.
« L’atelier de ce jour consistera à analyser le fond et la forme du document, apprécier la pertinence des analyses faites sous les différents domaines de gouvernance, apprécier la pertinence des recommandations formulées et enfin valider le projet de rapport », a précisé Emmanuel Sorgho, directeur de cabinet du ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Protection sociale.
Le gouvernement entend, à travers cet exercice, renforcer une gouvernance vertueuse, axée sur les résultats et ancrée dans des valeurs endogènes. L’atelier est présenté comme un acte de redevabilité et de transparence face aux citoyens.
Ndayishimiye, levier diplomatique de l’UA pour le Sahel
L’Union africaine a désigné le Burundais Évariste Ndayishimiye Envoyé spécial pour le Sahel, dans le cadre de la médiation menée par l’Angola pour renouer le dialogue avec les pays de l’AES.
Le président de la République du Burundi, Évariste Ndayishimiye, a été nommé jeudi par le président de l’Union africaine (UA), João Lourenço, en qualité d’Envoyé spécial pour la région du Sahel, a annoncé l’organisation panafricaine dans un communiqué transmis à APA.
Cette désignation s’inscrit dans une dynamique plus large de rapprochement initiée par le président angolais avec les pays sahéliens membres de la Confédération des États du Sahel (AES), suspendus de l’UA après des coups d’État mais confrontés à une crise sécuritaire majeure.
Dans le cadre de cette médiation, João Lourenço s’était déjà entretenu le vendredi 4 juillet par téléphone avec le général Abdourahamane Tiani, président du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) du Niger, a précisé la présidence angolaise. Cet échange faisait suite à la mission de son ministre des Affaires étrangères, Tete António, envoyé spécial de l’UA, qui avait visité en juin les capitales du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Il avait alors souligné que la situation dans la région constitue une « véritable urgence continentale » nécessitant une mobilisation africaine collective contre le terrorisme.
Le mandat de M. Ndayishimiye consiste à intensifier les contacts avec les autorités de transition, les acteurs régionaux, la société civile et les partenaires internationaux pour « favoriser le dialogue, construire un consensus et promouvoir des stratégies globales vers une paix durable ». Sa nomination reflète la volonté de l’UA de surmonter les divisions institutionnelles avec l’AES pour concentrer les efforts sur les défis sécuritaires communs.
La démarche angolaise répond aux critiques des États de l’AES, qui dénoncent leur marginalisation, notamment lors de l’exclusion du Niger d’un sommet de l’UA en 2025, sous la présidence de Moussa Faki Mahamat, désormais remplacé par Mahmoud Ali Youssouf. Face aux sanctions de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), le Niger, le Mali et le Burkina Faso ont resserré leur coopération au sein de l’AES.
Dans ce contexte, la nomination récente de Mamadou Tangara comme Représentant spécial de la Commission de l’UA au Mali et au Sahel, basé à Bamako, vient renforcer cette volonté de renouer le dialogue avec les pays sahéliens.
L’Angola se retrouve ainsi face au défi de concilier la suspension des États de l’AES décidée par l’UA avec la nécessité pragmatique de dialoguer avec leurs autorités de transition, dans un contexte marqué par une recrudescence des violences.
Parallèlement à ses efforts au Sahel, João Lourenço continue d’œuvrer dans la résolution d’autres crises africaines, ayant contribué récemment à l’accord de paix signé fin juin 2025 entre le Rwanda et la RDC.
Cette diplomatie active témoigne de l’ambition de l’Angola de s’imposer comme un médiateur clé sur le continent.
Riposte des FAMa à Niono
Les forces maliennes ont intensifié leur riposte contre les groupes jihadistes en détruisant des bases et neutralisant des dizaines de combattants après les attaques simultanées du 1er juillet.
Le 1er juillet, huit localités stratégiques-Niono, Molodo, Sandaré, Kayes, Diboli, Nioro du Sahel, Gogui et Gangontery- avaient été simultanément visées par des assauts du JNIM, affilié à al-Qaïda. Le groupe jihadiste avait revendiqué les attaques en affirmant avoir tué dix soldats et pris plusieurs positions militaires. En réponse, les FAMa avaient alors neutralisé plus de 80 jihadistes dans la foulée, selon le Colonel-major Souleymane Dembélé, directeur de l’information et des relations publiques des armées (Dirpa), qui avait fait état de saisies d’armes, munitions, véhicules et motos.
Dans les jours qui ont suivi, d’autres frappes ont ciblé des bases et refuges terroristes dans les régions de Kayes et Nara. Les 12 et 13 juillet, des plots logistiques et un camp d’entraînement ont été détruits dans la forêt de Gal-Gal, à 25 km au nord d’Aourou (Kayes), et des caches ont été démantelées à Bamadougou, dans la région de Nara, neutralisant trois combattants et récupérant du matériel.
Le 17 juillet, les FAMa ont repris l’initiative à Niono, dans la région de Ségou, en détruisant une base logistique et d’entraînement que les jihadistes tentaient d’y réinstaller. Selon les autorités militaires, la destruction de cette infrastructure empêche le groupe armé de reprendre pied dans cette localité stratégique, l’une des huit cibles prioritaires du 1er juillet.
D’autres opérations se sont déroulées sur d’autres fronts. Le 15 juillet, quarante terroristes ont été neutralisés dans le secteur d’Anderamboukané (région de Ménaka) lors d’une opération aérienne coordonnée par les forces de l’Alliance des États du Sahel (AES). Et le 19 juillet, dans la région de Tombouctou, les FAMa ont intercepté et détruit deux véhicules pick-up transportant des combattants surveillant un convoi vers Aguelhoc, puis démantelé une base logistique et d’entraînement à Tin Aïcha.
Dans son communiqué, l’État-major général a assuré que la recherche et la destruction des sanctuaires terroristes « se poursuivent ». Aucune perte dans les rangs des forces maliennes n’a été signalée lors de ces récentes opérations.
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