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Cent jours avant l’adieu — Lettre à mon père, le colonel Abdourahamane Seydou…

Cent jours avant l’adieu — Lettre à mon père, le colonel Abdourahamane Seydou…

Nous publions ci‑jointe la lettre de Zara, fille du défunt Colonel Abdourahamane Seydou (paix à son âme), qui nous a quitté le 8 août 2026.

Zara vit à Montréal, au Canada, et travaille à l’Institut universitaire en santé mentale Douglas, rattaché au réseau de la santé et des services sociaux du Québec un métier à la fois humain, enrichissant et profondément porteur de sens.

Le 30 avril dernier, soit cent jours avant le rappel à Dieu de son père, Zara a écrit une lettre prémonitoire qu’elle tient aujourd’hui à partager pour lui rendre hommage. Cadette de la fratrie, elle avait envoyé ce texte en format PDF à sa nièce Sirina afin qu’elle le remette au destinataire.

Pour écrire cet hommage, Zara confie s’être laissée guider par son cœur et par les sentiments profonds qu’elle éprouvait pour son père.

Zara est convaincue que son père connaissait tout l’amour et la considération que ses enfants lui portaient.

Elle a cependant ressenti le besoin impérieux de mettre par écrit sa gratitude, son affection et sa reconnaissance pour les sacrifices consentis pour son éducation, et de le lui dire de son vivant.

Cette lettre est un témoignage sincère, rédigé avec émotion, pour celui qui fut et restera toujours un père profondément aimé, respecté et cher.

Lisez ci‑dessous son hommage.

Hommage à mon père Baba,

Aujourd’hui, j’ai ressenti le besoin de vous écrire, de poser sur le papier ces mots qui, bien souvent, me traversent l’esprit sans que je prenne le temps de les dire.

je veux d’abord vous dire merci.

Merci pour le père que vous avez été, et que vous continuez d’être pour moi. Merci pour cette tendre enfance que vous avez rendue si belle, baignée de votre bienveillance. Vos conseils, toujours sages et empreints d’expérience, ont été des étoiles
qui continuent encore aujourd’hui de guider mes pas.

Merci pour la personne intègre que vous êtes, ce modèle d’honnêteté et de droiture. Vous nous avez appris que la véritable force réside dans le respect des autres, la bienveillance et le courage de rester fidèle à ses valeurs.

Je me souviens de cette parole, à jamais gravée dans ma mémoire:

« Je préfère vous laisser un nom plutôt qu’une fortune. »

À elle seule, elle résume l’héritage immense que vous nous avez transmis. Père dont la vie a toujours été une leçon silencieuse d’humilité et d’engagement, vous avez su concilier stature sociale et simplicité. Malgré les responsabilités qui
accompagnaient votre statut, vous avez fait de notre maison une véritable école de démocratie, où chaque voix comptait.

Vous avez su, avec patience et sagesse, nous montrer la voie sans jamais imposer votre
ombre. Merci pour votre générosité, une générosité qui ne se mesurait pas seulement aux
choses matérielles, mais aussi au don de votre temps, de votre attention et de votre
affection inconditionnelle.

Toujours présent pour écouter, soutenir et réconforter, sans jugement, avec ce sourire
rassurant qui apaisait tout.

Je suis infiniment reconnaissante de vous avoir comme père. Vous êtes bien plus qu’un guide : vous êtes mon héros, ma source d’inspiration. Vous avez toujours su allier force et douceur, rigueur et bienveillance.

En grandissant, j’ai pris pleinement conscience de tout ce que vous avez fait pour nous. Vos conseils, votre présence rassurante, votre constance ont façonné la personne que je suis aujourd’hui.Vous nous avez transmis des valeurs essentielles : le respect, la persévérance, l’importance de la famille. Des valeurs que j’essaie, à mon tour, de transmettre à mes enfants.

Même dans les moments difficiles, vous avez toujours su garder le cap, nous protégeant et nous encourageant. Pour tout cela, et pour mille autres choses encore, je vous admire profondément.
Je garde précieusement en moi ces instants simples qui ont rendu mon enfance si
précieuse. Aujourd’hui, j’ai envie de vous dire merci pour ces souvenirs qui, encore aujourd’hui, me réchauffent le cœur.

Je me souviens de nos moments de complicité, comme si c’était hier, ces instants où vous
partagiez avec moi une baguette de pain, que vous beurriez avec tant de soin.

Vos petites sorties nocturnes pour ramener à vos loulous comme vous nous appeliez
affectueusement, des galettes (massa) bien chaudes que nous dégustions parfois
accompagnées d’une boisson au sirop de menthe et de lait.

Ces moments, qui pouvaient sembler anodins, m’ont en réalité tout appris. Vos conseils
avant un examen, votre manière silencieuse de me faire comprendre que vous étiez fier
de moi… parfois sans un mot. Tout cela a construit ma stabilité, ma résilience et cette sérénité qui m’aident à avancer.

La gestion participative : une philosophie familiale
En tant que père, vous avez su transformer les corvées en rituels collectifs : arroser les fleurs, passer le balai, laver la voiture en famille le dimanche. Ces moments, loin d’être de simples tâches, étaient porteurs de sens. Ils reflétaient votre personnalité : un leader par l’exemple.

Cet héritage précieux n’est ni matériel ni théorique. Vous avez toujours eu l’art de transformer l’autorité en accompagnement. Aujourd’hui, je réalise à quel point l’enfance que vous nous avez offerte a façonné la personne que je suis. Grâce à vous, j’ai grandi dans un équilibre qui continue de me guider, tant dans ma vie personnelle que professionnelle.
Vous m’avez appris la persévérance sans jamais oublier la bienveillance, l’ambition tout en gardant les pieds sur terre. Votre silence rassurant, vos encouragements discrets et la confiance que vous m’avez accordée m’ont donné une force que je porte chaque jour.

Aujourd’hui, je veux simplement vous dire merci.
Merci pour cette enfance remplie d’amour et de repères.

Merci pour ces racines solides. Votre enfant reconnaissante.

Z. A. S.