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Une session du CCR au cœur des enjeux !

Une session du CCR au cœur des enjeux !

La vie n’a pas besoin d’être parfaite pour être magnifique. Un débat suffit pour ouvrir une porte que mille discours n’auraient pas su déverrouiller, et c’est peut-être là le plus grand enseignement de l’expérience nigérienne. Examiner le bien commun et les préoccupations majeures sur des bases inclusives, transparentes et orientées vers l’action, ce qui profite à la majorité de la population en vue de bâtir un État fort fondé sur un modèle politique et social où la puissance de l’autorité publique est mise au service de l’équité, de la protection des plus vulnérables et de la réussite de chacun.

Notre nation prouve que la souveraineté, politique, économique, alimentaire et culturelle, est le socle indispensable pour décider librement de son propre destin, sans ingérence extérieure. C’est cette vérité, simple en apparence, mais rarement affrontée, que le Conseil Consultatif de la Refondation (CCR) examine à partir de ce lundi, 5 octobre 2026, à l’ouverture de sa session extraordinaire, sans hâte ni tension. Deux jours durant les Conseillers examineront trois points majeurs, mais particulièrement sensibles pour répondre de manière autonome aux besoins vitaux de la population. Ces choix ne sont pas anodins, ils évoquent globalement l’autosuffisance alimentaire, la sécurité énergétique et notre attachement à la souveraineté. Un pays qui dépend de l’extérieur pour ses engrais et certains de ses produits pétroliers, des pluies pour ses récoltes, des commandes publiques pour ses stocks alimentaires ne décide jamais pleinement de son destin, il le négocie chaque année, au gré du prix qu’il ne fixe pas et des décisions qu’il ne contrôle pas, d’où la recherche d’une démarche structurée qui consiste à identifier, analyser et appliquer des réponses adaptées à la situation.

À première vue, les trois vulnérabilités ne sont pas des abstractions. L’une se lit dans les transports, dans l’agriculture et l’élevage, dans les villes et campagnes, dans les commerces qui s’arrêtent, faute d’arrivages. Les deux se lisent dans les champs, dans les rizières et dans les magasins de l’Office des produits vivriers du Niger (OPVN) où la sécurité alimentaire n’est pas une théorie abstraite, c’est une question de survie nationale et de stabilité stratégique.

C’est précisément ces problématiques que le CCR a vocation à traduire en recommandations concrètes. La présente session ne relève donc pas d’une simple formalité ; elle sonne comme un signal d’alarme et un appel pressant à l’action collective dans un contexte où certains citoyens scrutent la moindre secousse de la vie publique. Les Conseillers n’ont pas droit à l’atermoiement. L’ordre du jour étant circonscrit par le Président de la République. C’est précisément dans les moments décisifs que se mesure la vitalité des acteurs de la refondation qui s’honorent lorsqu’ils transcendent les clivages stériles pour accoucher des compromis salvateurs.

C’est pour toutes ces raisons que les échanges s’annoncent extrêmement intéressants ; les débats contradictoires et les discussions seront les moments les plus attendus pour permettre de croiser les points de vue, de stimuler la réflexion et de faire émerger de bonnes propositions. Le pays s’impose de nouveau comme le référentiel principal pour répondre aux effets des crises mondiales. Au bout du compte, cette session ne sera jugée ni par la sévérité de ses délibérations ni par la longueur des discussions, mais par la pertinence concrète des recommandations.

Ainsi, ce qui compte, au terme des travaux, c’est de garantir la disponibilité continue des produits céréaliers et des engrais à prix modéré, socle de l’alimentation humaine et levier majeur pour la sécurité alimentaire et des produits pétroliers, principal catalyseur de la crise du pouvoir d’achat et de l’instabilité économique dans la sous région ; une priorité absolue pour assurer la disponibilité et la stabilité des prix dans notre pays.

Que cette session particulièrement chargée, il faut le reconnaître, soit pleinement favorable aux populations.

Par Moustapha Kadi Oumani