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En mémoire de Feu Docteur Jean-Pierre Mavoungou, le beau-frère et l’ami…

En mémoire de Feu Docteur Jean-Pierre Mavoungou, le beau-frère et l’ami…

Rappelé à Dieu le 12 juillet 2020 ….5 ans déjà !
Que le temps passe vite ! Cher Jean-Pierre, 5 ans déjà que tu nous as quittés sur la pointe des pieds ! Le souvenir vivace de ton « départ » me rappelle que le même Poète Ponge, a décrété que nous « les hommes), « ne sommes que « d’Informes mollusques… (des) millions de fourmis que les pieds du temps écrasent ! ». Il est bien vrai que le Poète Ponge a tenu à rappeler à nous les survivants, que « vous n’avez pour demeure que la vapeur commune de votre véritable sang : les paroles ».

C’est pourquoi j’userai et j’abuserai de paroles écrites, vapeur de mon sang, afin de t’exprimer ce que je ressens au plus profond de moi-même, 5 ans après la disparition du frère et ami que tu fus pour moi, en attendant que je sois, moi aussi, fatalement écrasé un de ces quatre matins par les pieds du temps. Et pour cause, les Latins disent « Verba volent, scripta manent » autrement dit, « les paroles s’envolent, les écrits restent ».
Je ne rappellerai jamais assez aux uns et aux autres que, comme ma sœur Hadjara, ta douce moitié, tu étais Docteur d’Etat Es Sciences Pharmaceutiques de la célèbre Faculté de Pharmacie de l’Université Claude Bernard de Lyon, et la passion commune de ce métier aura finalement été le ciment de votre vie, vous aura comblé tous les deux.

J’ai donc l’intime conviction qu’en se rendant tous les matins à son officine, la « Pharmacie El Nasr », ma sœur Hadjara, n’y va pas simplement pour exercer un métier, elle s’y rend quotidiennement pour te rendre hommage. Tout comme quand je m’y rends, c’est pour te rencontrer et communier avec toi, parce que, souviens-toi, c’était notre lieu de rencontre favori dans cette ville de Niamey que tu as fini par adorer. Et puisque Birago Diop l’a dit avant moi ; les morts n’étant jamais morts, tu ressuscites au travers et dans les officines, à travers la musique congolaise omniprésente sur la Radio Fidélité, notre favorite, à travers le kilichi, la spécialité locale que tu aimais tant.

Il est etabli que jusqu’à ce que la natte de la terre soit pliée, les relations entre les peuples, les cultures, les Nationsvoire les continents, ne seront bâties et renforcées que par les hommes et les femmes. Jean-Pierre vous avez Hadjara et toi érigé un pont indestructible, renforcé par ton ami de toujours Jean Blaise, Berthe, le binôme de Hadjara, Louis-Claude, le frangin et Michelle, la nièce. Le pont indémontable disais- je entre le Congo et le Niger, entre Mossengo et Douméga (ton village et celui de Hadjara), entre Niamey Brazaville et Pointe-Noire, entre les rives du fleuve Niger et celles du Fleuve Congo, entre le Lingala et le Haoussa, entre la Rumba et le Saran Marké (célèbre dance de chez nous). Oui il faut le réaffirmer, les relations tantôt évoquées ne s’établissent exclusivement qu’à travers les hommes et les femmes.

Tu me permettras de rappeler à Jean-Louis, mon neveu, mon fils devrais-je dire ici au pays, si cela peut nous soulager tous, que le Sage Amadou Hampâthé Bâ nous a prévenu qu’en venant au monde, “nous entrons dans une existence dont nous ne sortirons pas vivant, quoi que nous fassions”.

Jean-Pierre, l’essentiel pour nous est que tu as puaccomplir ta mission sur terre.
Poursuis ton repos éternel au Paradis, mon frère Jean-Pierre !

Ton frère, Djibril Baré