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Environnement, eau, assainissement et souveraineté alimentaire : quand la redevabilité passe par les faits

Environnement, eau, assainissement et souveraineté alimentaire : quand la redevabilité passe par les faits

La question de la redevabilité publique ne se pose pas en termes d’intentions, mais à travers des décisions datées, des investissements identifiables et des résultats attendus clairement formulés. Dans ce cadre, l’action du Ministère de l’Environnement, de l’Hydraulique et de l’Assainissement, dirigé par le Colonel Maizama Abdoulaye, s’inscrit sous l’autorité de Son Excellence le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, Président de la République, Chef de l’État, et sous la conduite du Premier Ministre, Son Excellence Mahamane Lamine Zeine, Ministre des Finances, dans un contexte marqué par la recherche de souveraineté alimentaire et de résilience nationale.

Au 31 décembre 2024, les données sectorielles officielles font état d’un taux d’accès national à l’eau potable avoisinant 50 %, avec des écarts importants entre zones urbaines et rurales, et d’un taux d’accès à l’assainissement basique inférieur à 10 % à l’échelle nationale (MEHA, INS, JMP OMS-UNICEF). Ces chiffres constituent une ligne de base incontournable. Ils permettent de situer les marges de progression et de mesurer, dans le temps, les effets réels de l’action publique.

C’est dans ce contexte que, le 19 août 2025 à Niamey, le Ministère de l’Environnement, de l’Hydraulique et de l’Assainissement a procédé au lancement officiel de deux projets structurants : le Projet d’Approvisionnement en Eau Potable et Assainissement Résilients en Milieu Rural (PASEPAR-MR), couvrant notamment Maradi, Tahoua, Tillabéri et Zinder, et le Projet d’Approvisionnement en Eau Potable et Assainissement Résilients aux Changements Climatiques (PASEPA), ciblant Niamey et Tillabéri. L’enveloppe globale annoncée pour ces deux projets est d’environ 6 milliards de FCFA, mobilisée avec l’appui de partenaires techniques et financiers, dont la Banque africaine de développement et des partenaires bilatéraux (MEHA ; Le Sahel).

Au-delà du lancement, l’enjeu central demeure l’exécution. Le ministère a mis l’accent sur le renforcement des unités de gestion des projets, la maîtrise des procédures des bailleurs et le démarrage effectif des travaux, afin d’inscrire ces investissements dans un calendrier opérationnel vérifiable.

La question de l’eau urbaine traduit également cette montée en puissance. Le 14 novembre 2025, l’État du Niger a formalisé un accord de rétrocession au profit de la Société de Patrimoine des Eaux du Niger (SPEN), dans le cadre du PASEPA, avec un financement de la Banque mondiale annoncé à hauteur d’environ 100 millions de dollars américains, visant une augmentation progressive de la capacité de production d’eau potable de Niamey jusqu’à un seuil cible de 100 000 m³ par jour (ANP). Le même jour, un don de la Banque africaine de développement, estimé à environ 1,5 million d’euros, a été consacré au financement d’études techniques pour l’alimentation en eau potable de Tillabéri.

À cette dynamique s’ajoute l’intervention de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) dans le secteur de l’eau potable à Zinder. Un accord de financement, portant sur plusieurs dizaines de milliards de FCFA, autour de 30 milliards de FCFA, a été mobilisé pour renforcer durablement la production et la distribution d’eau potable dans cette région stratégique de l’est du pays. Cet engagement vise à répondre à une croissance urbaine rapide et à réduire les déficits structurels d’accès à l’eau, avec des effets attendus sur la santé publique, la stabilité sociale et l’activité économique locale (BOAD ; ANP).

Ces investissements prennent une dimension particulière lorsqu’on les relie à l’objectif national de souveraineté alimentaire. Le 22 décembre 2025, le Ministère de l’Agriculture et de l’Élevage a annoncé l’ambition de réduire de 50 % les importations de riz, de maïs et de blé d’ici 2027, dans le cadre du Programme de Grande Irrigation (ANP). Cet objectif crée une contrainte technique forte. Sans maîtrise durable de l’eau, sans sécurisation des ressources hydriques et sans réduction des vulnérabilités sanitaires et environnementales, la production agricole ne peut atteindre les niveaux attendus. L’articulation entre le MEHA et le ministère en charge de l’agriculture relève ainsi d’une nécessité structurelle.

La prévention environnementale constitue un autre pilier mesurable de cette cohérence. Le 11 octobre 2025, à Toratt, dans la commune de Tamaya, région de Tahoua, le MEHA a lancé la campagne nationale 2025-2026 de lutte contre les feux de brousse, en présence de représentants du Ministère de l’Agriculture et de l’Élevage. Les données disponibles pour la campagne précédente, de septembre 2024 à mars 2025, font état de près de 300 cas de feux de brousse, ayant affecté plus de 570 000 hectares de pâturages au niveau national (ANP). Dans la région de Zinder, la même période a enregistré la destruction de plus de 400 000 hectares, avec un impact direct sur l’élevage et les revenus ruraux.

Sur le volet assainissement, le cadre sectoriel PROSEHA 2016-2030, adopté en mai 2017, fixe l’objectif d’un accès universel à l’assainissement et de l’élimination de la défécation à l’air libre à l’horizon 2030, avec une cible de plus de 30 000 villages à certifier. À ce jour, seules quelques milliers de localités ont atteint ce statut, malgré l’introduction de l’approche ATPC depuis 2009 (MEHA, PROSEHA). Les projets de stations de traitement des boues de vidange dans les huit chefs-lieux de région et les schémas directeurs d’assainissement et de drainage visent à réduire ce retard structurel et à limiter les pertes économiques liées aux maladies hydriques et aux inondations.

Cette lecture factuelle montre que l’action du Ministère de l’Environnement, de l’Hydraulique et de l’Assainissement repose sur des taux de référence connus, des projets lancés à des dates précises, des montants identifiés et des capacités ciblées. La redevabilité se jouera désormais sur la capacité à transformer ces engagements en résultats mesurables, en gains de production agricole, en amélioration de la santé publique et en renforcement de la stabilité sociale, au cœur du projet de souveraineté nationale porté par les autorités.

Par Ousmane Jazy, Ingénieur et Analyste nigérien