Pour ceux qui l’ignoreraient et ne peuvent en conséquence pas mesurer ma peine pour la perte de ce petit-frère, les larmes du vieillard ne coulant qu’à l’intérieur, et ceux qui ne savent pas que la plume ne s’use que si l’on ne s’en sert pas, je vous invite à lire ceci :
Docteur Mamane Hima, de ton vivant, tu as été ce petit-frère respectueux du Quartier Nouveau Marché dès les années 60 de l’insouciance de la fraternité de la solidarité
Tu étais ce petit-frère de Omar Hima, notre talentueux avant-centre de l’équipe du ballon rond des voisins du quartier nouveau marché toujours des années 60, et également petit-frère de mes sœurs Halima, Biba, Maimouna ; Mais tu es le grand-frère de Yayé, qui vient d’assurer les obsèques de « ton départ », nous en sommes tous témoins ;
Tu étais le frère du Quartier Nouveau Marché, ex Secteur 7, de Boureima, Yahaya, et Moussa Danssoussou, de Yaya et Souleymane Baré, de Seydou Kimba, de Hama Seyni, de Dodo et Kabirou Alzouma, du cousin Moussa, de feu mon ami feu Arzika Dany (paix à son ame), qui constituaient les équipes successives de choc du Nouveau Marché des années glorieuses, post indépendance (je demande l’indulgence des nombreux omis) ;
Tu étais le jeune frère avec les autres frères de quartier, nous avions pour seules distractions que le ballon rond, les alkotos (toupies), l’IFAN (le musée national) et ses vrais lions, les tours à vélos en location de Harouna Djada du quartier, les randonnées au « Tassi montagne », les cinémas Rex et Vox pour ceux qui parvenaient à rassembler les « dalas wai kindi gou » (75 Fcfa), du pass, le «Franco », les derbies historiques Secteur 7 – vs Secteur 6 devenus plus tard , Sahel Sporting Club vs Olympic FC au Stade municipal, pour ceux qui arrivaient à débloquer les 50 Fcfa, prix du pass et/ou pour ceux qui parvenaient à sauter le mur du stade ou qui se faisaient coopter par un « béré » ;, J’allais oublié les passages au fast-food Miam Miam Bono, dont le gérant a prétendu « faire l’andouille mieux que son père », plus près de chez nous, l’ex dancing « La Congolaise » qui nous a servi gratuitement, des milliers de décibels de la musique congolaise pendant des années et accessoirement de la musique de l’orchestre Poly Rythmo ». J’allais oublié la lecture des bandes dessinées, Akim ; Zembla, Blek, Tintin, Rodéo, les pieds nickelés et autres qui comblaient nos temps libres ;
Tu affichais, comme moi, comme tous les frères du quartier, la fierté et la reconnaissance d’être du même quartier, donc de connaitre le virtuose Moussa Kanfidéni dit Diagoundi, du quartier, de Moussa Goliath, de « Toutou la 404 », de Boula et de tous les autres talents du Secteur 7 ou du Sahhel Sporting Club et même Santos, Kalala, Talibo du camp adverse qui nous ont assuré une jeunesse radieuse en l’absence de télévisions, d’Internet encore moins de WhatsApp ;
Tu as bien entendu comme moi bénéficié à Dakar et dans la sous-région de la sympathie des Maliens et surtout des Maliennes du fait du talent de Diagoundi et des bons souvenirs laissés au Stade malien par notre virtuose du quartier et tu as bénéficié des « trois normaux » (thé sénégalais ou malien) de leur part au campus et dans les capitales de la sous-région. Merci Diagoundi !
Tu étais l’ami du mon frère cadet Yahaya Baré tous les deux brillants collégiens puis plus tard lycéens et des étudiants, du temps où l’amitié avait un sens et relevait presque du sacré. Tu décrochas le diplôôme titre de Docteur et ton ami, celui d’ingénieur. Rien d’étonnant.
Tu étais le petit-frère du quartier que j’ai été heureux de retrouver dans les années 80 comme brillant étudiant à la prestigieuse Faculté de Médecine et de Pharmacie de Dakar dès le début de mon séjour à Dakar, notre ville fétiche du pays de la Téranga que nous avons adoré s tous les deux et nous étions loin d’être les seuls ;
Tu as été ce petit-frère qui m’a toujours témoigné respect et considération en tant que « Niamaizé » du quartier Nouveau marché, né et grandi et Niamey comme moi, ce qui a toujours constitué notre jardin secret, même lorsque tu as débuté ta fréquentation des mes ex amis politiques ;
Tu étais devenu à mon corps défendant, le camarade l ’ami de mes ex amis et je n’ai pas été surpris que tu aies su garder les rapports d’amitié et de fraternité de cohabitant de notre quartier fétiche. Ceci du fait que tu as compris que la politique n’est qu’n jeu et que, contrairement à nombre de camarades, « la fin justifie ne justifie pas toujours les moyens ».
Tu as été, fort de la confiance qu’ils ont placé en toi du fait de tes qualités humaines et intellectuelles, le brillant défenseur des camarades à la CENI dissoute où je t’avais retrouvé lors des séminaires post électoraux des dernières consultations électorales. C’est sans doute pour cette raison que les camarades étaient nombreux à « Yantala » et au domicile familial, le jour où tu devais rejoindre ta dernière demeure. Les condisciples de l’Université de Dakar étaient également très nombreux ; J’ai aperçu l’incontournable Doyen Dagra Mamadou dans la foule ;
Tu as été ce petit-frère qu’on ne peut jamais oublié et qui fait la fierté de sa famille, de ses amis et de ses frères de son quartier natal, puisque ne devient pas Docteur en Pharmacie de la Faculté de Dakar qui veut ; N’est-ce pas Docteur Soumana Karimoun, toi le crack des cracks reconnu de cette prestigieuse Faculté de Pharmacie Dakar ?
Tu as été le petit-frère de Omar HIMA l’avant-centre de l’équipe de football du Quartier Nouveau Marché des années 60 de l’insouciance de la fraternité de la solidarité, vraie ;
Docteur Mamane Hima, tu es donc « parti », comme l’a dit le Poète Ponge, à l’instar « d’Informes mollusques… (des) millions de fourmis que les pieds du temps écrasent ». Et j’en ai honte. Honte de ne pas avoir pu te refiler mes bonus, moi le grand-frère ;
Tu as ainsi, par ton départ prématuré, démontrer que « La Grande Faucheuse » n’est pas démocrate et pire, elle est injuste, car elle aurait pu partir avec les plus toxiques et les plus nuisibles d’entre tes compatriotes, et Dieu sait qu’ils sont nombreux. Mais elle t’emporte, toi le plus jeune et le plus agréable à vivre ; Mais nous sommes, hélas, contraints de nous en remettre à son verdict ; Puisqu’en tant que croyants nous savons tous que De Dieu nous venons et à Dieu nous retournerons tous un jour » ;
Tu es parti, mais tu restes parmi nous parce que tes enfants Malek, Youssouf et Amadou t’ont rendu immortel.
Comme toujours, je ne terminerais pas cet hommage sans rappeler aux sursitaires les mots puissants de Stendhal : : « la mort, puisqu’on ne peut l’éviter, oublions la » . Surtout qu’elle s’est déchainée sur mon entourage ces dernières semaines.
Repose en paix, petit-frère Mamane Hima
“Fait à Niamey, le 19 septembre 2025
Par Djibril Baré, ton grand-frère du Quartier Nouveau Marché


