Né le 2 juillet 1956 et rappelé à Dieu le dimanche 22 juin 2025
« Vivre sans amis, c’est mourir sans témoins », disait l’Ecrivain et Philosophe, Georges Herbert. Mahamadou Aoudi, des centaines de parents, amis et connaissances, témoins de ton existence ont afflué, ce dimanche 22 juin 2025, pour t’accompagner à ta dernière demeure. Normal : ta générosité, ta disponibilité, ta convivialité, ta droiture et ton souci de la perfection légendaires ont convaincu tout ce beau monde.
Tes parents amis et connaissances de tes terroirs de Bangui (Madaoua), de Mainé Soroa et ceux de Niamey qui t’ont vu grandir et prospérer étaient massivement représentés. Ousmane et Doudou Maitourare, Mamane Ibrahim, les proches parents étaient en bonne place. Notre Fada Doussoungou dont tu étais un éminent membre était au complet avec à sa tête “Le Timonier” Hamidou Mossi était au complet. Je certifie qu’ils étaient tous à ton domicile, ce dimanche, les amis d’enfance : Bachir Ali Mazou, Adam Dan Maradi, Mamadou Ly, Issoufou Issa, Mahamadou Ibrahim, Issoufou Diamballa, Boureima Béro, Maikoudi, Hamidou Mossi…Tes amis Abani, Daouda Marthe, Ibra Mamane et tous les autres aussi. Laurent D’Almeida alias Lolo, l’ami et le confident de 60 ans était omniprésent et toujours inconsolable.
Affligé, ce dernier m’a confié : « avec le « départ » de Aoudi, c’est tout un pan de ma vie qui s’est écroulé ». L’incontournable Katambé et Moussa Moumouni Djingo, le collaborateur de toujours étaient de la partie. Les Rotariens qui constituent une seconde famille pour toi étaient massivement présents, notamment la présence permanente du Ministre Ari Toubo Ibrahim, Maître Marie Virginie. Manquaient à l’appel des témoins de prime jeunesse partis plus tôt pour le voyage éternel dont ton binôme, Ibrahim Yaroh (paix à leur âme). Pour avoir mis toute ta rigueur et ta compétence en matière financière et managériale au service du secteur pétrolier, il flottait une forte odeur de pétrole à ton domicile le jour de ton enterrement et les suivants. Les opérateurs du secteur ont tenu à te témoigner leur reconnaissance.
Personnellement, j’ai perdu, en ta personne, un frère et un ami de six décennies. En effet nos chemins s’étaient croisés, dans un premier temps à l’Ecole Neuve garçons (actuelle Ecole Wright) dans les années 60. Puis les affinités naissantes se sont déplacées au Lycée National, actuel Lycée Issa Korombé. Notre parcours à l’Ecole Supérieure des Techniques Economiques et de Gestion de l’Université du Benin au Togo où, après mille et un sacrifice tu avais décroché ton parchemin, a fini par consolider notre fraternité. Tu as été un acteur de premier plan des trentes glorieuses de Niamey de notre enfance faite d’insouciance, de douceur de vivre et de solidarité qui a été « gâtée » dès le début des années 90 par les adeptes de Machiavel. Je ne pouvais donc pas te laisser « partir » sans un témoignage solennel de notre amitié et celle des autres puisque les latins disent : « Verba volent, scripta manent », autrement dit « les paroles s’envolent, les écrits restent ».
Aoudi tu savais et tu avais accepté ton destin avec dignité. Je me fie à notre ultime conversation dans l’intimité de ta chambre pour confesser que tu m’avais fait comprendre à demi-mots que tu savais que « La Grande Faucheuse » avait jeté son dévolu sur ta modeste personne.
Tu n’as donc pas été surpris par la faucheuse puisque le Sage Amadou Hampâthé Bâ, selon lequel « nous partageons, toi et moi, un gout immodéré pour la substance qui est plus précieuse pour nous que notre propre sang », t’avait prévenu, que dès ta naissance : “tu es entré dans une existence dont tu ne sortiras pas vivant, quoi que tu fasses”.
Aoudi, en paraphrasant le Communicant Latif Do Rego, je dirais que « , tu as traversé le fleuve de l’éternité, sans même te retourner… Avais-tu vraiment le choix ? Pouvais-tu transgresser les règles du jeu, là où la Meilleure des créatures (PSL) n’a opposé aucune objection à l’appel de la Miséricorde.” Tu es donc parti dans la dignité.
Pour finir, permets-moi de rappeler à nous autres sursitaires les mots de Stendhal : « la mort, puisqu’on ne peut l’éviter, oublions-la !».
Léopold Sédar Senghor a dit que « pour être immortel, il suffit de se marier et faire des enfants ». Tu es donc « parti » physiquement, mais tu restes immortel puisque tu as laissé sur terre, pour la postérité, quatre (4) bouts de bois de Dieu. C’est pourquoi nous nous joignons à ta douce moitié, Salamatou Délou dite RAM’S et tes enfants Abdoul Razak, Maimouna, Moussa et Lalla Mariam pour gaver ton âme des seules nourritures dont elle a besoin: nos prières, pour le repos éternel de ton âme au paradis !
En cette douloureuse circonstance, j’ai une pensée attristée pour tous les membres de la famille disparus avec qui j’ai partagé, ne serait-ce qu’une tranche de vie, à savoir, Mamane, Omar et Maimouna Maitouraré, Chatou Sambo, Nana Boukari. Que leur âme repose en paix !
Reposes en paix l’ami Aoudi !
Par Djibril Baré


