Le ministre de la justice, Alio Daouda a passé en revue devant la presse nationale, le 15 mai dernier, les problèmes de la justice nigérienne et l’ambition de son département ministériel pour y faire face.
Le Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, a indiqué le vendredi 15 mai 2026 que les trois pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) partagent une vision commune et intégrée de la justice, dans le cadre de la construction d’un espace confédéral de coopération judiciaire, rapporte l’agence nigerienne de presse.
Au cours d’un entretien accordé à la presse, il a rappelé la tenue à Bamako de la première réunion des ministres de la Justice de l’AES, suivie d’une rencontre à Niamey, consacrée à la consolidation des mécanismes institutionnels et à la mise en œuvre des recommandations issues des précédents travaux.
Le ministre a expliqué que ces concertations ont permis d’engager une réflexion sur la création d’institutions judiciaires confédérales, notamment une Cour confédérale des droits de l’homme, une école confédérale de magistrature ainsi qu’une Cour commune de justice et d’arbitrage.
Il a également évoqué la mise en place de comités d’experts dans les pays membres, chargés de travailler sur l’harmonisation du droit et la création d’un cadre juridique commun, notamment dans le domaine du droit des affaires.
Le Garde des Sceaux a indiqué que ces réformes s’inscrivent dans une volonté de doter l’espace AES de ses propres instruments juridiques, en réponse aux insuffisances constatées dans certains cadres juridiques existants.
Abordant la question des résultats du ministère, il a souligné que les actions menées sont suivies à travers des indicateurs de performance précis, intégrés dans un plan d’action prioritaire.
À ce titre, il a cité plusieurs résultats enregistrés, notamment 3.647 cas de conciliation traités, une assistance portée à 1.245 enfants en conflit avec la loi, 3.850 personnes sensibilisées aux droits de l’homme, ainsi que 814 participants formés dans le cadre des activités de renforcement de capacités.
Le ministre a également rappelé l’adoption de plusieurs textes législatifs et réglementaires, dont le Code pénal, le Code de procédure pénale et le Code de la nationalité, ainsi que divers arrêtés relatifs à l’organisation des établissements pénitentiaires et aux mécanismes de sélection des travaux d’intérêt général.
Il a enfin assuré que l’ensemble de ces réformes s’inscrit dans une démarche de gouvernance axée sur les résultats, conformément à la vision des plus hautes autorités du pays en matière de justice et de modernisation du secteur.
Le ministre Alio Daouda revient sur l’affaire des lingots d’or disparus à Agadez
Le Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, M. Alio Daouda, est revenu sur l’affaire des lingots d’or disparus à Agadez, affirmant que des poursuites judiciaires ont été engagées contre les agents impliqués dans cette affaire qui a suscité de nombreuses réactions dans l’opinion publique.
Le ministre a expliqué que l’affaire concernait initialement une tentative d’escroquerie portant sur 27 lingots d’or mis en vente par un individu interpellé à Agadez. Après expertise, il s’est avéré que l’or était authentique, ce qui avait conduit à la décision de restitution des biens saisis au propriétaire.
C’est au moment de cette restitution que trois lingots d’or ont été déclarés disparus au niveau des services judiciaires, a précisé le ministre, soulignant que les personnes mises en cause ont été poursuivies, condamnées et placées en détention.
Interpellé sur la légèreté supposée des peines prononcées dans cette affaire, le Garde des Sceaux a indiqué qu’il ne pouvait pas commenter une décision de justice, tout en reconnaissant que le parquet général peut relever appel lorsqu’il estime qu’une sanction n’est pas proportionnelle à la gravité des faits.
Le ministre a par ailleurs réaffirmé la volonté des autorités de lutter contre l’impunité et les actes de corruption au sein du système judiciaire nigérien, assurant que toute personne reconnue coupable d’infraction doit répondre de ses actes devant la justice.
Abordant les critiques liées aux conditions de travail des magistrats, il a estimé que les réformes engagées et les améliorations statutaires permettent aux jeunes magistrats de vivre décemment, tout en appelant les acteurs judiciaires à faire preuve d’intégrité et de responsabilité dans l’exercice de leurs fonctions.
Activités génératrices de revenus en milieu carcéral : 86 millions FCFA de recettes générées par des établissements pénitentiaires
Le Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, a affirmé que plusieurs actions sont en cours pour améliorer les conditions de détention dans les établissements pénitentiaires du Niger, notamment à travers des travaux de rénovation, la modernisation des infrastructures et des programmes de réinsertion sociale des détenus.
Le ministre a indiqué que certaines prisons développent désormais des activités génératrices de revenus. Il a notamment cité une expérience ayant permis de réaliser environ 86 millions de FCFA de recettes issues des travaux agricoles et d’élevage menés dans des établissements pénitentiaires.
Il a également évoqué la mise en place progressive de boulangeries dans plusieurs prisons, notamment à Kolo, Ouallam et Birni, afin d’améliorer la prise en charge alimentaire des détenus et renforcer leur participation aux activités de réinsertion.
Reconnaissant les difficultés liées à l’insalubrité, au manque d’eau et d’électricité dans plusieurs maisons d’arrêt, dont certaines datent de l’époque coloniale, le ministre a assuré que l’État procède chaque année à la rénovation de trois à cinq établissements pénitentiaires selon les capacités financières disponibles.
Le Garde des Sceaux a précisé que l’objectif des autorités est désormais de construire des prisons modernes conformes aux standards internationaux, intégrant des dispositifs de formation et de réinsertion sociale, plutôt que de simples centres de détention.
Il a par ailleurs souligné que des actions de monitoring des prisons ont été menées dans plusieurs régions du pays, notamment à Zinder, Tahoua, Agadez, Diffa et Maradi, qui regroupent à elles seules près de 48 % de la population carcérale nationale, soit environ 1.825 détenus.
Concernant l’accès à l’eau potable dans les établissements pénitentiaires, le ministre a indiqué que de nouveaux forages répondant à des normes techniques plus adaptées sont en cours de réalisation afin d’améliorer durablement les conditions de vie des détenus.
Le ministre a enfin rappelé que les autorités accordent une attention particulière au respect des droits humains en milieu carcéral, tout en tenant compte des contraintes sécuritaires et des capacités économiques du pays.
Le ministre annonce d’importantes réformes pour accélérer le traitement des dossiers
Le Ministre de la Justice a annoncé, plusieurs réformes engagées dans le cadre de la refondation du système judiciaire nigérien, notamment l’adoption d’un nouveau Code pénal, du Code de procédure pénale ainsi que la révision du Code de la nationalité, lors d’un entretien accordé à la télévision nationale.
Le ministre a expliqué que ces réformes visent à adapter les textes aux réalités sociales du Niger, accélérer le traitement des dossiers judiciaires, renforcer la transparence de la justice et promouvoir les mécanismes alternatifs de règlement des différends, tels que la conciliation et l’arbitrage.
S’agissant de la délivrance des certificats de nationalité, il a indiqué que la compétence, auparavant réservée aux seuls tribunaux de grande instance, a été élargie aux tribunaux d’instance et aux tribunaux d’arrondissement communal afin de rapprocher les services judiciaires des populations et réduire les longues distances parcourues par les usagers.
Le Garde des Sceaux a également évoqué la relance de la procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), destinée à lutter contre la lenteur judiciaire en simplifiant le règlement de certains contentieux.
Près de 10.000 dossiers judiciaires reçus chaque année pour un taux de couverture juridictionnelle de 70,5%
Le Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, M. Alio Daouda, a expliqué, que la lenteur observée dans le traitement des dossiers judiciaires au Niger est liée à plusieurs contraintes structurelles, notamment l’insuffisance du personnel judiciaire, la faible couverture juridictionnelle et les exigences procédurales imposées par certaines affaires.
Dans un entretien accordé à la Radiotélévision du Niger (RTN), le ministre a indiqué que le Niger, avec une population estimée entre 28 et 30 millions d’habitants, ne dispose que de 534 magistrats, dont plusieurs exercent en dehors des juridictions.
Selon le ministre, le pays compte seulement 1,98 magistrat pour 100.000 habitants, un ratio inférieur à la moyenne ouest-africaine estimée entre 2 et 4 magistrats pour 100.000 habitants et très loin du standard mondial d’un magistrat pour 10.000 habitants.
Le ministre a également souligné le déficit en greffiers, évalué à 425 agents, alors que les normes recommandent deux greffiers par magistrat.
Il a rappelé que le greffier joue un rôle central dans la validation des actes judiciaires et le bon déroulement des audiences et des procédures.
Évoquant la couverture judiciaire du territoire, M. Alio Daouda a précisé que le Niger dispose actuellement de 55 juridictions de droit commun, comprenant 4 cours d’appel, 10 tribunaux de grande instance, 37 tribunaux d’instance et 5 tribunaux d’arrondissement communal, avec un taux de couverture juridictionnelle estimé à 70,5%.
Il a ajouté que sur les 27 nouveaux départements créés lors du dernier découpage administratif, seuls 6 disposent aujourd’hui d’un tribunal d’instance, citant notamment les localités d’Ingall, Falmey, Belbédji, Iférouane, Damagaram Takaya et Torodi.
Malgré ces difficultés, le ministre a salué les efforts fournis par les juridictions nigériennes qui, selon lui, traitent chaque année entre 7.500 et 10.000 dossiers, tout en poursuivant les réformes destinées à améliorer les performances de l’appareil judiciaire.
Le ministre a joué sa partition, il reste au cnsp et au gouvernement de prendre leurs responsabilités pour faire de la justice nigérienne, une vraie justice juste et au service du peuple nigérien.
Les passes droits, l’impunité et autres tares connus doivent être bannis et combattus. Pour éviter l’épineux problème de détournement et de vols au niveau des greffes, nous suggérons l’ouverture au niveau des banques d’un compte spécial et des coffres pour garder en toute sécurité et sûreté les biens saisis et scellés.
Les greffiers ne doivent plus garder des sommes colossales, sources de tentatives.
Les signatures pour enlever cet argent scellé doivent être élargies à plusieurs personnalités et qui seront toutes responsables en cas de malversations.
Trop de laisser aller a lieu dans ce secteur stratégique qui conditionne la vie de la nation. Il est temps d’y mettre fin.
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