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Kafra : le Niger avance avec prudence vers un nouveau potentiel pétrolier…

Kafra : le Niger avance avec prudence vers un nouveau potentiel pétrolier…

Niamey, 9 septembre 2026 – Le Niger entend poursuivre l’évaluation du bloc pétrolier de Kafra avec « prudence, transparence et détermination », afin de transformer son potentiel en une source durable de souveraineté énergétique, de recettes et d’emplois au profit des Nigériens, a déclaré mercredi le ministre du Pétrole, Hamadou Tini.

Lors d’un point de presse consacré à la campagne de forage lancée le 13 février 2026, le ministre a rappelé que le programme en cours prévoit le forage de quatre puits d’exploration sur une période de deux ans. Cette phase s’inscrit dans une autorisation d’exploration prorogée jusqu’au 3 juillet 2028.

« Il serait prématuré de donner aujourd’hui une date certaine du premier baril », a prévenu M. Tini. Selon lui, une éventuelle mise en production dépendra notamment des résultats des forages, de la confirmation des volumes, de la productivité des réservoirs, de la faisabilité technique, des infrastructures à réaliser et des financements à mobiliser.

Le gouvernement, a-t-il assuré, veut avancer rapidement, mais sans précipitation.

« Dans le pétrole, une mauvaise décision prise très tôt peut coûter beaucoup plus cher qu’une bonne décision prise au bon moment », a souligné le ministre.

Les travaux déjà réalisés sur le bloc de Kafra ont permis d’identifier plusieurs découvertes et un potentiel pétrolier jugé important. Les réserves 2P liées à une découverte effectuée sur le bloc avaient été estimées à environ 255 millions de barils en 2018.

Une étude prospective conduite en 2023 dans la partie nord du bloc a, par ailleurs, évalué les ressources prospectives à environ 2,5 milliards de barils.

Le ministre a toutefois insisté sur le caractère encore hypothétique de ce chiffre, soumis aux incertitudes géologiques et aux risques propres à l’exploration.

« Kafra est encore dans une phase d’exploration et d’évaluation », a-t-il expliqué, précisant que les quatre puits programmés doivent fournir des données supplémentaires sur la qualité des réservoirs, leur étendue, leur productivité et la viabilité économique d’un futur développement.

Le site recèle également un réservoir distinct d’huile lourde, dont les volumes sont estimés, sous réserve d’études complémentaires, à près de 168 millions de barils.

Ce potentiel pourrait, à terme, contribuer à l’alimentation d’une unité de production de bitume destinée aux marchés nigérien et régional des matériaux routiers.

Le bloc présente aussi un potentiel d’huile paraffinique susceptible d’intéresser les filières pharmaceutiques et pétrochimiques.



Pour Hamadou Tini, l’enjeu de Kafra dépasse la seule perspective d’une production de pétrole.

Le projet doit contribuer à la création de valeur nationale, à travers l’application de la loi sur le contenu local, le transfert de compétences, le renforcement des entreprises nigériennes et la maîtrise progressive des données et savoir-faire du secteur.

« Avec Kafra, le Niger n’attend pas seulement un nombre de barils, nous attendons une création de valeur nationale », a affirmé le ministre.

Les volumes officiels actualisés ne seront communiqués qu’après consolidation, certification et validation des résultats techniques et économiques, conformément aux normes reconnues dans l’industrie pétrolière.

Le projet Kafra est localisé dans la zone désertique du nord du Niger, dans la région d’Agadez, entre les départements d’Iferouane et de Bilma, à environ 85 kilomètres de la frontière sud de l’Algérie. Le bloc, qui couvre 11 467 kilomètres carrés, abrite notamment le puits d’exploration Kafra Sud-Est 1.

L’exploration pétrolière dans cette zone remonte aux années 1970, avec les forages historiques de Séguédine 1 en 1974 et de Tiffa 1 en 1975.

Depuis 2005, Sipex, filiale du groupe algérien Sonatrach, participe aux activités sur le bloc.

Les travaux ont permis l’acquisition, le traitement et l’interprétation d’environ 2 205 kilomètres de données sismiques 2D et de 760 kilomètres carrés de sismique 3D.

Deux puits d’exploration ont ensuite été forés en 2018 et 2019, avant l’actualisation du cadre du projet en 2022.

La prorogation de l’autorisation d’exploration et le lancement de la nouvelle campagne de quatre forages marquent ainsi une nouvelle étape dans l’évaluation du potentiel de Kafra.

L’ambition affichée par les autorités est que ce projet génère des emplois, des recettes, des compétences et de nouvelles opportunités pour les Nigériens, dans le cadre d’une coopération renforcée avec l’Algérie.

Source : Ministère du Pétrole et ANP