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« La sécurité du Niger est celle de l’Algérie » : Alger réaffirme son soutien sans réserve à Niamey…

« La sécurité du Niger est celle de l’Algérie » : Alger réaffirme son soutien sans réserve à Niamey…

À l’occasion du 72ᵉ anniversaire du déclenchement de la Révolution algérienne, l’ambassadeur d’Algérie au Niger, M. Saadi Ahmed, a réaffirmé, mardi 3 novembre 2026 à Niamey, la détermination de son pays à approfondir ses excellentes relations avec le Niger. Énergie, défense, formation, infrastructures et échanges commerciaux : le diplomate a présenté les principaux axes d’une coopération appelée à traduire les liens historiques de fraternité en réalisations concrètes.

La cérémonie a réuni des membres du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), du gouvernement et des institutions de la République, ainsi que des représentants du corps diplomatique et de nombreux amis de l’Algérie.

Au-delà de la commémoration, cette rencontre a permis de dresser un panorama des relations bilatérales, dans un contexte où les deux pays entendent renforcer leur concertation et conjuguer leurs efforts face aux défis de sécurité et de développement au Sahel.

Revenant sur le sens du 1ᵉʳ novembre 1954, M. Saadi Ahmed a rappelé que cette date avait ouvert la voie à la lutte ayant conduit à l’indépendance de l’Algérie, proclamée le 5 juillet 1962.

Il a évoqué les 132 années de colonisation française et rendu hommage au sacrifice de plus d’un million et demi de martyrs.

Le diplomate a également insisté sur le rayonnement africain de la Révolution algérienne, présentée comme une source d’inspiration pour les peuples engagés dans leur émancipation.

Évoquant la place de l’Algérie dans l’imaginaire des luttes de libération, il a repris l’image d’une terre de référence pour les révolutionnaires, comme La Mecque pour le pèlerinage musulman ou le Vatican pour les fidèles catholiques.

Ce rappel historique a servi de fil conducteur à son intervention . Pour l’ambassadeur, la solidarité avec le Niger s’inscrit dans le prolongement d’un attachement à la souveraineté, à la liberté des peuples et à la coopération africaine.

M. Saadi Ahmed a surtout insisté sur le caractère indissociable des destins des deux pays.

« L’Algérie est contre toute forme d’attaque, et a réaffirmé que la sécurité du Niger touche directement celle de l’Algérie », soulignant ainsi, la volonté d’Alger de soutenir Niamey dans la préservation de sa stabilité et de sa souveraineté.

Le diplomate a également été salué pour sa connaissance approfondie du Niger, où il a déjà servi. Frère et ami du pays, il est présenté comme un acteur expérimenté, rompu aux réalités du terrain et aux priorités de la coopération bilatérale.

Son dynamisme, souligné lors de la rencontre, est perçu comme un atout pour accélérer la mise en œuvre des engagements pris par les deux États.

La volonté de consolider les relations entre Alger et Niamey repose d’abord sur l’engagement de leurs dirigeants. Le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a notamment réaffirmé la disponibilité de son pays à répondre à toute demande officielle d’assistance de ses voisins : « Nous soutiendrons le Niger s’il nous le demande officiellement, de même que le Mali, et nous répondrons présents. »

Cette position traduit une approche revendiquée de bon voisinage et de respect de la souveraineté des États. Le soutien algérien au Niger, a rappelé le diplomate, concerne plusieurs domaines, du développement à l’énergie, en passant par la coopération militaire.

La visite de fraternité et de travail effectuée à Alger, les 15 et 16 février 2026, par le président nigérien, le général d’armée Abdourahamane Tiani, a constitué une étape importante de ce rapprochement.

Invité par son homologue algérien, le chef de l’État était accompagné d’une délégation comprenant notamment les responsables de la Défense nationale, des Affaires étrangères, de l’Énergie, du Pétrole et des Infrastructures.

Face à la menace terroriste, aux trafics illicites et aux difficultés de contrôle des frontières, la coopération de défense occupe une place croissante dans les relations algéro-nigériennes.

Il faut souligner que dans le cadre de notre coopération, l’Algérie a fourni à l’armée nigérienne quatre hélicoptères, ainsi que des équipements, des munitions, des pièces de rechange et des moyens de maintenance et de soutien logistique.

Il faut rappeler que sur instructions du président Abdelmadjid Tebboune, deux patrouilles de chasseurs Sukhoï Su-30, soit quatre appareils, accompagnées d’un avion de transport militaire et d’un avion ravitailleur, ont également été dépêchées dans la capitale nigérienne le 30 août 2026. Cette intervention, annoncée par le ministère algérien de la Défense nationale, visait à soutenir la sécurisation de l’espace aérien du Niger.

Au-delà de ces appuis matériels, les échanges portent sur le renseignement, la surveillance des frontières communes, la lutte contre le terrorisme et la gestion des flux migratoires. La signature, le 21 octobre 2026, d’un protocole d’accord militaire a donné un cadre supplémentaire à cette coopération.

Celui-ci couvre notamment la formation, l’équipement, la santé, le renforcement des capacités et la sécurisation des grands projets communs.

L’objectif affiché est de passer d’une assistance ponctuelle à une collaboration durable et coordonnée.

Le secteur énergétique constitue un autre axe majeur du partenariat. Les visites du ministre d’État algérien chargé des Hydrocarbures à Niamey, fin janvier, puis les 21 et 22 septembre 2026, ont notamment permis d’examiner les dossiers pétroliers et l’avancement du gazoduc transsaharien.

Dans le domaine de l’électricité, l’ambassadeur a mis en avant l’extension de la centrale de solidarité de 40 MW de Gorou Banda, destinée à améliorer l’approvisionnement de Niamey et de sa périphérie. Son inauguration a accompagné la dynamique de coopération portée par les deux gouvernements, notamment lors de la visite du Premier ministre algérien, Sifi Ghrieb, au Niger.

Sur le volet pétrolier, le lancement du puits d’exploration « Kafra Sud-Est 1 », le 13 août 2026 dans la région d’Agadez, figure parmi les réalisations phares. Conduit par ENAFOR, filiale de Sonatrach, en partenariat avec la Sonidep, ce forage vise, selon les estimations évoquées, à confirmer un potentiel de plus de 260 millions de barils.

Le gazoduc transsaharien demeure, quant à lui, l’un des projets les plus ambitieux.

Destiné à relier le Nigeria à l’Algérie en traversant le Niger, cet ouvrage d’environ 4 000 kilomètres, dont le coût est estimé à 13 milliards de dollars, doit contribuer à l’intégration énergétique régionale et à la diversification des voies d’approvisionnement en gaz. M. Saadi Ahmed a rappelé l’annonce, lors des échanges de février 2026, du lancement d’un premier tronçon passant par le Niger.

Il a également évoqué la poursuite des négociations techniques et le démarrage de travaux dans la wilaya algérienne d’Adrar, tandis que les consultations de septembre ont porté sur le tracé nigérien et les modalités de réalisation.

La coopération ne se limite pas aux infrastructures et aux équipements.

L’Algérie a également accordé au Niger un programme de 500 bourses de formation professionnelle dans différents métiers techniques et domaines liés à la sécurité.

À travers cette initiative, les deux pays entendent favoriser le transfert de compétences, renforcer les capacités des institutions nigériennes et développer des relations durables entre leurs établissements de formation.

L’enjeu est aussi de permettre à la jeunesse de mieux accéder aux possibilités d’emploi liées aux projets communs.

Dans le domaine numérique, l’ambassadeur a salué l’inauguration, le 6 octobre dernier, de l’interconnexion à fibre optique entre l’Algérie et le Niger.

Il a également souligné les perspectives offertes par l’ouverture des ports algériens aux produits nigériens et par l’installation annoncée d’une succursale bancaire algérienne à Niamey.

Ces initiatives doivent accompagner le développement des échanges et faciliter les opérations des acteurs économiques des deux pays.

Pour les deux partenaires, le principal enjeu reste désormais l’exécution des engagements. La finalisation des accords techniques et contractuels, la mobilisation des financements et la clarification des garanties d’investissement figurent parmi les conditions nécessaires à l’aboutissement des projets.

Le suivi devra également reposer sur des calendriers précis, des comités de pilotage bilatéraux et une évaluation régulière des retombées économiques et sociales.

La Haute Commission mixte, les consultations sectorielles et un tableau de bord commun des projets sont appelés à soutenir cette coordination.

Pour le Niger, cette coopération ouvre des perspectives en matière d’accès aux capacités techniques, industrielles et énergétiques, mais aussi de valorisation des ressources et de diversification des débouchés commerciaux.

Pour l’Algérie, elle s’inscrit dans une démarche de coopération Sud-Sud et de consolidation des liens avec son voisinage sahélien.

En clôturant son intervention, M. Saadi Ahmed a réaffirmé l’attachement de son pays aux relations historiques, humaines et culturelles qui l’unissent au Niger. Il a formulé des vœux de paix, de stabilité et de prospérité pour le peuple nigérien, tout en appelant à poursuivre l’élargissement d’un partenariat au service du développement et de l’intégration africaine.

Par Tamtaminfo News