Poursuivant sa série d’entretiens bilans avec les membres du gouvernement, la radio télévision du Niger a reçu le lundi dernier, le ministre de l’urbanisme et de l’habitat.
Le ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, M. Abdoul Kadri Amadou Daouda, a indiqué, que l’action de son département ministériel s’articule autour de trois axes stratégiques majeurs que sont l’amélioration du cadre de vie urbain, la promotion des matériaux locaux de construction et le renforcement du suivi-évaluation des politiques publiques du secteur.
Selon le ministre, ces orientations sont mises en œuvre à travers plusieurs structures techniques, notamment la Direction Générale de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Promotion du Logement (DGU-HPL), la Direction Générale de l’Architecture et de la Construction (DGAC) ainsi que la Direction Générale des Domaines de l’État (DGDE).
Il a également souligné le rôle de la Société Nigérienne de l’Urbanisme et de la Construction Immobilière (SONUCI) et de l’Institut Géographique National du Niger (IGNN), placés sous la tutelle technique de son ministère.
Concernant les défis du secteur, M. Abdoul Kadri Amadou Daouda a expliqué que ceux-ci sont fortement liés à la croissance démographique et à l’urbanisation rapide des villes nigériennes, entraînant une demande de plus en plus importante en logements et en terrains viabilisés.
Le ministre a relevé trois principales contraintes qui affectent la gestion foncière au Niger. Il a cité la rareté du foncier légalement aménagé et viabilisé, situation qui favorise les pratiques informelles d’accès à la terre. Selon le ministre, près de 80 % des Nigériens accèdent aujourd’hui au foncier à travers des mécanismes informels tels que les achats de champs ou les lotissements coutumiers.

La deuxième contrainte est liée à la coexistence du droit moderne et du droit coutumier en matière foncière, une situation qui engendre fréquemment des conflits et des ambiguïtés dans la gestion des terres.
La troisième concerne le faible rôle joué pendant plusieurs années par l’État dans la régulation du marché foncier, laissant ainsi le champ libre à la spéculation et aux opérations d’aménagement insuffisamment encadrées.
Il a, à cet effet, attiré l’attention sur les conséquences de cette situation, notamment l’étalement urbain, soulignant, à titre illustratif, que la ville de Niamey consomme en moyenne 1.000 hectares par an en nouvelles extensions urbaines, souvent sans infrastructures de base telles que l’eau, l’électricité ou les voies d’accès.
En plus, les litiges fonciers représentent environ 60 % des affaires traitées par les tribunaux, avant de souligner la vulnérabilité de nombreuses zones d’habitation construites dans des espaces inondables ou non constructibles.
Le Ministre Abdoul Kadri a évoqué enfin le défi financier auquel fait face son département, précisant que le ministère dispose d’un budget global d’environ 4 milliards de FCFA, masse salariale comprise, alors que les besoins d’investissement dans les domaines de l’urbanisme, du logement et du foncier demeurent considérables, rapporte l’agence nigerienne de presse.
Une réforme pour protéger locataires, bailleurs et intérêts de l’État
Le ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, M. Abdoul Kadri Amadou Daouda, a expliqué,, les principales dispositions du nouveau décret portant réglementation des loyers au Niger.
Selon le ministre, la nouvelle grille tarifaire distingue plusieurs catégories de logements en fonction de leur localisation, de leur niveau de standing et de leurs caractéristiques. Ainsi, dans les zones loties, les logements de type F2 (salon, chambre, cuisine et salle d’eau) à standing élevé, dotés d’une meilleure qualité de finition et d’une terrasse couverte, auront des loyers compris entre 30.000 et 40.000 FCFA, tandis que ceux de standing moyen varient entre 20.000 et 25.000 FCFA.
Pour les logements de type F3 (salon et deux chambres), les loyers oscillent entre 60.000 et 80.000 FCFA pour le standing élevé et entre 45.000 et 60.000 FCFA pour le standing moyen. Dans les zones traditionnelles, les loyers des F2 seront compris entre 30.000 et 35.000 FCFA pour le standing élevé et entre 15.000 et 25.000 FCFA pour le standing moyen. Les F3 seront quant à eux loués entre 50.000 et 60.000 FCFA pour le standing élevé et entre 40.000 et 45.000 FCFA pour le standing moyen.
Le ministre a précisé que le décret est déjà en vigueur, mais que son application effective nécessite l’adoption de textes complémentaires ainsi qu’une vaste campagne de sensibilisation impliquant les communes, les services déconcentrés de l’État et les médias.
M. Abdoul Kadri Amadou Daouda a souligné que cette réforme ne vise pas uniquement l’encadrement des loyers, mais répond également à des préoccupations fiscales et sécuritaires. À travers l’obligation de déclarer les contrats de bail auprès des communes, l’État entend constituer une base de données fiable sur les logements locatifs et améliorer le suivi des occupants.
Le ministre a également indiqué que des dispositions pénales sont prévues pour sanctionner les contrevenants, tout en privilégiant dans un premier temps la sensibilisation et l’adhésion des différents acteurs.
Le ministre a enfin assuré que l’État poursuivra les concertations avec les bailleurs, les locataires et les collectivités territoriales afin de garantir une mise en œuvre efficace de cette réforme destinée à protéger le pouvoir d’achat des citoyens, préserver les intérêts des propriétaires et stabiliser le marché locatif.
Urbanisme et habitat : 925 logements réalisés et plus de 11.000 parcelles mobilisées en 14 mois
Le ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, M. Abdoul Kadri Amadou Daouda, a indiqué, que son département a enregistré des résultats significatifs dans les secteurs du logement et du foncier depuis juillet 2025.
Selon le ministre, 925 logements ont été réalisés, achevés ou livrés en quatorze mois, dont 100 logements dans la zone de la Diaspora au profit des travailleurs, 300 logements sociaux destinés à la Garde nationale du Niger dans le cadre d’un programme global de 882 logements, 22 logements de type F1 pour les ménages modestes ainsi que 400 logements dans la cité de la Refondation à Sorey.
En matière de mobilisation foncière, M. Abdoul Kadri Amadou Daouda a annoncé l’aménagement de 4.785 parcelles à Diffa, 2.000 parcelles à Zinder, 1.200 parcelles à Tahoua, 1.000 parcelles à Dosso et 2.037 parcelles à Agadez, tandis qu’une opération en cours à Maradi devrait permettre de mobiliser 3.756 parcelles. À Tillabéri, le ministère prévoit également l’aménagement d’environ 400 parcelles.
Le ministre a également souligné que 882 parcelles ont été mises à la disposition de la Garde nationale du Niger, 974 parcelles à la Police nationale et 732 parcelles à la Gendarmerie nationale pour la mise en œuvre de programmes de logements sociaux.
Évoquant les perspectives, il a annoncé le lancement prochain de l’opérations de construction de 500 logements par région à l’intérieur du pays, tout en rappelant le démarrage du Schéma Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme, le précédent document de référence datant de 1984.
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