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Le président en exercice de la CEDEAO Maada Bio prône un partenariat renforcé avec l’AES

Le président en exercice de la CEDEAO Maada Bio prône un partenariat renforcé avec l’AES

Après la brouille puis la rupture totale avec la CEDEAO des états membres de l’AES, le nouveau patron de la présidence tournante de l’organisation communautaire plaide pour le renforcement de la coopération entre les deux organisations sous régionales de l’Afrique de l’ouest.

Le nouveau président en exercice de l’Autorité Cédéao multiplie les initiatives diplomatiques pour réconcilier l’organisation sous-régionale avec les trois pays sahéliens qui ont quitté la Communauté en janvier dernier.

Six semaines après le 67e sommet d’Abuja du 22 juin qui avait créé une troïka ministérielle pour gérer la sortie du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), le président sierra-léonais Julius Maada Bio a relancé mardi l’appel au dialogue avec les pays de la Confédération des États du Sahel (AES).

Le nouveau président en exercice de l’Autorité de la Cédéao a plaidé pour un « partenariat plus étroit et plus fort » entre les deux blocs ouest-africains, marquant une continuité dans la stratégie de réconciliation initiée par son prédécesseur nigérian Bola Ahmed Tinubu.

Cette déclaration a été faite lors d’une rencontre au Palais présidentiel de Freetown avec le président de la Commission de la Cédéao, Dr Omar Alieu Touray, dans le cadre d’une visite de courtoisie.

« Il est impératif que nous construisions une relation plus forte entre la Cédéao et les nations de l’AES et que nous exploitions ce partenariat pour l’avancement de notre Communauté », a déclaré M. Bio, faisant référence au Burkina Faso, au Mali et au Niger.

Le chef d’État sierra-léonais a souligné que ces liens sont « fondamentaux pour promouvoir le commerce, la libre circulation et renforcer la paix et la sécurité dans la région ».

Une diplomatie post-rupture en construction

Cette initiative intervient sept mois après l’entrée en vigueur effective du retrait des trois pays sahéliens de la Cédéao (janvier 2025), conformément à l’article 91 du traité révisé prévoyant un délai d’un an depuis l’annonce initiale de janvier 2024.

Le sommet d’Abuja du 22 juin avait mis en place une troïka ministérielle, épaulée par un négociateur en chef et le président de la Commission Cédéao, pour « encadrer politiquement et techniquement » cette sortie historique. Cette structure doit notamment préserver les droits des citoyens, gérer les conséquences institutionnelles et sécuritaires, tout en maintenant la libre circulation des personnes et des biens.

L’appel de Julius Maada Bio s’inscrit dans la lignée de celui lancé par son prédécesseur Bola Ahmed Tinubu qui, lors du sommet d’Abuja, avait déclaré : « Nos portes leur restent ouvertes pour l’unité, la solidarité et la vision commune de l’avenir ».

De leur côté, les trois pays de l’AES ont renforcé leur autonomie institutionnelle depuis la création de leur cadre confédéral en juillet 2024, se dotant d’un drapeau, d’un hymne, d’un passeport commun et d’un projet de force militaire conjointe.

La rencontre de Freetown fait suite à la session de dialogue tenue à Bamako le 22 mai dernier entre la Commission Cédéao et les ministres des Affaires étrangères de l’AES, témoignant d’une volonté commune de maintenir le dialogue malgré la rupture institutionnelle.

Par ailleurs, Julius Maada Bio a annoncé son soutien aux « processus de transition démocratique et électoraux » dans la sous-région, citant notamment la transition en cours en Guinée et les élections prévues en Côte d’Ivoire et en Guinée-Bissau.

Le président Bio a également proposé la tenue d’un « Sommet spécial axé sur l’avenir de la région ouest-africaine » après « 50 ans de coopération, de collaboration et d’intégration ».

De son côté, Dr Omar Alieu Touray a fait le point sur la situation politique dans plusieurs États membres et sur les questions liées à la Taxe communautaire de développement (TCD).

Le président de la Commission Cédéao a par ailleurs assuré que « une mission d’évaluation sera prochainement déployée en Sierra Leone et en Guinée » pour contribuer à résoudre le différend frontalier de Yenga entre les deux pays.
Une coopération régionale décomplexée et sûre permettra à coup sûr à la sous région de faire face à tous les défis qui se posent avec beaucoup plus d’efficacité.
La CEDEAO est mal gouvernée avec un budget financé à plus de 70% par l’extérieur, elle ne pourra jamais être efficace et indépendante sans une réforme profonde de ses institutions.
Sa nonchalance et/ ou sa complicité dans les triturations des constitutions par certains chefs d’État de la sous région est en grande partie responsable de l’arrivée au pouvoir des militaires dans certains pays.
L’avenir de cette institution dépendra de son engagement au service exclusif du peuple ouest africain.

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