Après que le gouvernement du Niger a décidé de la nationalisation de la société nigerienne d’électricité ( Nigelec), nous venons de recevoir une notification de la a lettre N°510/D du 24 novembre 2011 du directeur de l’Agence Française pour le Développement du Niger, (l’AFD) , Monsieur SARTENA, qui rappelle aux autorités compétentes nigériennes que l’Agence Française de Développement au Niger a démissionné de son mandat d’administrateur de la NIGELEC depuis le 22 mai 2007.
Quelle réflexion nous inspire cette ” grande gifle” au gouvernement du Niger par la faute du ministère de l’énergie trop pressé de nationaliser la NIGELEC ?
La problématique qui se pose dans cette affaire de la nationalisation de la NIGELEC, est de savoir ce que l’Etat du Niger gagne de plus dans la nationalisation d’une société d’économie mixte dont il est à 99, 7 % actionnaire dans le capital ?
L’ Etat du Niger a le pouvoir discrétionnaire de nommer le directeur général de la NIGELEC, il est majoritaire dans le conseil d’administration , la mauvaise gestion financière et les mauvais choix stratégiques ne relèvent pas uniquement de la direction générale de la NIGELEC, la responsabilité est partagée entre les gouvernants et les différents responsables qui se sont succédés à la tête de la NIGELEC.
Il n’est un secret pour personne que la NIGELEC est la vache laitière des différents gouvernants qui se sont succédés à la tête de l’État du Niger.
Les différents rapports d’enquêtes administratives et d’audits prouvent cette triste réalité.
La réforme apportée durant le mandat du président Mamadou TANDJA ne permet pas à un ministre de tutelle de disposer des ressources financières de la société sans passer par le conseil d’administration.
Une vigilance accrue s’avère très nécessaire dans l’organisation de la nationalisation.
Les arguments relatifs à la participation de l’AFD au conseil d’administration et à l’assemblée générale des actionnaires ne tient pas devant la réalité du terrain.
Pour ceux qui se rappellent du 1er débat télévisé sur la situation de la NIGELEC auquel nous avons assisté en tant qu’analyste indépendant avec un acteur de la société civile, les représentants, de la NIGELEC et du ministère de l’énergie, il nous a été informés que l’AFD est toujours actionnaire au capital de la NIGELEC.
Un document officiel a été produit à cet effet.
Au deuxième débat avec deux acteurs de la société civile, un responsable syndical représentant le personnel du ministère de l’énergie , un retraité de la NIGELEC ,
(Les syndicats de la NIGELEC étaient absents au débat très enrichissant animé par le conseiller du président de la république, Abdoulaye Tiemogo) , la présence de l’ AFD en tant qu’administrateur a été encore rappelé
Cependant par courrier N°2007/GOA , N°158 du 22 mai 2007, que nous venons de prendre connaissance, le directeur de l’AFD a notifié la démission du mandat d’administrateur de la NIGELEC, conformément à la nouvelle politique de retrait de ses participations financières prônée par son institution en vue de se recentrer sur des activités de financement de développement.
L’ AFD dit qu’elle ne peut plus désigner un mandataire pour siéger au conseil d’administration et à l’assemblée générale des actionnaires de la NIGELEC.
Si une telle information avait été portée à la haute attention du gouvernement la nationalisation de la NIGELEC serait faite sous une autre forme plus adaptée à la réalité socio-économique du pays .
En outre par lettre N°002653/NIGELEC/SG du secrétaire général de la NIGELEC, il a été proposé au groupe des actionnaires salariés la cession de 3945 actions de l’AFD.
Le groupe des actionnaires a marqué son intérêt pour le rachat des actions de l’AFD.
À notre humble avis, si le conseil des ministres avait disposé des bons éléments d’appréciations, il aurait dû s’en passer de la nationalisation coûteuse de la NIGELEC.
Une réorganisation et une rationalisation de la gestion de la NIGELEC, serait plutôt profitable que la nationalisation. En effet, l’Etat est actionnaire majoritaire.
Une institution de la gestion par taux d’objectifs permettrait de trouver des solutions heureuses et définitives.
La nouvelle problématique qui se poserait serait de savoir comment le ministère de l’énergie a pu cacher cette information capitale au public qui notifie que l’AFD n’est plus administrateur de la NIGELEC depuis 2007 .
Cette manière de faire met le gouvernement du Niger mal à l’aise .
Avec la production qui vient d’être faite des justifications qui prouvent que l’AFD n’est plus dans le capital de la NIGELEC, cette façon de faire ridiculise le gouvernement aux yeux de ses partenaires extérieurs .
La gestion d’une bonne refondation de la république pour tendre vers une restauration de la bonne gouvernance démocratique et économique ne peut s’accommoder des faux-fuyants et des graves erreurs d’appréciations.
Le ministère de l’énergie aurait dû présenter d’autres arguments plus scientifiques pour justifier la nationalisation de la société que de mettre, entre autres, en avant la participation de l’AFD au capital de la NIGELEC .
Aujourd’hui, cet argumentaire est vidé de son sens, l’AFD n’est plus dans le capital de la NIGELEC depuis 2007.
À notre humble avis, à partir du moment où certaines informations sont cachées à l’opinion publique et même curieusement au gouvernement, le président de la république , chef de l’Etat se devrait d’avoir une seconde lecture sur la situation de la NIGELEC . Une enquêtes administrative très approfondie se devrait de bien relater la situation exacte de la NIGELEC.
La BOAD est disposée à investir près de 28 milliards de francs CFA pour sauver la NIGELEC.
C’est un bijoux national très précieux qui mérite un bon diagnostic et un traitement approprié sans complaisance.
Le CNSP a la lourde et exaltante mission de ne pas se tromper sur un traitement à administrer à la NIGELEC, il y a trop des nons dits dans cette affaire de la nationalisation de la NIGELEC.
Le personnel doit être associé à toutes les étapes.
C’est le Niger qui gagne !
C’est un simple cri d’un citoyen !
Isssoufou BOUBACAR KADO MAGAGI


