L’article publié par le quotidien L’Enquêteur en date du 24 mars 2026 met en évidence une affaire de fraude liée à l’utilisation de fausses quittances de la Direction Générale des Impôts. Les faits rapportés concernent un mécanisme de détournement de chèques destinés au Trésor public, avec des complicités présumées au sein de l’administration fiscale et l’implication d’un agent de l’Entreprise MOREY.
Une lecture rigoureuse des éléments disponibles impose toutefois de distinguer clairement les responsabilités individuelles du fonctionnement global de la structure.
Les paiements évoqués ont été effectués par MOREY sous forme de chèques de banque certifiés, conformément aux procédures prévues par la réglementation fiscale nigérienne en matière de règlement des droits et taxes. C’est dans le cadre d’un contrôle fiscal que l’entreprise a identifié des anomalies, en constatant que les quittances reçues ne correspondaient pas aux paiements réellement effectués. Ce point est déterminant : il établit que l’entreprise a respecté ses obligations fiscales et qu’elle a été confrontée à un détournement intervenu en dehors de son contrôle direct. Le mécanisme décrit repose sur l’interception des chèques après leur émission, avec une chaîne de complicités internes à l’administration, avant leur réintroduction dans un circuit informel. Ce type de fraude, lorsqu’il est confirmé, relève d’un dysfonctionnement grave du système de sécurisation des recettes publiques, sujet déjà évoqué dans plusieurs analyses sur la gouvernance financière en Afrique de l’Ouest.
Il est également établi que les personnes mises en cause ont été identifiées, inculpées et placées sous mandat de dépôt par le Pôle économique et financier du Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Niamey, ce qui confirme que l’affaire est traitée sur le plan judiciaire et que les responsabilités sont examinées à titre individuel.
Dans toute organisation, des comportements déviants peuvent survenir, sans pour autant refléter la ligne de conduite de l’ensemble de la structure. En l’espèce, l’implication d’un agent de l’entreprise, en collusion avec des agents publics, relève d’une faute personnelle grave, en rupture totale avec les règles internes et les exigences de conformité qui encadrent les opérations financières.
Au regard de son parcours, l’Entreprise MOREY s’inscrit dans une dynamique reconnue d’exécution de projets publics, de respect des engagements contractuels et de participation à l’effort national.
Son Président Directeur Général, M. Mahamane Moussa Morey, figure parmi les entrepreneurs nigériens régulièrement associés à des actions concrètes en appui aux institutions et aux collectivités. Les éléments publics récents confirment cet engagement.
Le 15 août 2025, l’Agence Nigérienne de Presse a rapporté le don par l’Entreprise MOREY de deux engins lourds à la Ville de Niamey, pour une valeur supérieure à 184 millions de FCFA. Le 16 décembre 2025, le quotidien Le Sahel a relaté la remise de 158 motos au Ministère de l’Équipement et des Infrastructures pour appuyer les efforts de sécurisation. Le 20 février 2025, le même journal a publié l’information relative à la distinction du PDG par la médaille de la souveraineté “Sarauniya Mangou”, en lien avec des actions à portée sociale, notamment la réhabilitation d’une voie d’accès universitaire et hospitalière.
Par ailleurs, les interventions de l’entreprise sur des axes à forte fréquentation, comme la route Niamey-Balleyara-Loga, s’inscrivent dans la politique nationale d’entretien routier et répondent à des enjeux majeurs de mobilité et de sécurité. À cela s’ajoutent des travaux de drainage urbain à Niamey, incluant la réalisation de collecteurs et de chaussées drainantes, contribuant à la gestion des eaux pluviales et à la préservation des voiries. Ces réalisations, menées dans le cadre de marchés publics exigeants, témoignent d’une capacité d’exécution éprouvée et d’une maîtrise technique reconnue, fondées sur des procédures internes rigoureuses et une discipline de gestion qui contredisent l’hypothèse d’une quelconque complaisance à l’égard de pratiques frauduleuses.
La découverte des irrégularités par l’entreprise elle-même, dans le cadre de ses vérifications internes, constitue un indicateur essentiel de la qualité de sa gouvernance. Loin d’avoir cherché à dissimuler ou à minimiser les faits, MOREY a entrepris les démarches nécessaires à l’établissement des responsabilités, en coopération avec les autorités judiciaires. Cette attitude, conforme à l’éthique des affaires et aux principes de transparence, distingue fondamentalement l’entreprise d’un opérateur qui aurait pu, par négligence ou par complicité, favoriser le détournement. La mise en cause d’un agent isolé, dont les agissements contredisent les valeurs et les procédures internes, ne saurait être assimilée à une orientation managériale ou à une tolérance institutionnelle.
Dans ce contexte, il apparaît clairement que l’affaire des fausses quittances ne remet pas en cause le sérieux ni la qualité du travail de l’Entreprise MOREY.
Les faits établis indiquent une structure qui a respecté ses obligations de paiement, qui a découvert les irrégularités dans le cadre de ses propres vérifications et qui se retrouve affectée par un système frauduleux externe impliquant des complicités administratives et un agent déviant. La question soulevée par cette affaire dépasse le cadre d’une seule entreprise. Elle renvoie à la nécessité de renforcer les mécanismes de contrôle, de traçabilité et de sécurisation des circuits financiers publics, afin de prévenir ce type de dérives et de protéger à la fois l’État et les opérateurs économiques de bonne foi.
L’Entreprise MOREY demeure, au regard des faits disponibles et des références publiques, une structure sérieuse, conforme à ses obligations et engagée dans l’effort national. Les agissements isolés d’un individu ne sauraient altérer la crédibilité d’un parcours construit sur la durée, fondé sur la conformité, l’exécution rigoureuse et la contribution à l’intérêt collectif. La confiance que les institutions publiques continuent d’accorder à l’entreprise, à travers la conclusion de nouveaux marchés et le renouvellement des partenariats, atteste de la reconnaissance par l’État de la fiabilité d’un opérateur qui, malgré la faute d’un de ses agents, reste pleinement engagé aux côtés des pouvoirs publics dans les chantiers prioritaires de la nation.
Par Ousmane Jazy


