MB&IN analyse à travers cet article, l’argumentaire farfelu de la France contre le Niger dans ce bras de fer qui oppose les deux nations sur l’uranium nigérien qui était jusqu’alors exploité par Orano, une société française.
Sans passer par quatre chemins, notre analyste affirme d’emblée que c’est :
” Une accusation juridiquement bancale : on ne « vole » pas ses propres ressources. On ne vole pas ses propres ressources, cela doit être clairement entendu. L’uranium appartient au Niger et non à la France. L’analyste poursuit : “
Qualifier le Niger de « voleur d’uranium » extrait sur son propre territoire relève d’un sophisme juridique majeur.
En droit international :
La souveraineté permanente des États sur leurs ressources naturelles est un principe fondamental (résolutions de l’ONU, droit coutumier).
Un État ne peut juridiquement voler ce qui se trouve dans son sol, sauf s’il existe un titre de propriété privé reconnu et valide au-dessus de la souveraineté nationale”.
Or dans ce cas précis, Orano exploitait seulement l’uranium nigérien, dans des mines qui sont logées sur le sous sol nigérien et dans un pays qui s’appelle le Niger, un pays indépendant, reconnu par l’ONU et qui dispose de tous les attributs de sa souveraineté.
C’est dire en revenant à notre analyste que “
Orano n’est pas propriétaire de l’uranium, mais bénéficiaire de concessions minières.
Une concession n’est ni éternelle, ni supérieure à la souveraineté de l’État.
La nationalisation, qu’on l’approuve ou non politiquement, est un acte de souveraineté reconnu en droit international, à condition d’indemnisation équitable — débat distinct du qualificatif pénal de « vol ».”
En s’engageant sur le qualificatif pénal de vol d’un bien qui appartient au Niger, Orano et la France cherchent à avoir un argument juridique contraignant au niveau de leurs tribunaux pour avoir un motif d’entrer en conflit avec le Niger.
On a volé la France, la justice française sur la base d’une enquête des services secrets français va confirmer et le motif valable sera trouvé.
Ce terme alambiqué ne tient pas et ne tiendra pas devant une instance juridique réellement indépendante, mais devant la justice française oui, car c’est une justice aux ordres.
L’analyste poursuit :” Parler de « vol » est donc juridiquement abusif : il s’agit au mieux d’un différend contractuel, pas d’un crime”.
Comme Orano est au rouge, l’uranium bon marché où l’uranium confisqué au Niger depuis plus de 60 ans fait défaut aujourd’hui depuis l’avènement du cnsp au pouvoir le 26 juillet 2023, il faut s’appuyer sur” sa justice pour se rendre justice ” afin de continuer dans un semblant de légalité et de légitimité à continuer à siphonner les richesses minières du Niger.
Selon notre analyste, l’acte posé par Orano est “Une instrumentalisation du droit pénal français hors de sa compétence naturelle”.
Le parquet de Paris ouvre une enquête pour des faits :
supposément commis au Niger, sur un bien situé au Niger, par un État souverain.
Ceci pose un problème fondamental :
Le droit pénal français n’a pas vocation à criminaliser des décisions souveraines étrangères, sauf cas très stricts (terrorisme, crimes internationaux, etc.).”
Le Niger est un état souverain, il n’est ni un département français encore moins un territoire d’outre mer. Il exerce pleinement sa souveraineté sur un produit extrait de son sous-sol qui lui appartienne et la France veut se servir de sa justice pour le confisquer.
Ici, souligne notre analyste, “on assiste à une judiciarisation politique d’un conflit économique post-colonial.” La France, à travers Orano pense encore que le Niger et les produits du sous sol nigérien sont sa propriété exclusive. Elle feint d’oublier que le Niger est un état indépendant depuis 1960 et que depuis le 26 juillet 2023, ce pays exerce pleinement sa pleine souveraineté sur toutes ses ressources minières.
Raison pour laquelle, l’analyste indique dans ce bras de fer, “Le droit pénal est utilisé comme outil de pression géopolitique, non comme instrument de justice”.
Pour brouiller les pistes et embarquer dans sa folie une partie de l’opinion publique occidentale, on sort l’épouvantail russe. C’est la Russie qui est derrière tout ça clame t-on à l’Elysée.
” Cet argument de la Russie est un écran de fumée stratégique.
L’évocation insistante de la Russie sert à déplacer le débat du droit de propriété vers celui de la sécurité et de l’ingérence ; créer une narration anxiogène : uranium – Russie – terrorisme – Al-Qaïda.”
Rhétorique habituelle d’un occident en perte de vitesse et d’une France en décadence. La Russie est accusée partout d’être responsable de la descente aux enfers de la France arrogante, méprisante et condescendante.
De l’avis de notre analyste, “
Le Niger a le droit souverain de vendre ses ressources à qui il veut, tant que cela respecte les normes internationales.
La France elle-même achète et vend de l’uranium à l’échelle mondiale sans demander l’autorisation de pays tiers”.
Aujourd’hui, la France est à genoux, la France est aux abois, celle qui ” achetait notre uranium par pure bonté ” , selon l’expression d’un ancien subordonné de la France, veut par tous les moyens” récupérer ce qu’elle a perdu “.
Notre analyste de souligner que “La Russie n’est pas la cause du problème, mais le prétexte narratif pour délégitimer une reprise de contrôle économique africaine.”
Ce contrôle est devenu nécessaire, car pendant toute la période d’exploitation de l’uranium nigérien par la France, aucun investissement sérieux n’a été fait au Niger. Pendant que la France grâce à l’uranium nigérien s’est électrifiée et vend même l’électricité à beaucoup de pays européens, le Niger durant cette période est obligé d’importer de l’électricité du Nigeria. Pendant que les villes françaises sont resplendissantes avec des infrastructures de haut standing, les villes nigériennes croupissent dans la misère avec des routes en piteux état. Pendant que les hôpitaux hexagonaux possèdent la technologie de dernière génération, les hôpitaux nigériens manquent de tout. Pendant que la France est considérée comme une puissance, le Niger est classé parmi les pays les plus pauvres du monde. L’uranium nigérien en un mot n’a apporté que misère et désolation aux populations d’Arlit et de ses environs.
C’est pourquoi d’ailleurs, notre analyste parle “d’une amnésie sélective sur 65 ans d’exploitation asymétrique” .
Mieux, indique-t- il, ” l’accusation française souffre d’un déficit moral évident , pendant plus de six décennies, l’uranium nigérien a alimenté l’électricité française, a soutenu la dissuasion nucléaire française, sans enrichir significativement les populations locales d’Arlit, avec des conséquences sanitaires et environnementales documentées. Aucun parquet français ne s’est jamais saisi des contrats léonins, des prix historiquement sous-évalués, ni des externalités sociales et écologiques”.
La France faisait simplement du chantage aux autorités nigériennes et tout président nigérien qui oserait demander ne serait ce qu’une juste rémunération pour l’uranium nigérien est automatiquement renversé par un coup d’état militaire commandité par la France.
Notre analyste de renchérir ” Parler aujourd’hui de « vol » relève donc d’un renversement accusatoire profondément fallacieux.
Ce qui est réellement en jeu : la fin d’un privilège, pas un crime.
Le cœur du problème n’est ni l’uranium disparu, ni la Russie, ni la sécurité, c’est la perte d’un privilège stratégique hérité de l’ordre colonial.”
Dans ce cas de figure, le Niger est en plein droit de jouir des produits de son sous-sol. Que la France le veuille ou pas, l’uranium appartient au Niger et ce pays souverain ne demandera à personne le droit de vendre son uranium à qui il veut, pourvu que l’acheteur respecte le droit international.
Actuellement martèle notre analyste, “Quand un État africain réclame le contrôle de ses ressources , on parle de « junte » ; il nationalise, on parle de « vol » ; il diversifie ses partenaires, on parle de « menace étrangère ».
C’est une logique de délégitimation systématique, pas une analyse juridique honnête”.
En conclusion, il souligne clairement et sans ambiguïté, qu'” On ne vole pas ce qui se trouve sur son propre territoire souverain: une concession, une propriété. Le pénal français est instrumentalisé à des fins géopolitiques.
L’argument russe sert de diversion.
Le Niger exerce un droit souverain reconnu.
Le vrai conflit est économique et post-colonial.”
Le Niger doit se préparer en conséquence, la France est prête à tout pour reprendre le pillage systématique des ressources minières nigériennes. Elle ne reculera pas facilement. Souvenez-vous lorsqu’elle avait voulu attaquer le Niger sous le drapeau de la CEDEAO ce n’est point pour sauver la démocratie où réinstaller l’ex président bazoum, elle n’en a cure. La France voulait simplement protéger son uranium et continuer son jeu favori, la division des nigériens.
Une union sacrée est donc nécessaire pour protéger le pays et ses institutions.
Namalka Bozari


