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Radiation du corps de la magistrature du SG de l’ex Saman

Radiation du corps de la magistrature du SG de l’ex Saman

Le secrétaire général du syndicat autonome de la magistrature ( Saman), un syndicat dissout par le ministère de l’intérieur a été radié du corps de la magistrature.

Cette radiation intervient à la suite d’un communiqué de presse au vitriol où il s’est attaqué sans gants au ministre de la justice.

Le Président de la République, Chef de l’État, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani a signé aujourd’hui , jeudi 14 août 2025, un décret portant radiation d’un magistrat.

Au terme de ce décret, “le magistrat Abdoul-Nasser Bagna Abdourahamane, magistrat de 3ème grade, 6ème échelons, matricule 100.389/A est radié du corps de la magistrature à compter de la date de la signature du présent décret “.
Réagissant à cette radiation, le Saman à travers son secrétaire général adjoint a appelé tous les magistrats à déposer la toge et à observer une justice morte jusqu’à la réhabilitation de son secrétaire général.
Le magistrat Abdoul-Nasser Bagna Abdourahamane en sa qualité du Secrétaire Général du Syndicat Autonome des Magistrats du Niger (SAMAN), avant sa dissolution le 7 août 2025, par arrêté N°586/MISP/AT/SG du Ministre de l’Intérieur, a fait fi de la mise en garde du ministre de la justice, qui avait lors de son point de presse du vendredi dernier rappelé que tout contrevenant à cette dissolution du Saman récoltera les conséquences de sa révolte.
Il avait notamment qualifié la décision ministérielle du 7 août, relative à sa dissolution, d’« arbitraire » et de « violation flagrante » des conventions internationales ratifiées par le Niger, citant notamment les conventions 87 et 98 de l’Organisation internationale du travail. Le syndicat dénonce « une attaque inacceptable contre le droit des magistrats à s’organiser » et affirme que cette dissolution « sape la séparation des pouvoirs et porte un coup sévère à la crédibilité des institutions ».

Dans un communiqué, le SAMAN accuse le ministre de la Justice, Alio Daouda, d’« acharnement personnel » et de chercher à « justifier l’injustifiable » lors d’un point de presse tenu le 8 août. Il appelle à « une mobilisation accrue » des acteurs judiciaires, de la société civile et des médias pour défendre l’indépendance de la justice et « condamner toute tentative de soumettre la justice à des influences politiques ».

Cette nouvelle prise de position rejoint les protestations exprimées par d’autres syndicats, organisations professionnelles et la société civile, qui dénoncent unanimement la dissolution comme une « atteinte aux droits syndicaux et à l’indépendance de la justice ».

Le gouvernement justifie ces dissolutions par des dysfonctionnements internes, un non-respect de l’éthique, des comportements contraires au bon fonctionnement du service public, et des revendications jugées irréalistes. Cette situation s’inscrit dans un contexte politique caractérisé par des restrictions accrues des libertés civiles depuis le coup d’État de juillet 2023, avec la junte au pouvoir multipliant les mesures répressives contre les syndicats et la société civile.

Le SAMAN appelle à une mobilisation large pour défendre l’indépendance de la justice et faire obstacle à toute tentative de politisation du système judiciaire nigérien.
Aujourd’hui la sanction lourde est tombée et les mots d’ordre lancés.
Quelle sera la réaction des autorités compétentes, celle des autres membres et militants de l’ex Saman?
Quelle sera la réaction des autres structures syndicales?
Les prochains jours risquent d’être chauds.
N. B : au moment où nous mettons en ligne, nous apprenons que le secrétaire général adjoint du Saman vient d’être aussi radié du corps de la magistrature.

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