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Coopération Algérie – Niger : un levier stratégique pour la NIGELEC et les abonnés nigériens

Coopération Algérie – Niger : un levier stratégique pour la NIGELEC et les abonnés nigériens

La coopération énergétique entre le Niger et l’Algérie s’est accélérée à la suite de la visite officielle de Son Excellence le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, Président de la République et Chef de l’État, en Algérie en février 2026. Cette visite a marqué une relance politique claire du partenariat bilatéral dans les secteurs stratégiques, notamment l’énergie, avec un engagement explicite de renforcer la coopération technique entre Sonelgaz et la NIGELEC (APS, février 2026 ; Présidence de la République du Niger, communiqué officiel). Elle a constitué le point de départ d’une dynamique déjà amorcée en 2025 avec la signature d’un mémorandum d’entente entre les deux entreprises publiques.

En février 2025, Sonelgaz s’était engagée à accompagner la réalisation d’une centrale électrique d’environ 40 mégawatts au Niger, avec un volet technique et de formation associé (Radio Algérienne, 26 février 2025). En février 2026, l’Agence Ecofin relayant l’Agence de presse algérienne annonçait l’envoi imminent d’experts de Sonelgaz à Niamey pour l’examen technique du site retenu, confirmant l’entrée du projet dans une phase d’évaluation concrète (Agence Ecofin, 18 février 2026).

Cette coopération intervient dans un contexte énergétique national exigeant. Selon les données de la Banque mondiale, le taux d’accès à l’électricité au Niger était d’environ 20 pour cent en 2023, avec un taux rural inférieur à 10 pour cent, ce qui place le pays parmi ceux ayant les plus faibles niveaux d’accès en Afrique subsaharienne (Banque mondiale, indicateurs énergie 2023). Par ailleurs, les importations d’électricité depuis le Nigeria ont représenté historiquement près de 60 à 70 pour cent de l’énergie consommée sur certaines périodes, exposant le pays aux risques liés aux interconnexions transfrontalières et aux fluctuations d’approvisionnement (Banque mondiale, projets énergie Niger 2021–2023).

Dans ce cadre, l’ajout d’une capacité nationale de 40 mégawatts constitue un apport réel. Rapporté à une capacité installée nationale estimée autour de 300 mégawatts ces dernières années, un tel ajout peut représenter plus de 10 pour cent d’augmentation de capacité disponible, ce qui améliore la marge de sécurité du système électrique. Pour la NIGELEC, cela signifie une capacité accrue à stabiliser la production locale, à réduire la pression sur les importations et à mieux gérer les pics de demande pendant les périodes de forte chaleur.

La plus-value pour les abonnés nigériens est concrète. Une capacité supplémentaire bien intégrée au réseau peut réduire la fréquence des délestages, améliorer la stabilité de la tension et renforcer la continuité du service dans les centres urbains. Elle peut également soutenir l’extension progressive du réseau vers de nouvelles localités, en cohérence avec les objectifs d’augmentation du taux d’accès national.

Au-delà de l’infrastructure, la coopération technique inclut un volet de formation et de transfert de compétences. Ce point est essentiel. Le renforcement des capacités internes en matière d’exploitation, de maintenance et de gestion du réseau permet à la NIGELEC de consolider son autonomie technique. Une meilleure maîtrise des équipements réduit les délais d’intervention en cas de panne et améliore la fiabilité globale du service.

La visite présidentielle en Algérie a ainsi servi de catalyseur politique à une coopération technique qui répond à des besoins clairement identifiés. Elle a permis de transformer une intention sectorielle en projet opérationnel concret. Pour la NIGELEC, cette dynamique représente une opportunité de modernisation et de consolidation institutionnelle. Pour les abonnés nigériens, elle ouvre la perspective d’un service plus stable, d’une réduction progressive de la dépendance extérieure et d’un accès élargi à l’électricité.

La réussite de ce projet dépendra de la capacité de la NIGELEC à assurer une intégration technique rigoureuse et un pilotage efficace. Les données disponibles montrent que la coopération Algérie – Niger constitue aujourd’hui l’un des leviers les plus solides pour renforcer durablement le système électrique national.

Par Ousmane Jazy