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Crise dans le secteur judiciaire : halte à l’intoxication

Crise dans le secteur judiciaire : halte à l’intoxication

Pendant qu’un comité composé de personnalités sages, responsables et patriotes s’est fortement mobilisé pour éteindre le feu qui ravage depuis quelques temps le secteur judiciaire nigérien, certains acteurs de la société civile notoirement connus s’exaltent à mettre de l’huile de feu.
C’est ainsi qu’à travers un écrit posté sur sa page Facebook l’un de ces acteurs s’est attaqué à l’institution judiciaire et aux magistrats.
Il avait indiqué :
“Mafia judiciaire : la vérité commence à sortir !
Il aura fallu la dissolution des syndicats de magistrats pour que les langues se délient enfin. Hier, en pleine réunion, un ancien Secrétaire général du syndicat dissout a révélé l’existence par le passé d’un système mafieux : un quota occulte de dix postes réservés au syndicat lors des affectations des magistrats !

  • Qui a institué cet apartheid judiciaire ?
  • À qui étaient destinés ces postes stratégiques distribués dans l’ombre ?
  • Comment un syndicat censé défendre l’indépendance de la magistrature a-t-il pu s’arroger un droit aussi scandaleux ?
    Faut-il donc comprendre que ce système s’est perpétué avec la complicité tacite ou le silence des différents ministres de la Justice qui se sont succédé ?
    Dix postes, non pas dans des juridictions secondaires, mais dans les postes clés qui permettaient de contrôler la justice au service d’intérêts obscurs. Voilà comment un syndicat s’est érigé en véritable puissance de l’ombre, maintenant toute la magistrature sous sa coupe.
    Mais à quelque chose malheur est bon : cette crise aura eu le mérite de mettre à nu ce système clandestin. Aujourd’hui, les Nigériens savent que leur justice a été prise en otage par un réseau qui marchandait les carrières et manipulait les affectations.”
    Face à ce jet de discrédit le comité de médiation a réagi pour formellement démentir cette affabulation.
    “Les membres du comité de médiation menée par les anciens membres du comité national chargé de la refonte du code pénal et du code de procédure pénale sur la crise du secteur de la justice composé de : 1. Mr Rabiou Nafiou conseiller du Ministre de l’intérieur, 2. Mr Djibril Abarchi/ Universitaire, 3. Mr Souley Dioffo, ancien DGPN et ancien parlementaire, 4. Mr Ibrah Hachimou ancien parlementaire, 5. Mr Aboubakar Laoual Salaou/ RODADDHD, 6. Mr Kanni Abdoulaye/ CODDHD tiennent à apporter un démenti formel sur l’intoxication qui circule sur les réseaux sociaux selon laquelle un ancien secrétaire général du SAMAN aurait dit que leur syndicat impose son quota lors des affectations des magistrats. Cela n’a jamais été dit par qui que ce soit devant les membres du comité lors de la médiation. Le comité de médiation lance un vibrant appel à la retenue à tous les nigériens épris de sagesse, de paix et de cohésion sociale à cette étape cruciale de pacification du climat social en général et en particulier dans le secteur de la justice.
    Toujours sur cette lancée, le Magistrat, Falalou Nassirou Mahaman Sofo, ancien Secrétaire Général du Syndicat Autonome des Magistrats du Niger (SAMAN) a également réagi à cette publication polémiste.
    “Mr ne cherchez pas à mettre de l’huile sur le feu en tentant de dresser à nouveau l’opinion contre les magistrats alors même que dans un sursaut patriotique ils ont accepté de mettre les intérêts du pays au devant de leurs intérêts corporatistes.
    En effet s’ils ont accepté de mettre fin à l’arrêt de travail illimité jusqu’à la réintégration de leurs deux camarades grâce à l’intervention des bonnes volontés qui les ont approchés, ce n’est pas parce qu’ils ont eu peur, mais parce qu’ils ont compris que le pays fait face à des multiples défis et n’a pas besoin de ce bras de fer inutile surtout qu’il ya ceux qui ont d’autres agendas qui peuvent exploiter la situation.
    Sinon vous êtes bien au courant que l’arrêt de travail a été suivi partout à presque 100% et aucune audience n’a eu lieu ce jour là y compris au TGI/HC et à la Cour d’appel de Niamey.
    En ce qui concerne la mafia de 10 postes dont vous parlez, c’est quelque chose qui a existé et qui est derrière nous depuis belle lurette, car le SG dont vous parlez y a lui même mis fin il y a aujourd’hui 14 ans, donc ce n’est plus à propos.
    Ne profitez pas de notre obligation de réserve pour vous en prendre constamment à nous.
    Donc de grâce sachons raison gardée et évitons de salir les magistrats qui ne demandent que des meilleures conditions de vie et de travail ainsi que des textes adaptés à nos réalités qu’ils se feront le plaisir d’appliquer.”
    Face à cette levée de boucliers, le post a été modifié , mais il manquait malheureusement les excuses aux magistrats et aux internautes
    De l’avis d’un observateur averti de la scène politique nigerienne, ” ce genre d’écrit ne participe pas à la construction, à la paix et à la tranquilité .
    Cet écrit est indigne du Niger nouveau en construction. Il ne faut jamais saper les élans de bons offices et la médiation-négociation en cours avec des acteurs de la justice .
    Il est temps que le cnsp, le gouvernement et le conseil consultatif prennent leurs responsabilités pour un rappel à l’ordre .
    Comme dirait l’autre, c’est le Niger qui gagne.

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