A l’instar de son homme malien, le premier ministre a livré un message de fermeté et d’espoir à la tribune de l’assemblée générale de l’ONU.
Le Premier ministre burkinabè, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a livré samedi à l’Assemblée générale de l’ONU un réquisitoire sans concession contre l’organisation internationale, qualifiant son bilan de calamiteux et de profondément décevant après 80 ans d’existence.
« La présente session, qui se tient 80 ans après l’adoption de la Charte des Nations Unies, constitue une occasion idéale pour marquer une halte et dresser un bilan sans complaisance », a déclaré Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, rapporte AIB.
Pour le Premier ministre, le bilan de huit décennies de l’ONU ne suscite pas la célébration mais une désillusion collective, un échec structurel et un fiasco embarrassant, marqué par des promesses non tenues et des espoirs brisés pour le continent africain.
Il a critiqué le Conseil de sécurité, qualifié de malade de la politisation, de « complice tacite » et de « fauteur de troubles » dans la gestion des crises mondiales.
Selon le Premier ministre burkinabè, certains membres permanents, en plus d’être principaux acteurs des conflits, influencent arbitrairement l’agenda international, décidant quels pays seront traités comme menaces terroristes et quelles missions de maintien de la paix seront déployées, souvent pour légitimer leur propre rôle.
Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a également dénoncé l’exclusion persistante de l’Afrique des instances de décision.
«Comment comprendre que l’Afrique, berceau de l’humanité et foyer de plus d’un milliard d’habitants, demeure largement marginalisée dans les décisions cruciales ? » a-t-il interrogé, fustigeant des missions de maintien de la paix qui « quittent nos pays en laissant davantage de frustrations et de souffrances que de résultats tangibles ».
Rimtalba Ouédraogo a appelé à une réforme profonde de l’organisation pour un multilatéralisme plus juste, plus équitable et véritablement efficace, afin que l’ONU devienne enfin un instrument crédible au service de la paix, du développement et des droits humains.
«Le devoir de vérité nous oblige à reconnaître que malgré quelques acquis, huit décennies de promesses non tenues ont profondément marqué la confiance que nos populations placent dans cette institution», a-t-il conclu, exhortant la communauté internationale à agir pour restaurer la légitimité et l’autorité morale de l’ONU.
Rimtalba Ouédraogo appelle Antonio Guterres à « entrer dans l’histoire ».
Le Premier ministre burkinabè, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a interpellé le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, «à entrer dans l’histoire» en engageant une réforme profonde de l’organisation afin de restaurer sa crédibilité et son efficacité.
«L’ONU se retrouve aujourd’hui dans la même situation que la défunte Société des Nations : incapable d’imposer sa voix, de faire respecter ses principes et ses résolutions, de régler les conflits et de se hisser au niveau des défis actuels», a déclaré Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, samedi à la tribune de l’ONU.
S’adressant directement au Secrétaire général, le Premier ministre burkinabè a insisté : «Vous avez une belle occasion d’entrer dans l’histoire, en prenant vos responsabilités pour transformer en profondeur cette organisation qui, à sa création, avait suscité tant d’espoir.»
Le chef de l’exécutif burkinabè a assuré à M. Guterres que « des millions de citoyens du monde » le soutiennent dans cette mission, malgré « les pressions diverses et les jeux de pouvoir ».
« Nous vous savons assez ingénieux pour affranchir l’Organisation des Nations unies et la placer à la hauteur de nos ambitions communes», a conclu Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, appelant à une ONU garante de la paix et de la sécurité internationales et non «un instrument de domination aux mains des plus forts du moment».
Confédération AES : «Un choix de dignité», Premier ministre Rimtalba Ouédraogo
La Confédération des États du Sahel (AES) est le fruit d’un choix de dignité opéré par le Burkina Faso, le Mali et le Niger pour faire face aux menaces communes et aux ingérences extérieures, a déclaré samedi le Premier ministre burkinabè, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, devant l’Assemblée générale de l’ONU.
«L’AES n’est pas un repli, encore moins une fermeture. Elle est une affirmation, celle de notre droit de disposer de nous-mêmes, de définir nos priorités et de bâtir une coopération régionale au service exclusif de nos peuples. C’est un choix de dignité», a affirmé Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo.
Le chef du gouvernement burkinabè a expliqué que cette initiative marque le refus de voir les pays de la région servir de terrain de manœuvre pour des agendas extérieurs.
«C’est la volonté d’être acteurs principaux de notre histoire et d’écrire nous-mêmes l’avenir de nos enfants», a martelé Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, rapporte l’agence d’information du Burkina.
Selon lui, la Confédération AES s’inscrit dans la continuité des combats menés par des figures panafricanistes telles que Thomas Sankara, Patrice Lumumba ou Kwame Nkrumah.
«Aujourd’hui, une nouvelle génération de leaders assume ce flambeau avec la ferme conviction inspirée du père de la Révolution d’août 1983 (Thomas Sankara) », a-t-il conclu.
Chapeau excellence, l’Afrique debout est fière de vous.
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