Le paludisme constitue l’une des maladies les plus mortelles en Afrique.
Les laboratoires pharmaceutiques en font de cette maladie un fond de commerce lucratif. Chaque année ce sont des nouveaux médicaments qui sont mis sur le marché et pendant ce temps, dans certains laboratoires, on fabrique des moustiques résistants à tous les traitements connus.
Face à ce fléau, l’Afrique se réveille et des chercheurs sont mis à contribution pour fabriquer un vaccin capable de protéger les populations vulnérables.
L’Ethiopie est entrée dans l’histoire en devenant le premier pays à lancer le vaccin antipaludique R21/Matrix-M, administré avec des moustiquaires imprégnées d’insecticide, pour protéger les enfants de 58 districts fortement touchés, ont annoncé les Centres africains pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC Afrique).
Dans un communiqué consulté par APA mercredi, les CDC Afrique ont indiqué qu’avec 186 000 doses prêtes à être déployées, l’approche intégrée (vaccin et moustiquaire imprégnée) offre une double protection contre l’une des maladies les plus mortelles d’Afrique.
Le vaccin antipaludique R21/Matrix-M, développé par l’Université d’Oxford en partenariat avec le Serum Institute of India et Novavax, a démontré une efficacité allant jusqu’à 77% lors d’essais cliniques publiés en 2021 et a été approuvé par l’Organisation mondiale de la Santé en 2023 pour une utilisation chez les enfants de moins de trois ans, marquant une avancée majeure dans les efforts mondiaux de prévention du paludisme.
Par ailleurs, les CDC Afrique ont annoncé un financement historique de $3,2 milliards pour accélérer la production de vaccins et de produits pharmaceutiques sur le continent. Cette initiative est largement considérée comme un tournant pour la souveraineté sanitaire de l’Afrique, visant à réduire la dépendance chronique de la région aux médicaments importés et à renforcer sa résilience économique à long terme.
L’adoption des normes de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) est au cœur de ce plan. Le respect de ces critères garantira la reconnaissance mondiale des médicaments produits en Afrique et leur distribution à l’international, positionnant ainsi les entreprises pharmaceutiques africaines comme des fournisseurs crédibles, tant sur le continent qu’à l’étranger.
Pendant des décennies, la dépendance de l’Afrique aux vaccins et aux médicaments essentiels importés a exposé ses 1,4 milliard de citoyens à la volatilité des prix et aux ruptures d’approvisionnement. La pandémie de Covid-19 a révélé ces vulnérabilités : face à l’explosion de la demande mondiale, les pays africains se sont retrouvés en queue de peloton, confrontés à des pénuries et à des coûts gonflés.
La nouvelle initiative du CDC Afrique vise à combler ces lacunes structurelles. En stimulant la production locale et en renforçant la surveillance réglementaire, l’agence espère stabiliser les prix des médicaments, garantir un approvisionnement régional fiable en médicaments et vaccins vitaux, et protéger les systèmes de santé des chocs des crises futures. Cette mesure renforcera également les programmes nationaux de vaccination et réduira le risque d’épidémies de maladies évitables.
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