Né à Gao, au Mali, Boncana Issa Maïga incarne l’une des plus grandes réussites musicales africaines. Bercé par la culture des rives du fleuve Niger, il grandit entre Gao et Niamey, avant que la musique ne devienne le véritable destin de sa vie.
Dans les années 1960, alors que le Mali développe une coopération culturelle avec Cuba, le jeune Boncana obtient une bourse et part se former à La Havane (1964-1973). Il y apprend le solfège, la flûte, la guitare et acquiert une maîtrise musicale exceptionnelle qui fera de lui plus tard l’un des plus grands arrangeurs africains.
Après sa formation, il s’installe en Côte d’Ivoire, où il fonde et dirige pendant 14 ans l’Orchestre de la Radiotélévision ivoirienne, tout en enseignant au Conservatoire national. Son talent dépasse rapidement les frontières : il collabore avec des figures majeures comme Manu Dibango et participe à de grandes tournées internationales.
Compositeur reconnu, il signe notamment la bande originale du célèbre film « Bal Poussière » (1988) du réalisateur Henri Duparc.
Passionné par les sonorités afro-cubaines, il s’associe au producteur sénégalais Ibrahim Sylla pour créer Africando, groupe mythique qui réconcilie salsa cubaine et langues africaines (mandingue, peul, sérère, wolof), contribuant à ramener la musique africaine sur les scènes internationales dans les années 1990.
Installé ensuite à Paris, Boncana Maïga devient un arrangeur incontournable pour de grands artistes africains comme Alpha Blondy, Aïcha Koné ou Ray Lema. Il popularise également les musiques africaines à travers l’émission internationale Star Parade, diffusée sur TV5 Monde et suivie par des millions de téléspectateurs.
Au-delà de la scène musicale, Boncana Maïga participe également à l’écriture et à la composition du nouvel hymne national du Niger, preuve de la reconnaissance institutionnelle de son génie artistique dans toute la sous-région.


