Invitée samedi dernier par la Radio Télévision du Niger dans le cadre de sa série d’entretiens bilans, la ministre de l’Énergie, Pr Haoua Amadou, a dressé le bilan du secteur et annoncé de très bonnes nouvelles.
L’ agence nigerienne de presse a fait un condensé de cet entretien.
La ministre de l’Énergie, Pr Haoua Amadou, a affirmé que le Niger poursuit avec détermination sa politique de renforcement de la souveraineté énergétique nationale à travers la mise en œuvre de projets structurants aux niveaux national et sous-régional, notamment dans le cadre de la Confédération des États du Sahel (AES).
La ministre a évoqué les avancées enregistrées dans les domaines de l’interconnexion énergétique régionale, du programme électronucléaire nigérien et du barrage de Kandadji, tout en appelant les investisseurs nationaux et la diaspora à contribuer au développement du secteur énergétique.
Selon Pr Haoua Amadou, la Confédération AES travaille actuellement à l’harmonisation des politiques énergétiques des États membres afin de favoriser la réalisation de projets communs et de renforcer les échanges d’énergie dans l’espace confédéral.
La ministre de l’énergie a cité plusieurs initiatives déjà en cours, notamment le projet d’interconnexion électrique WAP entre le Niger et le Burkina Faso, le projet Trans-Sahel reliant le Niger, le Mali et le Burkina Faso, ainsi que le projet Niamey-Gao destiné à faciliter davantage le transfert d’énergie entre les pays membres.
Abordant le programme électronucléaire nigérien, la ministre a indiqué que celui-ci progresse conformément aux normes internationales établies par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Elle a précisé que la première phase du programme a été validée et que les travaux préparatoires à la validation de la deuxième phase sont en cours.
Concernant le barrage de Kandadji, la ministre a rappelé que le volet énergétique prévoit la construction d’une centrale hydroélectrique de 130 MW, accompagnée de centrales solaires d’une capacité de 70 MW, portant à 200 MW la puissance installée prévue dans le cadre du programme. Elle a souligné que ce projet contribuera significativement au renforcement du mix énergétique national et à l’amélioration de l’accès à l’électricité.
Pr Haoua Amadou a enfin appelé la diaspora et les opérateurs économiques nigériens à investir davantage dans le secteur énergétique, qu’elle considère comme un levier essentiel de développement économique et de souveraineté nationale.
Le Niger vise un taux d’accès de 60 % à l’horizon 2030
La Ministre de l’Énergie, Pr Haoua Amadou, a indiqué, que le Niger poursuit d’importants investissements dans les segments de la distribution et du transport de l’électricité afin d’améliorer la qualité du service, d’étendre l’accès à l’énergie aux populations et de renforcer la résilience du système électrique national.
La ministre a également annoncé la poursuite des réformes structurelles du secteur ainsi que l’ambition du gouvernement de faire passer le taux d’accès à l’électricité de 21,9 % à 60 % à l’horizon 2030.
S’agissant de la distribution, Pr Haoua Amadou a souligné que le Niger dispose d’infrastructures importantes avec près de 9.000 kilomètres de lignes moyenne tension, environ 17.000 kilomètres de lignes basse tension et plus de 4.400 transformateurs actuellement en service.
Selon toujours la ministre ces infrastructures constituent un socle essentiel pour l’amélioration de la qualité du service électrique et l’extension de la couverture énergétique sur l’ensemble du territoire national.
La ministre a également mis en avant les efforts déployés en faveur des zones rurales à travers l’Agence Nigérienne de Promotion de l’Électrification en milieu Rural (ANPER), qui assure l’installation de mini-réseaux électriques et de kits solaires dans les localités non raccordées au réseau national.
Dans cette dynamique, a-t-elle annoncé, 116 mini-réseaux électriques seront installés en 2026 pour desservir 106 localités à travers le pays.
Évoquant les performances du réseau de distribution, Pr Haoua Amadou a relevé une amélioration progressive de la qualité du service avec une baisse du nombre de coupures enregistrées. Celles-ci sont passées d’environ 294 interruptions en 2024 à 174 en 2025, une tendance qui devrait se poursuivre en 2026.
La ministre a par ailleurs fait état d’une nette progression des branchements électriques. Environ 26.000 nouveaux abonnés ont été raccordés en 2024 contre près de 50.000 en 2025. De janvier à fin mai 2026, plus de 82.000 branchements ont déjà été réalisés.
Les bases de la transformation structurelle du secteur de l’électricité sont en cours de consolidation , a-t-elle affirmé, rappelant que plusieurs réformes majeures ont été engagées, notamment l’adoption d’un nouveau Code de l’électricité ainsi que la révision de la Politique nationale de l’énergie.
Abordant les difficultés d’approvisionnement en électricité, la ministre a reconnu que les régions d’Agadez et de Diffa demeurent les plus affectées en raison de l’insuffisance des capacités de production disponibles face à une demande en constante progression.
À Agadez, a-t-elle expliqué, les difficultés sont principalement liées à la vétusté des installations de production de la Sonichar, tandis qu’à Diffa les capacités actuelles du parc de production ne permettent pas encore de répondre pleinement aux besoins des populations.
Pr Haoua Amadou a toutefois assuré que des solutions sont en cours d’élaboration à travers plusieurs projets d’investissement et de coopération destinés à renforcer durablement l’approvisionnement énergétique de ces régions stratégiques du pays.
La consommation de gaz domestique atteint près de 90.000 tonnes en 2025 au Niger
La Ministre de l’Énergie, Pr Haoua Amadou, a affirmé, que le gouvernement poursuit ses efforts pour renforcer la souveraineté énergétique du Niger à travers la diversification des sources de production et la promotion des énergies modernes de cuisson, tout en accélérant les réformes destinées à améliorer l’accès des populations à l’énergie.
La ministre a souligné que plusieurs projets énergétiques structurants sont en cours de maturation, tandis que des actions concrètes sont mises en œuvre pour réduire la dépendance aux combustibles traditionnels et favoriser l’adoption des énergies propres par les ménages nigériens.
À cet effet, elle a indiqué que la consommation nationale de gaz domestique au Niger est passée d’environ 80.000 tonnes en 2024 à près de 90.000 tonnes en 2025.
Les actions entreprises dans le secteur ont permis l’équipement de plusieurs dizaines de milliers de ménages supplémentaires.
Elle a également cité la promotion du charbon minéral comme solution transitoire destinée à réduire la pression exercée sur les ressources forestières. Dans ce cadre, près de 8.800 tonnes de charbon minéral ont été produites et mises à la disposition des ménages au cours de l’année 2025.
Selon Pr Haoua Amadou, les énergies modernes de cuisson constituent un enjeu énergétique, environnemental, sanitaire et social majeur dans un contexte de forte croissance démographique.
À cet effet, plusieurs stratégies ont été adoptées pour réduire la consommation de bois-énergie et limiter les effets néfastes de la biomasse sur l’environnement et la santé des populations.
Parmi les actions engagées figure la promotion du Gaz de Pétrole Liquéfié (GPL), à travers des campagnes de sensibilisation et des opérations de mise à disposition d’équipements domestiques adaptés.
Pr Haoua Amadou a par ailleurs mis en avant le développement de la filière biodigesteur, présentée comme une solution innovante et durable permettant de produire du gaz à partir de déchets organiques. Cette technologie contribue non seulement à l’amélioration de l’accès à l’énergie, mais également au renforcement de la productivité agricole et à la protection de l’environnement.
Selon la Ministre, cette filière a connu une structuration importante ces dernières années et s’inscrit pleinement dans la stratégie nationale de transition énergétique et de promotion des énergies propres.
Concernant les projets d’investissement dans le secteur électrique, Pr Haoua Amadou a expliqué que leur réalisation obéit à un processus rigoureux comprenant notamment les études de faisabilité, les études d’impact environnemental ainsi que les différentes procédures administratives et techniques requises avant le démarrage des travaux.
Pr Haoua Amadou a précisé que son département ministériel assure la préparation et la transmission des dossiers aux structures compétentes chargées de leur mise en œuvre, réaffirmant la volonté des autorités de multiplier les capacités nationales de production afin de garantir l’indépendance énergétique du pays.
Selon toujours la ministre, cette stratégie vise à permettre au Niger de satisfaire une part croissante de ses besoins électriques à partir de ses propres capacités de production, tout en diversifiant son mix énergétique et en attirant davantage d’investissements dans le secteur.
Le Niger renforce ses capacités énergétiques avec 218 MW supplémentaires
La Ministre de l’Énergie, Pr Haoua Amadou, a affirmé , que le Niger renforce ses capacités énergétiques avec 218 MW supplémentaires.
Pr Haoua d’indiquer que le sous-secteur de l’énergie électrique au Niger est engagé dans une phase de transformation progressive marquée à la fois par d’importants défis et par la mise en œuvre d’actions concrètes sous l’impulsion des plus hautes autorités du pays.
La ministre a rappelé que le secteur est structuré autour de trois segments principaux ,la production, le transport et la distribution de l’électricité.
Elle a également précisé que le territoire national est subdivisé en quatre zones électriques : la zone Fleuve, la zone Centre-Est, la zone Nord et la zone Est.
S’agissant de la production, la zone Fleuve, qui regroupe les régions de Niamey, Dosso et Tillabéri, représente à elle seule près de 70 % de la demande nationale en énergie. Elle est alimentée par les centrales de la NIGELEC, les centrales thermiques de NIGELEC et de Sonichar ainsi que par les interconnexions régionales.
Malgré les capacités disponibles, un déficit subsiste, ce qui justifie la mise en œuvre de nouveaux projets, notamment les centrales de Goudel, le projet qatari et le projet RANA.
La zone Centre-Est, composée des régions de Maradi, Zinder et Tahoua, concentre environ 20 % de la demande nationale. Afin de renforcer l’offre énergétique dans cette partie du pays, plusieurs projets sont en cours, dont la centrale de 30 MW du projet RANA.
Concernant la zone Nord, couvrant la région d’Agadez, elle représente près de 5 % de la consommation nationale. Pour améliorer son approvisionnement, une centrale hybride de 25 MW est prévue en partenariat avec Sonelgaz.
Quant à la zone Est, correspondant à la région de Diffa, elle représente environ 2 % de la demande nationale. Cette zone bénéficiera notamment d’une centrale solaire de 10 MW dans le cadre du projet RANA.
La ministre a par ailleurs indiqué que, depuis les événements du 26 juillet 2023, des actions importantes ont été entreprises pour accroître les capacités nationales de production électrique.
Ces efforts ont permis d’ajouter 218 MW de capacités supplémentaires, dont 118 MW déjà installés et opérationnels, tandis que 100 MW sont actuellement en cours de finalisation.
Abordant le segment du transport de l’électricité, Pr Haoua Amadou a souligné que plusieurs projets structurants sont en cours. L’objectif est de connecter progressivement les quatre zones électriques du pays afin de renforcer l’intégration du réseau national et d’améliorer la qualité du service fourni aux populations. Elle a notamment cité la modernisation du réseau de Niamey, qui a permis d’accroître considérablement les capacités de transit de l’énergie et de réduire les pertes techniques, ainsi que les projets d’interconnexion régionale en cours de réalisation.
Vivement la fin des coupures d’électricité au Niger.
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