Poursuivant la série d’entretiens bilans à la radio télévision du Niger, le ministre du pétrole, Hamadou Tini était devant les téléspectateurs le jeudi dernier.
Il s’est appesanti sur les perspectives du secteur pétrolier nigérien.
Voyons avec l’agence nigerienne de presse, la quintessence de cet entretien.
Le Ministre du Pétrole, M. Hamadou Tini, a souligné l’importance du secteur pétrolier dans l’économie nationale et salué les résultats obtenus à l’issue des négociations entre le Niger et son partenaire chinois.
‘’Les recettes pétrolières directes versées au Trésor public se sont élevées à 224 milliards de FCFA en 2024, première année d’exploitation du pipeline d’exportation, avant d’atteindre 453,8 milliards de FCFA en 2025, soit plus du double en une année’’, a déclaré le Ministre du pétrole, selon qui, ‘’les investissements réalisés dans le secteur pétrolier depuis 2008 par les partenaires de l’association constituée de l’État du Niger, de la CNPC et de la SOPAMIN s’élèvent à 8,34 milliards de dollars américains’’.
‘’À ce jour, 4,32 milliards de dollars ont déjà été remboursés au titre du recouvrement des coûts’’ a annoncé le Ministre Tini.
Le Ministre de faire savoir également que ‘’d’autres compagnies opérant dans l’exploration pétrolière ont engagé d’importants investissements’’.
Ainsi, la société CAFRA a investi 164 millions de dollars, tandis que Savannah Energy a mobilisé 212 millions de dollars dans ses activités d’exploration. De son côté, la société Bilma, désormais détenue par la SONIDEP, a enregistré des investissements estimés à 23 milliards de FCFA, alors que les travaux menés auparavant sur ce bloc avaient déjà mobilisé près de 300 millions de dollars.
Évoquant la Société de Raffinage de Zinder (SORAZ), M. Hamadou Tini a rappelé que les investissements consentis pour sa réalisation ont atteint 895 millions de dollars, précisant que la dette contractée pour financer le projet a été pratiquement apurée, avec seulement 24 millions de dollars restant à rembourser.
Le ministre a par ailleurs indiqué que la SORAZ a généré, depuis son démarrage en 2011, un chiffre d’affaires cumulé de 629 milliards de FCFA et contribué à hauteur de 741 milliards de FCFA sous forme d’impôts et taxes.
S’agissant des exportations de pétrole brut, M. Hamadou Tini a annoncé qu’au 28 mai 2026, un total de 51 cargaisons avaient été expédiées, représentant 50,3 millions de barils. La part revenant à l’État du Niger, estimée à 25,36 %, correspond à 12,9 millions de barils commercialisés, générant des recettes de l’ordre de 950 millions de dollars.
Le ministre a également révélé que le Niger a entièrement remboursé, depuis mars 2026, l’avance de 400 millions de dollars contractée auprès du partenaire chinois.
« Nous ne devons plus rien au partenaire chinois au titre de cette avance », a-t-il affirmé, précisant que les revenus futurs issus des exportations pétrolières, déduction faite des frais de transport fixés provisoirement à 15 dollars par baril, seront directement reversés au budget national.
Concernant le pipeline d’exportation, le ministre a rappelé que les dépenses déclarées pour sa construction s’élèvent à 2,3 milliards de dollars. Toutefois, il a indiqué qu’un audit des coûts a été engagé par le Gouvernement afin de déterminer avec précision le montant réel des investissements réalisés.
Le ministre annonce de nouveaux dépôts de stockage et des audits stratégiques du secteur
Le Ministre du pétrole, M. Hamadou Tini a annoncé plusieurs mesures visant à renforcer la sécurité énergétique du Niger à travers l’augmentation des capacités nationales de stockage des produits pétroliers et gaziers.
Le ministre a indiqué que des conventions ont été signées avec des partenaires algériens pour la construction de nouvelles sphères de stockage de gaz, notamment à Agadez.
Il a également fait savoir que des discussions avancées sont en cours pour la réalisation de nouveaux dépôts pétroliers dans plusieurs régions du pays, afin de moderniser des infrastructures vieillissantes et de combler le déficit de capacités observé dans certaines localités, notamment à Zinder.
Selon M. Hamadou Tini, le Gouvernement examine également plusieurs manifestations d’intérêt émanant de partenaires privés désireux d’investir dans le développement des infrastructures de stockage. Il a précisé que l’État privilégie un modèle de partenariat dans lequel la Société Nigérienne des Produits Pétroliers (SONIDEP) conserverait une participation au capital des futurs dépôts.
Le ministre a expliqué que la stratégie nationale repose sur trois niveaux de stocks de sécurité, à savoir les stations-services, les dépôts régionaux et les capacités de stockage de la Société de Raffinage de Zinder (SORAZ).
À cet effet, il a annoncé la signature d’un partenariat avec Nafal en vue du développement de nouvelles stations-services, tout en soulignant que l’objectif est de porter progressivement le niveau des réserves stratégiques du pays à deux ou trois mois de consommation.
Abordant la question des audits engagés dans le secteur pétrolier, M. Hamadou Tini a indiqué que plusieurs missions sont actuellement en cours de préparation. Celles-ci concernent notamment l’audit des coûts du pipeline d’exportation, l’audit des contrats pétroliers ainsi que l’audit du « blend » destiné à optimiser la qualité et la valorisation du pétrole nigérien sur les marchés internationaux.
Le ministre a précisé que les procédures de sélection des cabinets spécialisés sont en cours et que les résultats de ces audits contribueront à l’élaboration d’un nouveau Code des hydrocarbures attendu en 2027.
Les conclusions de ces différentes missions seront rendues publiques conformément à l’engagement du ministère en faveur de la transparence et de la redevabilité’’ a-t-il promis, rappelant que “l’axe 7 de la feuille de route du ministère du Pétrole est consacré à la transparence et à la redevabilité ».
Le Ministre du pétrole a enfin assuré que “les résultats de ces différents audits feront l’objet d’une communication officielle dès leur disponibilité”.
Le ministre annonce des réformes pour renforcer la gouvernance et la maîtrise des coûts du secteur
Le Ministre du Pétrole, M. Hamadou Tini, a annoncé, au cours d’un entretien accordé à la RTN ce jeudi 11 juin 2026, que son département travaille à la mise en place de mécanismes permettant de mobiliser l’expertise de cadres nigériens expérimentés afin de renforcer les capacités du secteur pétrolier national.
Le ministre a précisé que ces compétences interviendront principalement sous forme de missions de conseil et d’assistance technique, sans perturber le fonctionnement de l’administration publique. Il a indiqué qu’une centaine de candidatures ont déjà été enregistrées et qu’une réflexion est menée avec le ministère des Finances, sous la supervision du Premier ministre, pour définir les modalités de leur intégration.
Abordant les moyens du département, M. Hamadou Tini a révélé que le budget du ministère du Pétrole pour l’exercice 2026 s’élève à 1,4 milliard de FCFA, dont environ 500 à 550 millions de FCFA sont consacrés aux dépenses salariales. Le reliquat, estimé à près de 900 millions de FCFA, est destiné aux dépenses de fonctionnement et d’investissement.
Le ministre a également salué la volonté politique des plus hautes autorités en faveur du développement du secteur pétrolier, affirmant que les ressources nécessaires seront progressivement mobilisées pour doter le ministère des outils techniques, juridiques et financiers lui permettant de mieux maîtriser l’ensemble de la chaîne pétrolière.
Évoquant les défis du secteur, M. Hamadou Tini a cité les questions sécuritaires liées à la protection du pipeline Niger-Bénin, long d’environ 1.980 kilomètres, ainsi que les défis financiers et de gouvernance. Il a assuré que l’État a mobilisé d’importants moyens humains, techniques et technologiques afin de garantir la sécurité des infrastructures pétrolières et la continuité de la production.
Le ministre a, par ailleurs, annoncé un renforcement de la transparence dans la gestion du secteur à travers la modernisation des outils de communication du ministère, l’amélioration de l’accès du public à l’information et l’organisation régulière de points de presse.
Enfin, M. Hamadou Tini a insisté sur la nécessité d’optimiser les coûts pétroliers afin d’accroître les revenus de l’État. À cet effet, il a indiqué que des mécanismes de contrôle des dépenses des opérateurs seront mis en place, en s’appuyant sur des références internationales et des outils de suivi permettant une meilleure maîtrise des investissements déclarés par les compagnies pétrolières.
‘’Le projet de raffinerie et de complexe pétrochimique de Dosso demeure une priorité’’
Le Ministre du pétrole, M. Hamadou Tini, a indiqué, dans un entretien à la télévision nationale, le jeudi 11 juin 2026, que le Gouvernement du Niger a opté pour la réalisation d’une raffinerie classique à Dosso en remplacement de la raffinerie modulaire initialement proposée par un partenaire.
Cette décision fait suite aux conclusions du Comité pétrole qui a estimé que cette option répond davantage aux ambitions du pays en matière de transformation et de valorisation des hydrocarbures.
Le ministre a expliqué que les termes de référence du projet ont été révisés, entraînant la reprise de l’étude de faisabilité, précisant que cette étude a déjà été examinée par les services techniques du ministère du Pétrole, lesquels ont formulé des observations transmises au partenaire pour prise en compte.
M. Hamadou Tini a également annoncé que le ministère mène parallèlement sa propre étude de faisabilité afin de disposer d’un outil d’évaluation indépendant.
Il a souligné que la poursuite du projet dépendra de la conformité des études aux exigences techniques ainsi que de la présentation de garanties financières suffisantes par les investisseurs.
Le ministre a rassuré que le projet de raffinerie et de complexe pétrochimique de Dosso demeure une priorité des autorités nigériennes et fait l’objet d’un suivi régulier au sein du ministère. Il a ajouté que plusieurs opérateurs ont déjà manifesté leur intérêt pour participer à sa réalisation.
Évoquant les partenariats dans le secteur pétrolier, M. Hamadou Tini a cité notamment la CNPC, Sonatrach à travers sa filiale SIPEX et Savannah Energy, tout en indiquant que de nombreuses autres entreprises ont exprimé leur volonté d’investir au Niger. Il a annoncé la mise en place de mécanismes de contrôle et de garanties financières afin de s’assurer du sérieux des investisseurs et d’accélérer la mise en œuvre des projets.
Abordant enfin la coopération avec l’Algérie, le ministre a salué le renforcement des relations entre les deux pays, notamment dans le domaine de la formation. Il a fait savoir que plusieurs cadres nigériens bénéficient déjà de formations théoriques et pratiques en Algérie, dans le cadre du développement des compétences nationales dans le secteur pétrolier.
Le Niger dispose de 35 blocs ouverts aux investisseurs pour 853 millions de barils de réserves prouvées exploitées
Le Ministre du Pétrole, M. Hamadou Tini, a indiqué, que le Niger dispose actuellement de 44 blocs pétroliers, dont 35 sont ouverts aux investisseurs, tandis que 4 autres sont en cours de retour dans le domaine public.
Il a précisé que plus de 430 puits ainsi qu’un important volume de données sismiques sont disponibles pour les opérateurs désireux d’investir dans le secteur pétrolier nigérien.
Le ministre a également rappelé que la CNPC exploite actuellement 33 gisements sur les 112 découverts dans le cadre du contrat de partage de production qui court jusqu’en 2043. L’objectif, a-t-il expliqué, est de maintenir une production stable de 110.000 barils par jour afin de garantir à la fois les exportations et l’approvisionnement du marché intérieur.
Concernant les perspectives d’exploration, M. Hamadou Tini a souligné qu’il est encore prématuré d’avancer des chiffres sur les réserves des nouveaux projets en cours, notamment dans le bloc de Kafra. Toutefois, il a indiqué que les réserves prouvées actuellement exploitées s’élèvent à environ 853 millions de barils, tandis que les ressources potentielles sont estimées à 2,7 milliards de barils dans le bassin de Kafra et entre 6,8 et 6,9 milliards de barils dans le bassin occidental.
Évoquant les défis du secteur, le ministre a estimé que la formation et le renforcement du capital humain constituent la principale priorité pour assurer le développement durable de l’industrie pétrolière nationale et la valorisation optimale des ressources du pays.
Des réformes pour accroitre et préserver les intérêts du Niger dans le secteur
Le Ministre du Pétrole, M. Hamadou Tini, a annoncé, que son département travaille à la révision du Code des hydrocarbures ainsi qu’à l’élaboration d’un nouveau modèle de contrat de partage de production afin de mieux défendre les intérêts du Niger dans le secteur pétrolier.
Selon le ministre, ces réformes visent notamment à renforcer la capacité de négociation de l’État et à optimiser les retombées économiques des activités pétrolières.
Il a souligné que la formation des ressources humaines nationales constitue un levier essentiel pour permettre aux cadres nigériens de défendre efficacement les intérêts du pays face aux partenaires internationaux.
M. Hamadou Tini a également indiqué que le gouvernement entend revoir certaines dispositions contractuelles relatives à la récupération des coûts par les opérateurs pétroliers, dans le but d’accroître les recettes revenant à l’État. Il a précisé que la réorganisation du ministère et le renforcement de la spécialisation des services contribueront à une meilleure maîtrise des dossiers techniques et financiers du secteur.
Évoquant le recours aux cabinets d’expertise, le ministre a fait savoir que son département a instauré l’obligation d’associer des cabinets nigériens à toutes les études et prestations réalisées dans le cadre des marchés du secteur. Cette mesure vise, selon le ministre Tini, à favoriser le transfert de compétences et à renforcer l’expertise nationale.
Par ailleurs, M. Hamadou Tini a indiqué que les positions défendues par les représentants du Niger lors des négociations internationales sont désormais définies au préalable par les autorités compétentes, afin de garantir la préservation des intérêts nationaux et d’assurer une meilleure cohérence dans les discussions avec les partenaires étrangers.
Abordant la question de l’approvisionnement en produits pétroliers, le ministre a précisé que la capacité opérationnelle de stockage de la SONIDEP est estimée à environ 44.000 m³, soit près de dix jours de couverture des besoins nationaux.
Il a ajouté que la consommation moyenne quotidienne s’établit à environ 2,5 millions de litres d’essence et entre 1,4 et 2 millions de litres de gasoil.
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