Après plusieurs années de lutte acharnée et de revendications, le secteur de la contractualisation commence à entrevoir des portes de sortie.
En effet, par un arrêté signé hier par la ministre de la fonction publique, 11015 enseignants contractuels seront recrutés directement sans concours à la fonction publique nigerienne.
C’est un ouf de soulagement dans ce secteur où les 4/5 des enseignants sont des contractuels.
Selon le communiqué officiel rendu public hier, le Ministère de la Fonction Publique, du Travail et de l’Emploi porte à la connaissance de l’opinion publique la signature d’un arrêté portant ouverture d’un recrutement sans concours de onze mille quinze (11 015) enseignants contractuels, au titre de l’année 2026, en vue de leur intégration à la Fonction Publique.
Cette décision s’inscrit dans le cadre des négociations interministériels avec les partenaires sociaux du secteur de l’Éducation et de la Formation, et fait suite aux conclusions du Comité interministériel, présidé par le Ministre de l’Enseignement Supérieur, poursuit le communiqué.
À cet effet, deux sous-comités, institués respectivement par les arrêtés n°0066/PM et n°0067/PM du 12 septembre 2025, ont été chargés de réfléchir à l’apurement des arriérés liés aux salaires et avancements des enseignants, notamment via l’attribution de parcelles viabilisées, proposer des options réalistes et opérationnelles de recrutement des enseignants contractuels à la Fonction Publique.
Ces sous-comités ont produit des rapports détaillés, dressant un état des lieux exhaustif et formulant des propositions concrètes et réalisables, ayant servi de fondement à la présente décision.
Cette mesure est prise sous la très haute autorité de Son Excellence, le Général d’Armée ABDOURAHAMANE TIANI, Président de la République, Chef de l’État, et sous la coordination de Son Excellence Monsieur Ali Mahamane Lamine Zeine, Premier Ministre, Ministre de l’Économie et des Finances.
La mise en œuvre du recrutement est assurée par Madame la Ministre de la Fonction Publique, du Travail et de l’Emploi, Mme Aissatou Abdoulaye Tondi, conformément aux textes régissant la gestion des ressources humaines de l’État.
Les enseignants recrutés seront mis à la disposition des départements ministériels de l’Éducation Nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues ; de l’Enseignement et de la Formation Techniques et Professionnels ; de la Jeunesse et des Sports ; de la Refondation, de la Culture et de la Promotion des Valeurs Sociales.
Par cette décision d’envergure, le Gouvernement réaffirme sa volonté constante de renforcer le système éducatif national, de garantir l’équité et la qualité de l’enseignement, et de mettre en œuvre des actions concrètes en faveur des enseignants et des élèves, afin de contribuer à l’édification d’un Niger prospère et tourné vers l’avenir, conclut le communiqué.
Ce recrutement de masse à la fonction publique est certes une avancée significative à saluer mais il ne doit pas cacher le nœud du problème.
Au Niger, les enseignants contractuels représentent une majorité écrasante du corps enseignant, notamment dans le primaire, avec un taux de plus de 80 % en 2017, une situation qui persiste en raison de l’insuffisance des instituteurs fonctionnaires et des politiques de réduction des dépenses, et un manque de volonté politique clairement affichée pour soutenir le secteur de l’éducation.
Depuis le programme d’ajustement structurel imposé par le FMI à plusieurs pays africains, le Niger s’est engouffré dans cette politique au rabais de l’éducation en privilégiant les contractuels mal payés, mal formés et démotivés.
Il faut reconnaître que des efforts soient faits pour intégrer certains contractuels dans la fonction publique, comme le montre certains processus d’intégration à l’époque du président Tandja et au moment de la renaissance, mais ces processus étaient timides.
Selon un analyste du secteur, en 2017, 81,3 % des enseignants du primaire étaient des contractuels (59 870 sur 76 184), une proportion qui reste significative.
L’état souligne-t-il fait recours aux contractuels pour pallier le manque d’instituteurs et réduire les coûts salariaux, conformément aux directives d’institutions financières internationales.
Le recrutement annuel inclut des titulaires et des contractuels, mais les contractuels restent très nombreux.
La précarité des contractuels affecte la qualité de l’enseignement, ce qui pousse à des réformes pour améliorer les conditions et les perspectives de carrière.
Face à un système éducatif fragile et une forte croissance démographique, la contractualisation est une réponse, mais elle crée des inégalités, surtout entre le primaire et le secondaire.
Il est temps d’y mettre fin définitivement.
Tam tam tam info news


