Une réunion informelle entre les ministres des Affaires étrangères de la Confédération des États du Sahel (AES) et des responsables de la Cédéao, tenue vendredi à Lomé, a posé les bases d’un futur cadre formel de coopération, en amont d’une réunion stratégique de haut niveau organisée samedi par le Togo sur son engagement au Sahel.
Une concertation jugée prometteuse s’est tenue le 17 avril à Lomé entre les ministres des Affaires étrangères de la Confédération des États du Sahel (AES) et des responsables de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), avec pour objectif d’explorer des perspectives de coopération au service des populations ouest-africaines, en prélude à la réunion de haut niveau tenue samedi et consacrée à la stratégie Togo–Sahel pour la période 2026–2028, rapporte l’agence africaine de presse.
Organisée en marge de cette séquence diplomatique placée sous le patronage du président du Conseil Faure Essozimna Gnassingbé, la réunion informelle a réuni le chef de la diplomatie togolaise, Robert Dussey, ainsi que ses homologues de l’AES : Abdoulaye Diop (Mali), Bakary Yaou Sangaré (Niger) et Karamoko Jean Marie Traoré (Burkina Faso). Y ont également pris part le président de la Commission de la Cédéao, Omar Alieu Touray, et le négociateur en chef récemment désigné par l’organisation régionale, l’ancien Premier ministre guinéen, Lansana Kouyaté.
La réunion de haut niveau du samedi a ensuite défini une nouvelle stratégie articulée autour de cinq piliers, notamment le, la promotion de l’intégration économique à travers des corridors logistiques, la coopération sécuritaire et la diplomatie multilatérale. C’est dans cette dynamique que la concertation informelle a rapidement évolué en séance d’échanges approfondis, traduisant une volonté d’anticiper l’opérationnalisation de ces orientations.
Les ministres de l’AES ont notamment auditionné le négociateur en chef de la Cédéao afin d’évaluer la convergence des vues sur les objectifs et les contours de sa mission auprès de la Confédération, dans une logique de maintien des canaux de dialogue appelée à être consolidée à l’issue des travaux stratégiques.
Selon des sources diplomatiques, les discussions ont permis de dégager une volonté commune de préserver les acquis de l’intégration régionale et d’œuvrer au bien-être des populations de l’Afrique de l’Ouest, en cohérence avec l’approche défendue par Lomé visant à se positionner comme un pont entre les États du Sahel, notamment ceux de l’AES, et les autres partenaires régionaux et internationaux.
Les parties ont convenu de la nécessité de mettre en place, dans les meilleurs délais, un cadre formel de concertation qui servirait de base juridique à une coopération structurée entre la Cédéao et l’AES. Les ministres sahéliens ont, à cet effet, exprimé leur soutien au négociateur en chef et leur disponibilité à accompagner le processus conformément aux orientations de leurs chefs d’État.
« L’AES reste dans un esprit d’ouverture (…) car le plus important est de préserver l’essentiel pour le bonheur des populations de l’Afrique de l’Ouest », a déclaré le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Jean Marie Traoré, dont le pays assure la présidence en exercice de la Confédération.
De son côté, le Togo a réaffirmé sa volonté de jouer un rôle de facilitateur, une position confortée lors de la réunion de haut niveau de samedi, où les participants ont insisté sur la nécessité de maintenir des cadres de concertation ouverts et inclusifs, avec l’appui des partenaires internationaux ayant exprimé leur disponibilité à accompagner la mise en œuvre de cette stratégie.


