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Entretien bilan du ministre d’État a l’Intérieur: le Général Toumba dévoile une stratégie sécuritaire, résiliente et souveraine : 9 000 recrutements, 69 commissariats et vigilance accrue…

Entretien bilan du ministre d’État a l’Intérieur: le Général Toumba dévoile une stratégie sécuritaire, résiliente et souveraine : 9 000 recrutements, 69 commissariats et vigilance accrue…

Dans le cadre de la série d’entretiens bilans des membres du gouvernement, le ministre d’État chargé de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du territoire, le général de division Mohamed Toumba, s’est exprimé mardi devant la presse nationale. Il a passé en revue son cahier des charges et esquissé des perspectives d’avenir. Voici un aperçu des points clés, suivi d’un condensé des déclarations rapportées par l’Agence nigérienne de presse (ANP).

Le général Toumba a annoncé que « les bases d’une stratégie sécuritaire plus cohérente, plus autonome et plus résiliente sont désormais posées ». Les autorités privilégient « une approche fondée sur la souveraineté, l’adaptation stratégique et la responsabilisation nationale ».

Il a rappelé l’héritage lourd du passé : « Le CNSP a pris ses responsabilités dans un environnement marqué par une forte pression terroriste, des fragilités structurelles et une dépendance sécuritaire extérieure ». Priorité a été donnée à la restauration de la souveraineté décisionnelle. En clair, le Niger d’avant était sous tutelle ; ce n’est plus le cas.

Interrogé sur l’attaque de la nuit du 28 au 29 janvier 2026 contre l’aéroport Diori Hamani, le ministre l’a condamnée « avec la plus grande fermeté », tout en rassurant : « La situation sécuritaire au niveau de la ville est sous contrôle. Cette attaque n’affecte en rien les activités quotidiennes et ne remet pas en cause le dispositif global de sécurité ».

Il a dénoncé la « guerre psychologique » des groupes terroristes, qui « cherchent avant tout à semer la peur et à créer un sentiment d’insécurité disproportionné par rapport à leur capacité réelle ». Le Niger n’est « pas le premier pays à subir une attaque terroriste dans sa capitale ».

Un avertissement ferme a été lancé contre toute ingérence : « Si des responsabilités extérieures venaient à être formellement établies, le Niger en tirerait toutes les conséquences diplomatiques et stratégiques. Aucun acteur, qu’il soit étatique ou non étatique, ne sera autorisé à porter atteinte à notre souveraineté ».

Relations avec le Bénin : au-delà de Talon, l’ombre de Macron

Le général Toumba s’est exprimé sur l’évolution des relations nigéro-béninoises, quelques jours après l’élection de Wadagni. « Talon est parti, mais ce n’est pas lui le véritable problème. Le véritable problème, c’est toujours Macron », a-t-il déclaré, accusant Paris d’avoir instrumentalisé Cotonou pour agresser le Niger via son territoire, distant de 150 km à vol d’oiseau.

« Aujourd’hui, il y a eu un changement de régime au Bénin. Nous attendons des gages de bonne volonté », notamment une clarification sur les intérêts français. Le Bénin doit « dire clairement qu’il n’a rien à voir avec les intérêts de la France et qu’il ne facilite pas la présence de forces étrangères pour agresser ses voisins ».

Une stratégie structurée vise à accroître les effectifs, moderniser les moyens et améliorer le renseignement. Près de 9 000 agents ont été recrutés en 2025 (5 000 policiers, 4 000 gardiens nationaux). Des centres de formation ont été réhabilités, des motos introduites pour la mobilité, et 69 commissariats créés, dont à Niamey, avec l’appui des collectivités locales.

Des unités polyvalentes de la Garde nationale ont été déployées pour des patrouilles mixtes. Le secteur des sociétés privées de sécurité a été assaini (52 structures encadrées contre des milliers auparavant).

Depuis deux décennies, l’insécurité évolue : trafics transsahariens, puis crises libyenne (2011) et malienne. Foyers principaux : Boko Haram et État islamique à l’Est (Diffa, lac Tchad) ; Al-Qaïda et État islamique au Grand Sahara à l’Ouest (Tillabéri, Tahoua, Dosso). Ces groupes exploitent porosité frontalière, tensions locales et précarité.
Malgré les progrès post-26 juillet 2023 (efforts conjoints gouvernement-FDS-populations), la vigilance reste de mise, face à la recrudescence du trafic de drogue. Coopération régionale.

D’ailleurs, la nouvelle posture met les citoyens au centre, via la mobilisation générale et les « défenseurs de la patrie ». Plus de proximité, écoute et respect des FDS envers les populations. Dialogue renforcé avec chefs traditionnels, religieux et acteurs locaux pour un meilleur renseignement.
Mécanismes discrets pour signalements anonymes (vérifiés avant exploitation). Sensibilisation contre les risques de représailles. Relance du service militaire envisagée pour l’esprit de défense. Valeurs culturelles et spirituelles pour prévenir la complicité terroriste. Résultats encourageants grâce à la confiance bâtie dans la durée.

Le général a signifier que bientôt il y aura la création de nouvelles régions pour densifier le maillage administratif et sécuritaire, rapprocher l’État des populations et accélérer les interventions, surtout en zones reculées. Cela favorisera confiance, information et développement local.
Les « escadrons polyvalents » de la Garde nationale, déployés notamment à Dogon Kiriya (couloir d’insécurité transnationale), assurent opérations, enquêtes et collectes de preuves (via officiers de police judiciaire). Autonomes, ils évitent les relâchements pour vice de procédure et complètent les forces spéciales. Recrutements massifs et qualitatifs (techno, renseignement) pour une force moderne.

Enfin, le général Toumba appelle à une mobilisation collective pour un dispositif sécuritaire durable, autonome et inclusif, face aux défis persistants.

Par Tam tam info news