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Obsèques nationales de Sadio Camara : le Niger salue la mémoire d’un grand bâtisseur de l’AES.

Obsèques nationales de Sadio Camara : le Niger salue la mémoire d’un grand bâtisseur de l’AES.

Le Mali a rendu, ce jeudi, les honneurs de la Nation au général Sadio Camara, ministre d’État, ministre de la Défense et des Anciens combattants, mort le 25 avril 2026 des suites de blessures subies lors d’attaques simultanées d’une ampleur exceptionnelle.

Un décret présidentiel acte l’organisation d’obsèques nationales en hommage au défunt Sadio Camara. Les cérémonies officielles se tiennent ce jeudi 30 avril 2026 à la place d’armes du 34e bataillon du génie militaire à Bamako. Le texte, signé par le président de la transition, le général Assimi Goïta, confie l’exécution de ces dispositions au grand chancelier des ordres nationaux du Mali, rapporte l’agence africaine de presse.

Une disparition au cœur d’une offensive coordonnée

La mort du ministre de la Défense intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement critique. Selon les autorités, des attaques simultanées ont visé plusieurs points stratégiques du pays, notamment Bamako, Kati, Gao, Kidal et Sévaré. L’offensive, revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) et le Front pour la libération de l’Azawad (FLA), a ciblé des infrastructures militaires, la résidence présidentielle et des sites sensibles.

À Kati, la résidence du ministre aurait été frappée par un véhicule piégé. Malgré une riposte directe contre les assaillants, le général Sadio Camara a été grièvement blessé avant de succomber à l’hôpital, selon le communiqué des autorités.

Un parcours militaire et politique central dans la transition

Né en 1979 à Kati, Sadio Camara était issu de l’École militaire interarmes de Koulikoro, dont il sort major de promotion. Officier de terrain dans le nord du Mali, il s’est progressivement imposé dans les cercles de commandement militaire avant de rejoindre la scène politique nationale à la suite du coup d’État du 18 août 2020.

Nommé ministre de la Défense en octobre 2020, il est rapidement devenu une figure clé de la transition militaire. Écarté temporairement lors des événements de mai 2021, il a ensuite consolidé sa position au sein du dispositif sécuritaire dirigé par les autorités de transition.

L’architecte du recentrage sécuritaire du Mali

Au fil des années, Sadio Camara s’est imposé comme l’un des principaux artisans de la nouvelle orientation stratégique du Mali. Sous son impulsion, le pays a engagé un repositionnement majeur, marqué par la rupture avec certains partenaires occidentaux et le renforcement de la coopération militaire avec la Russie.

La mort du ministre de la Défense apparaît comme un tournant majeur pour la transition malienne, tant sur le plan sécuritaire que politique, laissant ouverte la question de la continuité de la stratégie militaire qu’il incarnait.

La Russie maintient son engagement sécuritaire

La Russie a réitéré sa détermination à poursuivre sa lutte contre le terrorisme et l’extrémisme au Mali, dans un contexte marqué par une recrudescence des attaques armées et des tensions politiques autour de la présence étrangère dans le pays.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a affirmé jeudi, que Moscou « continuera, y compris au Mali, à combattre l’extrémisme, le terrorisme et d’autres manifestations négatives », rappelant que ce déploiement répond à une demande des autorités de transition. Une déclaration faite en réaction aux appels du Front de libération de l’Azawad (FLA), mouvement indépendantiste du nord du Mali, qui a récemment exhorté la Russie à revoir son partenariat avec la junte, dans un contexte d’attaques coordonnées revendiquées aux côtés du JNIM contre plusieurs localités, dont Kidal.

Sur les réseaux sociaux, le porte-parole du FLA, Mohamed Elmaouloud Ramadane, a indiqué que le mouvement « prend acte » de la position russe, estimant que l’essentiel réside dans la réception du message par Moscou. Il a toutefois insisté sur le fait que le FLA ne nourrit « aucun différend avec la Russie », tout en appelant Moscou à reconsidérer sa coopération avec les autorités de transition, jugée défavorable aux populations locales.

Sur le terrain sécuritaire, l’état-major malien assure avoir repris le contrôle de la situation après les attaques récentes, évoquant une vaste opération de ratissage et la neutralisation de plusieurs centaines de combattants.

Dans ce climat tendu, les autorités maliennes ont rendu hommage ce jeudi au général Sadio Camara, ministre de la Défense, élevé à titre posthume au rang de général d’Armée par le président de la transition, le général Assimi Goïta. Il a été tué le 25 avril dans une attaque à la voiture piégée revendiquée par le JNIM, qui avait visé son domicile à Kati, près de Bamako.

Lors de sa première sortie officielle depuis ces événements, le président Assimi Goïta a reçu mardi une délégation russe conduite par l’ambassadeur accompagné de plusieurs responsables militaires, confirmant la poursuite du dialogue stratégique entre Bamako et Moscou malgré les tensions sécuritaires persistantes.

A Niamey au Niger, les Forces Vives du Niger condamnent ces attaques et appellent à intensifier et réactiver les brigades de veille citoyenne dans l’espace AES

Les Forces Vives du Niger ont, au cours d’une déclaration rendue publique ce jeudi 30 avril 2026, condamné les attaques terroristes du 25 avril dernier au Mali ayant coûté la vie au Ministre malien de la défense, le Général de Corps d’Armée Sadio Camara, et appelé à intensifier et à réactiver les brigades de veille citoyenne dans tous les pays de l’Alliance des Etats du Sahel.

Composées des organisations de la société civile, des étudiants et scolaires, des leaders religieux, des représentants des jeunes et des femmes, des épouses des Forces de Défense et de Sécurité, les forces vives nigériennes expriment à travers cette déclaration, leur “profonde émotion, indignation et condamnation la plus ferme suite aux attaques terroristes barbares, coordonnées et láches perpétrées contre la République sœur du Mali’’.

En ces moments de douleur, déclare le Secrétaire Général de l’USN, Effred Mouloul Alhassan, “nous adressons au peuple malien, à ses autorités ainsi qu’à ses Forces de Défense et de Sécurité, notre solidarité totale, sincère et agissante, et nous nous inclinons avec respect devant la mémoire de toutes les victimes de ces attaques et exprimons notre compassion aux familles durement éprouvées’’.

‘’Ces attaques d’une extrême gravité ne sont pas des actes isolés, elles s’inscrivent dans une stratégie globale de déstabilisation visant à freiner, voire à briser, la dynamique de souveraineté engagée par les États de l’Alliance des États du Sahel (AES)’’ explique le représentant des scolaires nigériens, selon qui, “des éléments concordants évoquent la présence de combattants étrangers notamment français et Ukrainiens dans ces opérations, ces révélations ne peuvent être ignorées car elles appellent à une condamnation ferme et résolue”.

Ces évènements, fait t-il constater, ‘’rappellent avec force que la lutte contre le terrorisme ne saurait être uniquement l’affaire des États et des gouvernants, elle est aussi une responsabilité citoyenne, et à ce titre, nous appelons les citoyens de l’AES à l’intensification et à la réactivation des brigades de veille citoyenne, notamment dans les villages, les zones frontalières et les axes empruntés par les groupes terroristes, à une organisation rigoureuse des communautés pour assurer une remontée rapide et fiable de l’information et au renforcement de la collaboration étroite entre les populations et les Forces de Défense et de Sécurité (FDS), dans un esprit de discipline, de confiance et de responsabilité”.

A cet effet, les forces vives nigériennes réaffirment avec force leur soutien indéfectible aux processus de refondation en cours au Mali, au Niger et au Burkina Faso, ainsi qu’aux autorités qui les conduisent avec détermination dans un contexte particulièrement exigeant et les forces vives nigériennes expriment leur solidarité pleine et entière au Président de la Transition du Mali, le Général d’Armée Assimi Goïta, au Président du Burkina Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, ainsi qu’au Président de la République du Niger, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani.

Aussi, “nous saluons leur engagement pour la souveraineté, la stabilité et la dignité des peuples de l’Alliance des États du Sahel, et réaffirmons notre engagement ferme et constant à accompagner, soutenir et défendre ce processus historique jusqu’à son aboutissement’’ poursuit le SG de l’USN.

Toujours dans cette déclaration, les forces vives attirent “l’attention sur la montée de la désinformation et des campagnes de déstabilisation dans l’espace médiatique et numérique. Nous dénonçons avec fermeté les prises de position et contenus qui encouragent, justifient ou accompagnent les agressions contre nos États et nos gouvernements” rapporte-t-il tout en exhortant les autorités à renforcer le contrôle de l’espace informationnel et numérique, identifier, interpeller et traduire en justice les auteurs de contenus de soutien aux agressions contre nos États et nos gouvernements, car la liberté d’expression ne peut servir de couverture à la déstabilisation de notre société dans ses valeurs intrinsèques”.

Dans cette même lutte de souveraineté, souligne-t-il, ‘’la question des intérêts français doit être posée sans détour et avec plus d’acuité, et nous affirmons clairement que la présence des entreprises et sociétés françaises dans l’espace de l’Alliance des États du Sahel est incompatible avec l’exigence de souveraineté pleine et entière des peuples de cet espace”.

Par conséquent, “dans le cadre d’une riposte économique assumée face aux dynamiques de déstabilisation, nous demandons le départ de l’ensemble des entreprises et sociétés françaises opérant dans l’espace de l’AES’’ exige M. Effred Mouloul, au nom des forces vives, car ‘’les peuples du Sahel ont compris que tant que nos économies et notre système monétaire resteront sous influence impérialiste, notre sécurité restera encore fragile’’.

C’est pourquoi, ‘’nous affirmons avec force que le franc CFA, en tant qu’héritage d’un système monétaire colonial, constitue aujourd’hui un instrument de dépendance et de domination impérialiste et sa remise en cause totale est une nécessité historique dans ce contexte de refondation de nos Etats de l’AES” fait t-il savoir.

Enfin, les forces vives appellent les Etats à l’accélération immédiate de la mise en place d’une monnaie commune de l’AES, “levier stratégique de souveraineté, de protection économique et de sécurisation de nos États’’.
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